VI APPROBATION
et de style, vous mettez en lumière la physionomie de saint Paul et que vous faites revivre ce cœur tendre et fort f dont saint Chrysostome a dit qu'il était le coeur même du Christ.
Voua nous montrez le docteur des Gejitils sortant de Jérusalem pour aller à la conquête des nations païennes j qui étaient la part spéciale de son apostolat. Voué le suivez à Chypre, à Iconium, à Lystres, d Corinthe, à Éphcse , et vous composez un vivant tableau de ses missions en Orient, d'après V esquisse qu'il en a tracée lui-même : « Nous portons, dit-il, le divin trésor dans un vase d'argile, afin qu'il paraisse qu£ notre puissance vient de Dieu et non pas de nous^ >. Nous mettons notre ministère hors de blâme et de critique-, mais nous le remplissons « dans les tribulations, les nécessités, les détresses, sous les coups, dans les prisons, au travers des séditions, dans les travaux, les veilles, les jeûnes.... parmi l'honneur et P ignominie, la mauvaise et la bonne réputation ; nous passons pour séducteurs, bien que sincères ; pour inconnus, quoique bien connus ; pour mourant!^, et voici que nous vivons; pour châtiés, mais non jusque à en mourir ; pour tristes , bien que toujours joyeux; pour pauvres et enrichissant plusieurs; pour rC ayant rien et possédant tout"^ t>. Et il en sera ainsi jusqu'au
■ Il Cor., IV, 7.
' Id., VI, 3, 5.
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jour où, Dieu nous tirant du corps, notre maison de terre, « ce qui est mortel en nous sera absorbé par la we' ».
Avec une érudition à la fois très étendue et très discrète, avec une sage critique, vous racontez seize années de cette existence pleine de prodiges et de si rude» labeurs. Mais le plus vif intérêt de votre récit, la trame invisible qui en fait l'unité et f harmonie, c'est que le coeur de V apôtre s'y révèle, à chaque pa^e, et qu'il éclate, tout rayonnant dt amour, de ces admirables lettres que Paul a trempées de ses larmes, et dont les cris pénétrants nous émeuvent après tant de siècles.
Qui donc plus que lui a aimé les âmes ? Est-ce assez dire qu'il ressentait pour elles un amour de mère? Il en a les délicatesses, les vives sollicitudes , les angoisses déchirantes ; il en parle le langage tendre et passionné: il éprouve toutes les indignations, tous le* soulèvements du cœur des mères, à la vue des séducteurs qui menacent l'âme de leurs fis. Il chérit sans mesure ses engendrés à la vie divine, rêvant de tout donner, de se donner par surcroît, et d^être anathcme pour leur salut.
Et Nutre-Seigneur, a-t-il jamais été aimé autant que par lui? Il défie la terre, l'enfer, le ciel même de le séparer de Jésus- Christ. Sur toutes les voies de son apostolat il crie : « Cest la charité de Jésus-Christ
i II Cor., V, 1,4.