‹ Saint PaulChapitre 3 sur 47 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Cor Christi cor Panli erat.

S. Jean Chrysostomb

Hom. XXXII, in Ep. ad Rom., 8.

Nous avons recueilli daûs notre précédent volume ce que l'on connaît des premières années du christianisme (de l'an 30 à 45). L'Église s'y est montrée à nous naissant , se développant sous la main des apôtres, de Pierre surtout, leur chef et leur guide. Mais le bref récit des Actes , et les traditions , rares ou incertaines sur ces origines , ne nous ont fourni qu'une peinture indécise en bien des points. L'âge suivant (de 45 à 62) se présente dans un jour autrement vif. La narration de saint Luc, à partir du XIII* chapitre des Actes, cesse d'être le mémorial de Pierre pour devenir celui de Paul ; le premier s'eflface du récit inspiré pour laisser la haute main à son frère d'apostolat dans la lutte contre le judaïsme.

Les péripéties de ce combat formant presque exclusivement le sujet du présent ouvrage, S. Paul y paraîtra seul^ dominant, dirigeant l'œuvre dont il

XII PHEFACE.

est spécialement chargé. A dessein, nous avons dégagé ainsi les missions de l'apôtre de tout détail étranger*, parce que la partie des Actes où elles sont racontées et les lettres de S. Paul qui s'y rattachent ont la rare fortune d'être tenues pour authentiques par les critiques les plus outrés. C'est donc en pleine lumière de l'histoire que se dérouleront les événements décrits dans ce volume. On verra, d'après ces témoignages irrécusables, ce qu'étaient , une vingtaine d'années après la mort de Jésus, la foi à ce divin Sauveur, sa doctrine, son Église, tout le christianisme.

La seule réserve que nos adversaires opposent à la vérité des faits racontés par saint Luc touche les miracles, estimés par eux inacceptables. Nous avons dit dans notre préface de Saint Pierre ce que nous pensons de ce rejet arbitraire : nous n'y reviendrons pas. Quant aux six lettres écrites par l'apôtre durant ces dix-sept années , quatre d'entre elles , les Épltres aux Corinthiens, aux Galates, aux Romains, sont hors de conteste; les deux autres, adressées à l'Église de Thessalonique, ne prêtent qu'à des objections si futiles que s'y arrêter est superflu, de l'aveu

■ C'eàl dans celte intention que nous avons exposé par avance jes traits du ministère de saint Pierre et des Dodm, qui, ntélés au présent ouvrage, en eussent troublé l'unité. Ce qui nous reste à faire connaître de ces apôtres, notamment leurs Épîtres canoniques, trouvera place an cours des dernières années de saint Paul, sujet de notre prochain volume.

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