‹ Saint PaulChapitre 35 sur 47 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

leur répugnent? Le Christ est venu appeler le mond^ à la liberté : croire en lui, d'une foi qu'anime l'amour, suffit pour être justiûé.

Nous avons vu quels furent l'effroi et le scandale de l'Église de Jérusalem à ce qu'elle considérait comme une nouveauté. L'apôtre ne s'en laissa pas ébranler. Tout ce qu'obtinrent de lui les Judaïsants fut de sincères hommages à leur Loi; mais sur la circoncision, propre signe du raosaïsme, Paul demeura inflexible : à aucun prix il n'y voulut assujettir ses fidèles. Il eo vint même, au cours de sa troisième mission, à la blâmer hautement : « Je vous dis, moi Paul, que si vous vous faites circoncire , le Christ ne vous servira de rien * . »

Cette constance énergique à secouer le joug eut un plein succès. Quand Paul s'éloigna des rives de Césarée, il put, dans une sainte joie, repasser sur les seize années qui venaient de s'écouler. Ses chrétientés couvraient l'Asie et la Grèce, actives, fécondes , dégagées de la Synagogue , n'en gardant que les rites er les pratiques qui allaient au libre esprit du christianisme. Seules, Jérusalem et quelques communautés de Judée s'obstinaient à l'antique alliance, mais renfermées en elles-mêmes , sans action au dehors. L'œuvre d'affranchissement confiée à l'apôtre des gentils était accomplie.

Non moins frappant que ce changement extérieur était l'aspect qu'avait pris la doctrine dans les Églises de Paul. Les. deux premiers Évangiles et les paroles

' Gai., T, 2.

SAINT l'AUL.

des apôtres au début des Actes nous montrent ce qu'était avant lui renseignement des communautés chrétiennes : on y redisait aussi fidèlement que possible les discours et les paraboles du Seigneur; les apôtres n'ajoutaient de leur chef que des textes de l'Écriture confirmant l'Évangile, et çà et là quelques élans de foi et d'amour. Paul, accoutumé dans les écoles de Jérusalem à l'enchaînement des vérités et aux vues d'ensemble , porta ces habitudes dans l'élude et l'exposition de sa foi nouvelle. La révélation chrétienne prit dans son esprit une forme plus précise , devint un corps de doctrine si puissamment constitué , qu'il demeure le fondement de notre théologie'. Quatre mots le résument : L'homme déchu ne redevient juste que par la foi au Christ.

D'où vient cette conception dogmatique? Pour le fond, des enseignements du Sauveur; cela ne peut faire doute ^. Pour la forme , des livres sacrés des Juifs : les idées mères de la doctrine apostolique s'y retrouvant, Paul n'a eu qu'à s'approprier leur langage. La chute originelle, décrite à la première page de la Genèse', est commentée dans la suite de l'Ancien Testa-

1 II ne faul enleadre parla, évidemment, rien de comparable aux raisonnements suivis et aux démonstrations rigoureuses de nos Sommes thèologiques. Les Ëpltres de S. Paul nous ont montré comment il exposait la foi ; il prêchait plus qu'il n'enseignait, sans (>rdre méthodique, à la manière de l'Orient.

î Toute la doctrine de S. Paul sur la justification par la foi est implicitciuent contenue dans cette parole du Sauveur : o Cuiui qui croit en moi a la vie éternelle. » Joan., ti, 47.

- Gcn., II, t" ; III.

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