PREFACE. XV
les seules corrections à imaginer : ce sont elles peut-être qui , insérées dans le texte, en forment les parenthèses , encombrent , obscurcissent même certains passages.
Il convient d'ajouter que saint Paul, hébreu de race et d'éducation, s'adressait, non point à nous, hommes d'Occident, raisonneurs et logiques, mais \ Israël , à ses prosélytes, tous plus ou moins habitués aux arguties de la Synagogue. Or, pour le Juif, aucune vérité ne vaut, toute fondée en raison qu'elle paraisse , si le témoignage de l'Écriture ne la confirme. De là, dans les lettres de saint Paul, le recours fréquent à l'Ancien Testament, des citaions longuement commentées. Le langage de l'apure, dégagé de ces argumentations judaïques, devient autrement fort et saisissant. Nous l'avons ainsi allégé toutes les fois que les discussions de l'Écriture embarrassaient la marche de la pensée , non certes pour dispenser nos lecteurs de méditer en son entier la parole apostolique. L'analyse qui restera sous leurs yeux ne va qu'à les guider dans le texte sacré et à leur permettre de se l'approprier.
Ce travail personnel est nécessaire à qui veut connaître saint Paul ; mais, une fois accompli, pour toujours il attache à lui, à ses lettres , si pénible parfois qu'en soit la lecture. L'esprit ne les abandonne, fatigué de la contention qu'elles imposent, que pour y revenir bientôt , et plus on les approfondit , plus l'attrait devient irrésistible , parce que , en nulle