Voir surtout les Actes des Conciles do Teiède
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le christianisme sur l'usure et le commerce. Le juif devint alors, et fut pendant une grande partie du moyen âge, un personnage nécessaire, sans lequel le monde ne pouvait accomplir les transactions les plus simples. Le libéralisme moderne devait seul mettre un terme à cette situation exceptionnelle. Le décret de l'Assemblée constituante de 1791 les refit membres d'une nation et citoyens.
Dans ce monde brûlé par une sorte de feu volcanique intérieur, il y avait des oasis. Quelques survivants du sadducéisme, traités d'apostats par leurs coreligionnaires, gardaient au milieu de ces rêves mystiques la saine philosophie de l'Ecclésiaste*. Les juifs des provinces soumises aux Arsacides vivaient assez heureux et observaient la Loi sans trouble. On peut placer dans ces provinces, par exemple en Adiabène, la composition d'un livre charmant, dont la date est incertaine * et qui ne fut traduit en grec
'. , C'étaient, paraît-il, ceux qu'on appelait masbothéens (voir les Évang,, p. 450, surtout le passage des ConsL), si ce nom dérive, comme op peut le croire, de Jérém., m, 6, 8, il, et signifie a TApostasie d'Israël » .
2. Voir l'appendice ii à la 6n du volume. Les premières traces du vre de Tobie se trouvent dans l'épîlre attribuée à Polycarpe, ch. x; dans l'homélie connue sous le nom de 2'"® Épître de Clément Romain, ch. xvi (comp. Tobie, xn, 8-9); dans Clément d'Alexandrie, Slrom., I, xxi, p. 142; II, xxiii, p. 181, et dans le- Midrasch rabba sur Genèse, xxtiii, 22 (iii« siècle).
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que vers la fin du if siècle. C'était un petit roman plein de fraîcheur, comme les juifs excellaient à en faire, l'idylle par excellence de la piété juive et des joies du foyer * •
Un certain Tobia*, fils de Tobiel, originaire du pays de Cadès de Nephtali % est amené captif à Ninive par Salmanasar*. Dès son enfance, il avait été
1. Nul doute que Je livre de Tobie n'ait été composé en hébreu. Des particularités de la traduction grecque le prouvent : par exemple, iv, 11, confusion sur nnaa; ix, 6, contre-sens sur nt^; surtout iv, 17, 13pa pour anp3. Cet original est perdu; mais on en possède une traduction grecque (celle qui fait partie de la Bible orthodoxe), laquelle paraît serrer de près Toriginal. Les autres textes, chaldaïques, grecs, latins, syriaques, hébreux (modernes) sont des remaniements ou des imitations.V. Fritzsche, Lïbri apocr. Vet, Test., p. xvi et suiv.,108 et suiv.; Neubauer, the Book of Tohit, Oxford, 1878. Nos citations se rapportent au texte orthodoxe, le seul qui représente l'original. Le texte chaldéen découvert par M. Neubauer suit les fautes de la traduction grecque. Ainsi, ch. i, il admet la ville de Thisbë. Yoiv Tappendice II y à la fin de ce volume.
2. TcùStT semble une faute du traducteur (n pris pour n), faute commise avec intention peut-être, afin que le père et le fils n'eussent pas le même nom.
3. Les textes grecs portent Ku^iuc ou Ku^icdv. Je lis Ku^iacdv. Voir Jos., Ant.j IX, xi, 1 (cf. B, J., IV, ii, 3). Le rapprochement de Â9a>pa = ÀaoTip, de Tob., i, 2, se trouve dans Josèphe, l. c. et dans II Rois, xv, 29. — Éx Qia^nç est une mauvaise traduction de
U. ENEME22AP0Ï est une faute des copistes grecs pour
ZAAMANÂZÂPOT.
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un modèle de sagesse. Loin de participer à Tidolàtrie des tribus du Nord^ il allait régulièrement à Jérusalem, seul endroit choisi par Dieu pour le culte, et il y offrait la dîme aux prêtres descendants d'Aaron, selon les règles du Teruma et du Maaser schéni. Il était charitable, aumônieux^ airnable à tous, s'abdte^ nait de manger le pain des païens ; en récompense de quoi Dieu lîii procura la faveur de Salmanasar, qui le fit son pourvoyeur. Salmanasar étant mort, Sennachérib, revenu furieux de son expéditiM contre Jérusalem, se mit à sévii* contre les juifs; leurs cadavres gisaient sans sépulture de tous les côtés ; on les voyait en tas hors des murs dé NihivOi Tobie allait furtivement et les enterrait. Le roi, surpris de la disparition des corps, demande ce qu'ils sont devenus. Tobie est poursuivi, se cache, perd ses biens. L'assassinat de Sennachérib le sauve. Il continue son œuvre pie d'enterrer les israélites trouvés morts. Ses voisins se moquent de lai. « Oti sera ta récompense? » lui disent-ils. On soir, il revient accablé de fatigue ; ne pouvant rentrer chez lui à cause de l'état d'inipureté où l'a miiS le contact des cadavres, il se jette au pied d'un mur, dans la cour de sa maison, et s'endort; un accident le rend aveugle. Voilà donc le problème posé comme dans le livre de Job, et avec la même vivacité : un juste non-seulement mal
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récompensé de sa justice, mais frappé par suite de sa vertu même; un acte de vertu suivi d'un malheur qui en est la conséquence. Comment prétendre après cela que le serviteur de Jéhovah touche toujours le prix de sa fidélité ? « Ou sont tes aumônes? où sont tes bonnes actions? lui dit sa femme. Comnae on voit bien le profit que tu en as retiré ! »
Tobie persiste dans l'affirmation du vrai israélite: « Dieu est juste et bon. » Poussant l'héroïsme jusqu'à se calomnier pour justifier Dieu, il proclame qu'il a mérité son sort, d'abord à cause de ses péchés et des manquements qu'il a commis par ignomnce, puis à cause des péchés de ses pères. C'est parce que les ancêtres de la génération actuelle ont été coupables que cette génération est dispersée, honnie. Tobie ne demande qu'une faveur, c'est de mourir tout de suite, « pour redevenir terre ^ et passer au lieu étemeP ».
Or, le même jour, à Ecbatane, une autre créature affligée demandait aussi à Dieu la mort. C'était