‹ Saint Paul (volume 2)Chapitre 146 sur 358 · Eusèbe, //. E., Vï, xii, 4 ; Actes de saint Pione · texte numérisé non relu

Eusèbe, //. E., Vï, xii, 4 ; Actes de saint Pione

3. Digeste, de Decurionibus, L, ii, 3 (loi de Septime Sévère, en tenant compte de Spart., Seu.^ 47); Philosophum,, IX, 42 (fait de Calliste); Lampride, Alex, Sév,, 22 (Judœis privilégia reser- VOfViit). Cf. Origène, Ad A fric, j 44 ; De princ, IV, c. i; Epipb., liaer. xxx. Voir ci-dessus, p. 227.

. 4. C'est l'origine des recueils MekhiltasMT l'Exode, Sifré sur les Nombres et le Deutéronome, Sifra sur le Lévitique.

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troduîsit, une sorte de classification par ordre de matières, impliquant des divisions et des subdivisions comme celles d'un Corpus juris. Ainsi, à côté de la Thora, se forma un second code, \d^Mischna^. On cessa de prendre l'Écriture pour base, et, à vrai dire, avec le goût des interprétations arbitraires qui s'était introduit, l'Écriture était devenue presque inutile. Il ne s'agissait plus réellement de bieii Comprendre la volonté du législateur ; il s'agissait de trouver à tout prix dans la Bible des arguments pour les décisions traditionnelles, des versets aux-

\, âfischna répond à peu près à « leçons orales », « reproduction de choses sues par cœur » (en chaldéen, malnila, d'où lanaîm, « docteurs mischniques »), en opposition avec mikra, (( texte écrit pour la lecture publique ». Comparez chez les musulmans korân et sunna. C'est par une légère confusion que les Grecs ont rendu mischna par ^euTspwai;. Saint Épiphane, haer. xy, xxxiii, 9; anaceph., p. 4116; saint Jérôme, In h,, viii, 14; x^ k ; XXIX, 20; cf. 0pp. t. HI, p. 90, 525; IV, p. 207, Martianày; saint Augustin, Contra adv, legis ei proph,, II, 1 ; saint Maxime, 0pp. Dionys. Areop., II, 160 (Anvers, 1634). Saint Épiphane rinterprète très-bien wapa^oaei; twv irpgaSuTépwv. Novelleâ, cxlvi, 1 : secimda ediiio. Saint Jérôme, De viris ilLj 18, fait ^suTepcoai; synonyme de irapâ^cai;. Voy. ci-dessus, p. 1 20, note 3. C'«st à tort qu'on a cru pouvoir conclure de certains passages du TaJmud (Graetz, IV, 419 et suiv., 494 et suiv.) que la Mischna ne d^it être écrite que longtemps après sa rédaction. Le vrai sens de ces^ passages est qu'on doit enseigner la Mischna, et non la lire d'uaa façon sacramentelle, tandis que la Bible doit être réodtée avec le texte sous les yeux, même par celui qui la sait par eœinr. ..y/.

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quels on pût rattacher les préceptes reçus. Il est dans la destinée des religions que le livre sacré soit toujours ainsi étouffé par le commentaire. Ce ne sont pas seulement les livres sacrés qui forment les religions; ce sont les circonstances, c'est la force des choses, impliquant mille besoins auxquels l'auteur primitif n'avait pu songer. La coïncidence entre les livres sacrés et l'état religieux d'une époque n'est donc jamais parfaite ; l'habit ne va que médiocrement à la taille ; le commentateur et le traditionniste viennent alors et procèdent au rajustage. C'est ainsi que, au lieu d'étudier le livre sacré en lui-même, on trouve mieux, à partir d'une certaine époque, de le lire dans les codes qui en ont été tirés ou plutôt qu'on a su y adapter * .

L'essai pour codifier la loi orale juive se fit de plusieurs côtés a la fois. Nous ne possédons plus la Mischna de Rabbi Aquiba, ni tant d'autres qui ont existé*. La Mischna de Juda le Saint, rédigée soixante ans plus tard, a fait oublier celles qui

4 . Vers la fin du moyen âge, les théologiens scolastîques en étaient arrivés à ne presque plus lire la Bible, les jurisconsultes à ne presque plus lire les sources du droit. Du reste, le Talmud lui-même se vit négligé pour les traités plus méthodiques de Maimonide et des autres canonistes juifs.

2. Épiphane, xv, xxxiii, 9; Talm. de Bab., Horaiolh, 43 6. Graelz, IV, 55 et suiv., 430, 431.

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l'avaient précédée; mais Juda le Saint n'inventa pas toutes les divisions, tous les titres. Plusieurs des traités de sa compilation étaient complètement rédigés avant lui*. Après Aquiba, du reste, les écoles originales disparaissent. Les docteurs, désormais pleins de respect pour des prédécesseurs qui leur paraissaient entourés de l'auréole du martyre, n'essayent plus de méthodes fiouvelles ; ce sont de simples compilateurs. Ainsi, en même temps que les chrétiens, les juifs se firent une nouvelle Bible, qui rejeta un peu dans l'ombre la première. La Mischna fut leur Evangile, leur Nouveau Testament. Du livre juif au livre chrétien la distance est énorme. C'est un des phénomènes les plus extraordinaires de l'histoire que l'apparition simultanée, dans la même race, du Talmud et de l'Evangile, d'un petit chef-d'œuvre d'élégance, de légèreté, de finesse morale, et d'un lourd monument de pédanterie, de misérable casuistique et de formalisme religieux*. Ces deux jumeaux sont assurément les deux créatures les plus dissemblables qui soient jamais sorties du sein d'une même mère. Quelque chose de barbare et d'inintelligible, un mépris désolant de la langue et de la forme, un manque absolu de distinction, de talent,

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