‹ Saint Paul (volume 2)Chapitre 153 sur 358 · Eusèbe, //. E., 1. c · texte numérisé non relu

Eusèbe, //. E., 1. c

étaient montrés, même aux païens*. Les voyages à ces lieux sanctifiés par Jésus et les apôtres commencent dès les premières années du uv siècle*, et remplacent les anciens pèlerinages au temple de Jéhovah. Quand saint Paul mène une députation de ses Eglises à Jérusalem, c'est au temple qu'il les mène; sûrement, dans son idéalisme, il ne songea ni au Golgotha ni à' Bethléem. Maintenant, au contraire, c'est la vie de Jésus que l'on cherche à retrouver, c'est une topographie évangélique que l'on crée. On connaissait l'emplacement du temple, et, et côté de cet emplacement, on révérait la stèle de Jacques, frère du Seigneur et martyr \

Les chrétiens recueillirent ainsi les fruits de leur sage conduite pejidant l'insurrection de Bar-Co^ba. Ils avaient souffert pour Rome, leur persécutrice*. Ils trouvèrent, au moins en Syrie, le prix d'une fidélité

i . Origène, Contre CelsCj I, 5.1 . ^

2. Eusèbe, H, E., VI, xi, 2; saint Cyprien, Épist., 75. Cf. Eusèbe, Dëmonst. évang,jYl^ 48; VII, 2; Itinéraire de Bordeaux; saint Cyrille de Jér., Catëch.^ xvii, 16; saint Jérôme, is:/)ts^ ad Marc, 17 (44) a, 0pp., IV, 2* part., p. 545 et suiv.

3. Hégésippe, dans Eus., H. E., II, xxxni, 18. La stèle pouvait se trouver sur la pente occidentale du val de Cédron, hors du grand mur de soutènement, au lieu qui est aujourd'hui couvert de tombes musulmanes.

4. My] pcuXo(A6vou; xaTà ^?iùiL%[iùH <TU(AtAax(tv, Eus., Chroïl,, à

l'année 17 d'Adrien.

318 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 135]

qui avait été bien méritoire. Pendant que les juifs étaient punis de leur ignorance et de leur aveuglement, l'Église de Jésus, fidèle à Tesprit de son maître et indifférente comme lui à la politique, se développait paisiblement en Judée et dans les pays voisins. L'expulsion qui frappait les juifs atteignit les chrétiens circoncis et pratiquant la Loi S mais non les dirétiens incirconfcis, pratiquant seulement les préceptes de Noé. Cette dernière circonstance établissait une telle différence pour toute la vie que c'était par elle et non par la foi ou l'incrédulité à l'égard de Jésus que les hommes se classaient. Les chrétiens hellénistes formèrent un groupe dans iElia, sous la présidence d'un certain Marcus. Jusque-là, ce 'qu'on appelait l'Église de Jérusalem n'avait eu aucun prêtre qui ne fût circoncis ; bien plus, par condescendance pour le vieux noyau juif, presque tous les fidèles de cette Église joignaient l'observation de la Loi à la foi en Jésus *. Désormais l'Église de Jérusalem est uniquement hellénique; ses évoques sont tous des Grecs^ comme l'on disait ^ Mais cette

4. Scrfp. Sévère, II, 34; Orose, VII, 43. (V. Bernays, Ueber die Chron, des Sulp. Sev.j p. 58, note 77.)

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