‹ Saint Paul (volume 2)Chapitre 203 sur 358 · Irénée, dans Eus., H. £., V, xxiv, U · texte numérisé non relu

Irénée, dans Eus., H. £., V, xxiv, U

336 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 140]

La fusion qui s'opérait entre les groupes s'opérait entre leurs écrits. On faisait l'échange des livres d'un bord à l'autre. Les écrits passaient de l'école judéo-chrétienne à l'école de Paul avec de légères modifications. Ce Cérygme de Pierre, si blessant dans sa première forme pour les disciples de Paul, devint le Cérygme de Pierre et Paul ^. Pierre et Paul furent censés avoir voyagé de compagnie, navigué de conserve, prêché partout l'Évangile en parfaite concorde. L'Eglise de Corihthe, notamment, prétendit avoir été fondée à la fois par Pierre et par Paul*. Un assez gros embarras était ce personnage de Simon le Magicien, qui, dans les premières rédactions ébionîtes du Cérygme et des Périodes de Pierre^ était Paul luimême, désigné par un sobriquet injurieux. On conserva le nom de Simon dans le Cérygme de Pierre et Pauly en le ramenant à son sens propre. Comme le symbolisme du pamphlet ébionile n'était pas évident, Simon fut désormais le commun adversaire que Pierre

1. Le livre est perdu, M. Hilgenfeld {Nov, test, extra Can. rec.j IV y p. 52 et suiv.) a recueilli les mentions qui en sont faites par Clément d'Alexandrie, Origène, Tauteur du Sermon sur la réitération du baptême, Lactance, Grégoire de Nazianze, Jean Dama^cène, Œcumenius, Héracléon, Apollonius, Fauteur de Tépître à Diognète, Denys de Corinthe s'en servent déjà. C'est probablement de ce Cérygme que parlent Eusèbe, H. E,, III, m, 2, et saint Jérôme, De viris ilL, 4 .

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