‹ Saint Paul (volume 2)Chapitre 241 sur 358 · LES ABUS ET LA PENITENCE. — PROPHETIES NOUVELLES · texte numérisé non relu

LES ABUS ET LA PENITENCE. — PROPHETIES NOUVELLES

L'Église était déjà comme fut le pieux Israël au temps où il bâtissait son nouveau temple; d'une toain, elle combattait; de l'autre, elle édifiait. Les préoccupations philosophiques étaient le fait d'un très petit nombre, La grande œuvre chrétienne était morale et populaire. L'Eglise de Rome, en particulier, se montrait de plus en plus indifférente à ces spéculations creuses, oii se complaisaient des esprits pleins de l'activité intellectuelle des Grecs, mais gâtés par les rêveries de l'Orient. L'organisation disciplinaire était à Rome le travail principal ; cette ville extraordinaire y appliquait son génie tout pratique et sa forte énergie niorale * .

La pénitence avait toujours été une institution fondamentale du christianisme ^ L'élu de la future cité

\, Ignace, Ad Rom., 3 (iMàSare.... (i.aôyiTeuovTeç evréXXeole),

prouve des constitutions romaines pour les temps de persécution.

2. Voir Conslil, Apost,, II, ch. xn, et suiv. ; xxxviii et suiv.

[An 151] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 391

de Dieu devait être d'une p,ureté absolue. Eviter les fautes était impossible; il fallait donc qu'il y eût des moyens de rentrer dans la grâce perdue. De bonne heure, l'Eglise s'érigea en tribunal et. transforma le repentir en pénitence publique, imposée par l'autorité et acceptée par le délinquant. Une foule de questions, qui troubleront l'Église pendant un siècle et demi, se posèrent dès lors. Pouvait-on, après être tombé plusieurs fois, venir encore à résipiscence? Ces moyens de réconciliation s'appliquaient-ils à tous les crimes? L'hypothèse du meurtre ne s« posait guère ; les mœurs douces et timides de la secte écartaient jusqu'à l'hypothèse d'un chrétien assassin; mais l'adultère dans une petite congrégation de frères et de sœurs S vivant presque toujours ensemble, était assez commun. L'apostasie enfin, vu l'âpreté des persécutions, n'était point rare. Les uns, pour éviter le supplice, allaient jusqu'à maudire le Christ ; quelques-uns même se faisaient les dénonciateurs de leurs frères ; d'autres se contentaient d'un simple reniement : « Je ne suis pas chrétien. » Ils rougissaient du Christ, sans précisément le blasphémer \ C'était cette dernière catégorie de personnes qui

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