‹ Saint Paul (volume 2)Chapitre 287 sur 358 · Comp. le martyre de saint Pione · texte numérisé non relu

Comp. le martyre de saint Pione

S. L'indication de l'heure (§ %\ ) donne lieu à beaucoup de doutes.

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corps du martyr et présenter l'aspect d'une voile de ' navire gonflée par le vent. Le vieillard, placé au centre de cette chapelle ardente, leur apparaissait non comme une chair qui brûle, mais comme un pain qui cuit, ou comme une masse d'or et d'argent dans la fournaise. Ils s'imaginèrent sentir une o.deur délicieuse comme celle de l'encens ou des plus précieux parfums (peut-être les sarments et bois légers du bûcher y furent-ils pour quelque chose) ^ Ils assurèrent même plus tard que Poly carpe n'avait pas été brûlé, que le confector fut obligé de lui donner un coup de poignard % qu'il coula de la blessure tant de sang que le feu en fut éteinte

Les chrétiens attachaient naturellement le plus

4 . La môme circonstance se retrouve dans les martyres de Lyon, Eus., H, E,, V, I, 35. Comparez Lucien, Peregrinus, 3.

5. § 16 (contredisant § 5). La leçon ^rrepiarspà est sûrement une faute. Comparez cependant Lucien, Peregr,, 39, 40.

3. Déjà l'imagination se refusait à laisser consumer entièrement le corps des martyrs, par suite des craintes matérialistes qu'on avait pour la résurrection des corps totalement détruits. V. Le Blant, mémoire sur les supplices destructeurs du corps, dans la Revue archéoL, sept. 1 874 (cf. Mém. de VAcad, des rnscr.^ XXMII, 2« part., p. 77, 91-95). Comp. les Actes de saint Pione (saint Pione meurt dans les flammes ; mais sou corps est trouvé intact) etde saint Fructueux (Ruinart, p. 450, 221). Lettre des Églises de Lyon et de Vienne, dans Eusébe, H. E., V, i, 62, 63 ; Celse, dans Orig., VIII, 53. Comparez surtout Ign., ad Rom., 5; Actes de Thecla, 22, 27 et suiv.

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grand prix à posséder le corps du martyr. Mais Tautorité hésitait à le leur donner, craignant de voir ce supplicié devenir l'objet d'un nouveau culte. « Ils seraient capables, disaient-ils en riant, d'abandonner pour lui le crucifié. » Les juifs montaient la garde auprès du bûcher pour épier ce qu'on allait faire. Le centurion de service se montra favorable aux chrétiens et les laissa prendre ces os, « plus précieux que les pierres précieuses et que l'or le plus pur ». Ils étaient calcinés; pour concilier ce fait avec le récit merveilleux, on prétendit que c'était le centurion qui avait brûlé le corps. On mit les cendres dans un lieu consacré, où l'on vint chaque année célébrer l'anniversaire du martyre et s'exciter à marcher sur les traces du saint vieillard.

Le courage de Polycarpe frappa beaucoup les païens eux-mêmes. L'autorité, ne voulant pas que de pareilles scènes se renouvelassent, arrêta les supplices^ Le nom de Polycarpe resta célèbre à Smyrne, tandis qu'on oublia vite les onze ou douze Smyrniotes ou Philadelphiens qui avaient souffert avant lui. Les Églises d'Asie et de Galatie, à la nouvelle de la mort de ce grand pasteur, demandèrent aux Smyrniotes des détails sur ce qui s'était passé. Ceux de

A . Mart. Polyc, \,

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Philomélium, en Phrygie ParoréeS montrèrent surtout un touchant empressement. L'Eglise de Smyrne fit rédiger par un de ses anciens le récit du martyre, sous la forme d'une épître circulaire, qui fut adressée aux différentes Églises. Les fidèles de Philomélium, point déjà fort éloigné, étaient priés de transmettre la lettre aux frères d'au delà.

L'exemplaire des Philoméliens, copié par un certain Evareste, et porté par un nommé Marcion, servit de base ensuite à l'édition originale. Comme il arrive souvent dans la publication des lettres circulaires 2, les finales des différents exemplaires furent placées par l'éditeur à la suite les unes des autres'. Ce beau morceau constitue le plus ancien exemple connu des Actes de martyre. Il fut le modèle qu'on

4 . Aujourd'hui Akschéher, à plus de cent lieues de Smyrne, non loin d'Antioche de Pisidie. Cette ville faisait administrativement partie de la Galatie.

3. Voir §§ 19, 20, 22 (1). Il y a là trois clausules. Le § 21 est une note chronologique, très-ancienne, quoique Eusèbe ne l'eût pas dans son exemplaire. Quant à § 22 (2 et 3), plus complet dans le manuscrit de Moscou que dans les autres textes (Zahn, p. 466- 468), c'est une addition d'un certain Pionius, qui, vers la fin du IV» siècle, fit une vie de Polycarpe. Halloix et Bollandus (26 janv.) l'ont donnée en latin. M. Gebhardt l'a trouvée en grec dans le manuscrit 4 452 de la Bibliothèque nationale. Voir Zeitschr. fur Kirch, II (1878), p. 454-457. Cf. Macarius Magnes, p. 109.

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imita et qui fournit la marche et les parties essentielles de ces sortes de compositions. Seulement les imitations n'eurent pas le naturel et la simplicité de l'original. Il semble que l'auteur des fausses lettres ignatiennes avait lu l'épître des Smyrniotes ^ Il y a entre ces écrits des liens étroits, une grande similitude d'esprit. Polycarpe était après Ignace la grande préoccupation de l'auteur des fausses lettres % et c'est dans l'épître vraie ou supposée de Polycarpe qu'il cherche son point d'appui. L'idée que le martyre est la faveur suprême qu'on doit désirer et demander au ciel' trouva dans l'encyclique smyrniote sa première et parfaite expression. Mais' l'enthousiasme du martyre y est contenu dans les bornes de la modération. L'auteur de ce remarquable écrit ne perd aucune occasion de niontrer que le vrai martyre, le martyre conforme à l'Évangile, est celui qu'on ne va pa& chercher, qu'on attend. La provocation lui paraît si condamnable, qu'il éprouve une certaine satisfaction à montrer le Phrygien fanatique cédant aux obsessions du proconsul et devenant apostat*.^

4. Comp. YAlcéde Mari., 47, à VAlcé d'Iga. ad Smym., 43^ et d'Ign. ad Polyc, 8.

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