Biblis ou Biblias, Po Licus, etc
472 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 157]
composée tout entière de compatriotes, de disciples, d'amis de Polycarpe.
Les communications entre Lyon et Vienne étaient continues ; les deux Eglises n'en faisaient guère qu'une; dans toutes les deux, le grec dominait; mais, dans toutes les deux aussi, il existait entre les émigrés d'Asie et la population indigène, parlant latin ou celtique*, d'étroites relations. L'effet de cette prédication intime de la maison et de l'atelier fut rapide . et profond. Les femmes surtout se sentirent vivement entraînées. Naturellement sympathique et religieuse, la nature gauloise s'ouvrit promptement aux idées nouvelles apportées par ces étrangers. Leur religion à la fois très-idéaliste et très-matérielle, leur croyance en de perpétuelles visions, leur habitude de transformer des sensations vives et fines en intuitions surnaturelles *, allaient très-bien à ces races, portées au rêve religieux et que les cultes insuffisants de la Gaule et de Rome ne pouvaient satisfaire. Le ministère évangélique s'exerçait parfois en langue celtique \ Il est remarquable que, parmi les
^. Lettre, §20.
2. Comparez les Actes de saint Polycarpe, de saint Pione, des martyrs de Lyon, analogues entre eux à tant d'égards, surtout par la place qu'y tient la vision.