Justin, Apol. Il, i. Comparez ci-dessus, p
[An 159] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 481
réunions chrétiennes, la mutuelle affection qui régnait dans l'Eglise, donnèrent naissance aux imaginations les plus folles \ On crut à une société secrète, à des secrets connus des seuls adeptes, à une honteuse promiscuité, à des amours contre nature. Les uns parlaient de l'adoration d'un Dieu à tête d'âne, les autres d'ignobles hommages rendus au prêtre. Un récit qui avait généralement cours était celui-ci : « On présente à celui qu'on initie un enfant couvert de pâte, pour enhardir peu à peu sa main au meurtre. Le novice frappe, le sang coule, tous boivent avidement, se partagent les membres palpitants, cimentent ainsi leur alliance par la complicité et s'engagent à un silence absolu. Puis on s'enivre, les flambeaux se renversent, et, dans les ténèbres, tous se livrent à de hideux embrassements * » . Rome était une ville trèscancanière; une foule de nouvellistes et de bavards étaient à l'affût des nouvelles bizarres. Ces contes ineptes se répétaient, passaient pour être de notoriété publique, se traduisaient en outrages et en caricatures ^ Ce qu'il y eut de grave, c'est que, dans les
4 . « Latebrosa et lucifuga natio, in publicum muta, in angulis garrula. » Min. Fel., 8. V. ci-dessus, p. 307, 373 et suiv.
2. Justin, ApoL II, 12, 14; Athénagore, 4; Min. Félix, 9, 28, 31. Comp. Lettre des Églises de Lyon et de Vienne, 14.