Philastre, L c
5. Clém. d'Alex., Slrom., IV, 4; Irénée, lll, xviii, 5; IV, XXXIII, 9.
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de martyrs innocents, alors c'était l'analogue de ce qui arrive quand un enfant souffre; il n'en faut accuser que le sort ^
Les sources de la piété n'étaient cependant point taries par un rationalisme oi^eilleux^ qui d*CH*dinaire s'affranchit des pratiques matérielles. Une liturgie entourée de secret * offrait aux fidèles de ces singulières Églises les consolations sacramentelles avec abondance ; la vie devenait comme un mystère dont tous les actes étaient sacrés. Le baptême avait beaucoup de solennité et rappelait le culte de Mithra. La formule prononcée par Hnitiateur était en hébreu % et après l'immersion venaient des onctions de baume, qui furent plus tard adoptées par l'Église^. L'extrême-onction pour les mourants était aussi administrée d'une façon qui devait faire une vive impression et que l'Église catholique a imitée. Le culte chez ces sectaires était, comme le dogme luimême, plus éloigné de la simplicité juive que dans
4. Passage de Basilide, conservé par Glémeot d'Alexandrie, Strojn., IV, 12.
t. Irëoée, I, ch. xxi.
3. BoLatikaLiot[iko<j9r,^oLaxcac^ix..,^ OÙ l'oo déchiffre clairemeiit : niD^n W^z, « Au nom de Hachamoih ». Irénée ne coEDpre&d déjà plus cette formule. Cf. Lucien, Alex.j 43.
4. Épitaphe gnostique, dans Corpus inscr. grœc.j û° 95^% t. IV, p. 594-595.
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les Eglises de Pierre et de PauL Les gnostiques admettaient phasieurs rites païens, des chants, des hymnes, des images do Christ, soit pdntes, soit sculptées ^
Sous ce rapport, leur influence dans l'histoire dn chrislianisme fut de premier ordre. Ils constituèrent le pont par lequel une foule de pratiques païennes entrèrent dans l'Eglise. Ils jouèrent dans la propagande chrétienne un rôle capital. C'est par le gnosticisroe que le christianisme se proclama d'abord comme une religion nouvelle, destinée à durer, ayant un culte, dés saci'ements, pouvant produire un art. C'est par le gnosticisme que l'Église fit sa jonction avec les mystères antiques et s'appropria ce qu'ils avaient de satisfaisant pour le peuple. C'est grâce à lui que, au iv^ siècle, le monde put passer du paganisme au christianisme sans s'en apercevoir et surtout sans se douter qu'il se faisait juif. L'éclectisme et l'ingratitude de l'Eglise catholique se montrent ici d'une façon admirable. Tout en repoussant les chimères des gnostiques et en les anathématisant , l'orthodoxie reçut d'eux une foule d'heureuses idées de dévotion populaire. Du théurgique l'Eglise fit le sacramentel. Ses fêtes, ses sacrements, son art, vinrent pour une grande partie des sectes qu'elle condamnait.
i . Irénée, I, xxv, 6.
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Le christiaoisme pur n'a laissé aucun objet matériel; la première archéologie chrétienne est gnostîque*. La vie, dans ces petites sectes libres et inventives, se montrait désordonnée mais puissante. Leur métaphysique elle-même s'imposa dans une large mqsure ; la foi fut obligée de se faire raisonneuse. A côté de l'église, il y eut désormais l'école; à côté de l'ancien, il y eut le docteur.
Quelques hommes de rare talent, d'ailleurs, se faisant les organes de ces doctrines jusque-là sans autorité, les tirèrent de l'état de spéculations individuelles où elles auraient pu rester indéfiniment, et les élevèrent à la hauteur d'un véritable événement dans l'histoire de Thumanité*.
i . Matter, Hist, crit. du gnost,, II, p. 489 et suiv., et planches ; GarruccI, Disserl. archeoL, vol. II, p. 73.
2. Pour la chronologie de ces sectaires, voir Clém. d'Alex. Sirom., VII, 17. Cf. Pseudo-Tertullien (Hippolyte?), Prœscr.j G. 48. La gnose combattue dans les épîtres à Tite et à Timothée est la première gnose antérieure à Yalenlin et à Basilide. Elle se présente aux yeux de l'auteur comme essentiellement judaïque (essénienne), I Tim., i, 4, 7, 47; ii, 5; iv, 3, 4; vi, 6; U Tim., II, 48; III, 4-7; Tit., i, 10, 14,14, 15; ii, 13; m, ,9. il en faut dire autant de la gnose combattue dans TÉpltre aux Colossiens.