P.HOPAGATIOIM SOCRDB DU CHR I STI A M SM B. — SON INTRODUCTION A ROME
Une imagination dont il faut se défaire avant tout, quand il s'agit de la propagation du christianisme , c'est que cette propagation se soit faite par des missions suivies et par des prédicateurs analogues aux missionnaires des temps modernes , ayant pour état d'aller de ville en ville. Paul, Barnabe et leurs compagnons furent les seuls qui parfois procédèrent de la sorte. Le reste se fit par des ouvriers dont les noms sont restés inconnus. A côté des apôtres qui arrivèrent à la célébrité, il y eut ainsi wn autre apostolat obscur, dont les agents ne furent pas des dogmatistes de profession, mais qui n'en fut que plus efficace. Les juifs de ce temps étaient extrêmement nomades. Marchands, domestiques , gens de petits métiers , ils couraient toutes les grandes villes du littoral , excr-
(An 51] SAINT PADL. 97
çant leur état. Actifs, laborieux, honnêtes*, ils portaient avec eux leurs idées, leurs bons exemples, leur exaltation, et dominaient ces populations, abaissées sous le rapport religieux, de toute la supériorité qu'a l'homme enthousiaste au milieu des indifférents. Les affiliés de la secte chrétienne voyageaient comme les autres juifs et portaient la bonne nouvelle avec eux. C'était une sorte de prédication intime, et bien plus persuasive que toute autre. La douceur, la gaieté , la bonne humeur, la patience des nouveaux croyants * les faisaient partout accueillir et leur conciliaient les cœurs.
Rome fut un des premiers points atteints de la sorte. La capitale de l'empire entendit le nom de Jésus bien avant que tous les pays intermédiaires eussent été évangélisés , de même qu'un haut sommet est éclairé quand les vallées situées entre lui et le soleil sont encore obscures. Rome était, en effet, le rendez-vous de tous les cultes orientaux % le poinC de la Méditerranée avec lequel les Syriens avaient le plus de rapports. Ils y arrivaient par bandes énormes. Gomme toutes les populations pauvres, montant à