Act., XVI
3. lien reste des ruines assez importantes. Texier, Asie Min., p. 194 et suiv.; Gonybeare et Howson, 1, p. 300 et suiv.
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est austère; certains cantons sont singulièrement âpres et pelés. D'autres parties, au contraire, sont pleines de fraîcheur, et ne répondent nullement aux idées qu'on s'est habitué à renfermer sous ce mot vague d'Orient. L'embouchure de l'Oronte marque, sous le rapport de la nature, ainsi que sous le rapport des races, une ligne profonde de démarcation. L'Asie Mineure, pour l'aspect et pour le ton du paysage, rappelle l'Italie ou notre Midi à la hauteur de Valence et d'Avignon. L'Européen n'y est nullement dépaysé, comme il l'est en Syrie et en Egypte. C'est, si j'ose le dire, un pays aryen, non un pays sémitique, et il n'est pas douteux qu'un jour il ne soit occupé de nouveau par la race indo-européenne (Grecs et Arméniens). L'eau y est abondante; les villes en sont comme inondées : certains points, tels que Nymphi, Magnésie du Sipyle, sont de vrais paradis. Les plans étages de montagnes qui forment presque partout l'horizon présentent des variétés de formes infinies et parfois des jeux bizarres , qu'on prendrait pour des rêves si un artiste osait les imiter: sommets dentelés comme une scie, flancs déchirés et déchiquetés , cônes étranges et murs à pic , oia s'étalent avec éclat toutes les beautés de la pierre. Grâce à ces nombreuses chaînes de montagnes, les eaux sont vives et légères. De longues files de peu-
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pliers, de petits platanistes dans les larges lits des torrents d'hiver, de superbes cépées d'arbres dont le pied plonge dans les fontaines et qui s'élancent en touffes sombres du bas de chaque montagne, sont le soulagement du voyageur. A chaque source, la caravane s'arrête et boit. La marche durant des jours et des jours sur ces lignes étroites * de pavés antiques, qui depuis des siècles ont porté des voyageurs si divers, est parfois fatigante; mais les haltes sont délicieuses. Un repos d'une heure, un morceau de pain mangé sur le bord de ces ruisseaux limpides, courant sur des lits de cailloux, vous soutient pour longtemps.
ATroas, Paul, qui, en cette partie de son voyage, semble n'avoir pas suivi un plan bien sûr, retomba dans de nouvelles incertitudes sur la route qu'il devait choisir. La Macédoine lui parut promettre une belle moisson. Il semble qu'il fut confirmé dans cette idée par un Macédonien qu'il rencontra à Troas. C'était un médecin, prosélyte incirconcis *, nommé Lucanus ou Lucas ^ Ce nom latin porterait à croire
i. Elles ont environ dou\ mètres de largeur.
2. Cela résulte de Col., iv, versots II, 14, comparés entre eux. Par là s'expliquent bien les partis pris généraux qui dominent le livre des Actes, surtout le ch. xv.
8. Ce n'est ici qu'une hypothèse vraisemblable. Nous adraetton*
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que le nouveau disciple appartenait à la colonie romaine de Philippes^; ses rares connaissances en fait
que le narrateur qui , à partir de Act., xvi , 10, dit « nous » est bien l'auteur du troisième Évangile et des Actes ( Irénée, Adv. hœr., III, XIV, 1), et nous ne voyons pas de raison suffisante i)Our no pas l'identifier avec le Lucas, compagnon de Paul, cité dans Col., IV, 14; Philem., 24 ; II Tira., iv, 11. Dès lors, il faut supposer que Luc joignit Paul à Troas, puisque c'est à partir de celle ville que le « nous » commence. Mais Troas n'avait pas de juiverie. Comme, d'un autre côté , 1° le narrateur qui dit « nous » semble être' resté à Philippes à partir de xvi, 17; 2° que les versets xvi, 9-10, ont une physionomie qui donne à réQéchir; 3° que les versets 12 et suivants semblent, malgré la légère erreur impliquée dans TTOMr/i (erreur qui peut même se justiGer), venir de quelqu'un qui connaissait le pays; 4° que le narrateur [Act.j xix, 22, et XX, 1) est bien plus occupé de la Macédoine que de Coriuthe , et est par là induit en erreur ; 5° que le narrateur qui dit « nous » rentre en scène au ch. xx, v. o, au moment oii Paul passe à Philippes pour la dernière fois et regagne Troas, on est amené à supposer que le narrateur qui dit « nous » était un Macédonien. Deux circonstances frappantes sont, d'une part, le détail et l'exactitude du récit en ce qui touche la mission de Macédoine et les derniers voyages de Paul ( à partir de xx , 5 ) ; de l'autre , la connaissance des termes techniques de la navigation qui se montre dans toutes les parties oii l'auteur dit « nous ». Ajoutons que le narrateur û.qs Actes connaît assez mal le judaïsme, et qu'au contraire il connaît un peu la Grèce et la philosophie grecque {Ac{., XVII, 18 et suiv.). Peut-être est-ce par un sentiment d'admiration pour les voies da la Providence qu'il insiste tant, xvi , 6-7, sur les révélations qui imposèrent à Paul l'itinéraire qui devait les faire rencontrer à Troas. 1. La plupart des noms qu'on trouve sur les inscriptions do