SUITE DO DEUXIEME VOYAGE DE SAINT PACL. — MISSION DE MACÉDOINE
La mission abordait ici des terres toutes nouvelles. C'était ce qu'on appelait la province de Macédoine ; mais ces pays n'avaient fait partie du royaume macédonien que depuis Philippe. C'étaient en. réalité des parties de la Thrace, anciennement colonisées par les Grecs , puis absorbées par la forte monarchie dont le centre fut à Pella, et englobées depuis deux cents ans dans la grande unité romaine. Peu de pays au monde étaient plus purs en fait de race que ces contrées situées entre l'Heemus et la Méditerranée. Des rameaux, divers, il est vrai, mais tous très-authentiques de la famille indo-européenne, s'y étaient superposés. Si l'on excepte quelques influences phéniciennes, venant de Thasos et de Samothrace, pi'esque rien d'étranger n'avait pénétré dans Tinté-
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rieur. La ïhrace, en grande partie celtique S était restée fidèle à la vie aryenne; elle gardait les anciens cultes sous une forme qui paraissait barbare aux Grecs et aux Romains, mais qui, en réalité, n'était que primitive. Quant à la Macédoine, c'était peutêtre la région la plus honnête , la plus sérieuse , la plus saine du monde antique. Ce fut à l'origine un pays de burgs féodaux, non de grandes villes indépendantes : or, c'est là, de tous les régimes, celui qui conserve le mieux la moralité humaine et met le plus de forces en réserve pour l'avenir. Monarchiques par solidité d'esprit et par abnégation, pleins d'antipathie pour le charlatanisme et l'agitation souvent stérile des petites républiques, les Macédoniens offrirent à la Grèce le type d'une société analogue à celle du moyen âge, fondée sur le loyalisme, sur la foi en la légitimité et l'hérédité, et sur un esprit conservateur, également éloigné du despotisme ignominieux de l'Orient et de cette fièvre démocratique
1. Remarquez les noms de Sadoc, Sparudoc, ftlédoc, Amadoc, Olorus, Lutarius, Leonorius, Comontorius, Lomnorius, Luarius, Cavarus, Bilhocus ou Bituitus (comp. Reime num., nouv. série, 1. 1, 1836; monnaies arvernc's, n^^ë-S), Rabocentus, Bitliicenihus, Zipacenlhus (Ileuzey, Miss, de Mac. p. 149 et suiv.; Art de vérif. les dates, av. J. -G., t. III, p. 106-132;. Le penchant à l'ivrognerie, si fort chez les Thraces, est en général un indice de race ganloise ou germanique.
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qui, brûlant le sang d'un peuple, use si vite ceux qui s'y abandonnent. Ainsi débarrassés des causes de corruption sociale que la démocratie amène presque toujours avec elle, et pourtant libres des chaînes de fer que Sparte avait inventées pour se prémunir contre la révolution, les Macédoniens furent le peuple de l'antiquité qui ressembla le plus aux Romains. Ils rappellent à quelques autres égards les barons germains, braves, ivrognes, rudes, fiers, fidèles. S'ils ne réalisèrent qu'un moment ce que les Romains surent fonder d'une manière durable, ils eurent du moins l'honneur de survivre à leur tentative. Le petit royaume de Macédoine , sans factions ni séditions, avec sa bonne administration intérieure, fut la plus solide nationalité que les Romains eurent à combattre en Orient. Un fort esprit patriotique et légitimiste y régnait, à tel degré qu'après leurs défaites on vit les habitants prendre feu avec une facilité singulière pour des imposteurs prétendant continuer leur vieille dynastie.
Sous les Romains, la Macédoine resta un sol digne et pur. Elle fournit à Brutus deux excellentes légions ^ On ne vit pas les Macédoniens comme les Syriens, les Égyptiens, les Asiates, ac-