Inscription dfi Dosato
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logue à celui où naquit la poésie agronomique et sentimentale de Virgile. La plaine toujours verdoyante offrait des cultures variées de légumes et de fleurs ^ D'admirables sources, jaillissant du pied de la montagne de marbre doré qui couronne la ville, répandaient, quand elles étaient bien dirigées, la richesse, l'ombrage et la fraîcheur. Des massifs de peupliers, de saules, de figuiers, de cerisiers , de vignes sauvages, exhalant l'odeur la plus suave, dissimulent les ruisseaux qui coulent de toutes parts. Ailleurs, des prairies inondées ou couvertes de grands roseaux montrent des troupeaux de buffles à l'œil blanc mat, aux cornes énormes, la tête seule hors de l'eau, tandis que des abeilles et des essaims de papillons noirs et bleus tourbillonnent sur les fleurs. Le Pangée, avec ses sommets majestueux, couverts de neige jusqu'au mois de juin , s'avance comme pour rejoindre la ville à travers le marais. De belles hgnes de montagnes terminent l'horizon de tous les autres côtés, ne laissant qu'une ouverture par laquelle le ciel fuit et laisse pressentir dans un lointain clair le bassin du Strymon.
-1. Thcopliraste, Hist. plant., II, 2; IV, U (-16), 16 (19); VI, 6; VIII, 8; De causis plant., IV, 42 (13); Pline, Hist. nal., XXI, 4 0. Encore aujourd'hui, près du Dekili-lasch, il y a de beaux jardins maraîchers.
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Philippes offrait à la mission un champ des mieux appropriés. Nous avons déjà vu qu'en Galatie les colonies romaines d'Antioche de Pisidie, d'Iconium , avaient accueilli très-favorablement la bonne doctrine; nous observerons la même chose à Gorinthe, à AlexandriaTroas. Les populations depuis longtemps assises, ayant de longues traditions locales, se montraient moins portées aux nouveautés. La juiverie de Philippes, s'il y en avait une , était peu considérable : tout se bornait peut-être à des femmes célébrant le sabbat; même dans les villes où il n'y avait pas de juifs, le sabbat était d'ordinaire célébré par quelques personnes ^ En tout cas, il semble bien qu'il n'y avait pas ici de synagogue'. Quand la troupe apostolique entra dans la ville, on était aux premiers jours de la semaine. Paul, Silas, Timothée et Luc restèrent quelques jours renfermés chez eux, attendant, selon l'usage, le jour du sabbat. Luc, qui connaissait le pays, se rappela que les personnes gagnées aux coutumes juives avaient l'usage de se réunir ce jour-là hors des faubourgs, sur le bord d'une petite rivière très-encaissée, qui sort de terre
i. Voir les Apôtres, p. 294-293.
2. Cela résulte de Acl.j xvi, 43 et suiv., comparé à Act., xvii, 4, 10.
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à une lieue et demie de la ville par une énorme source bouillonnante, et qu'on appelait Gangas ou Gangitès *. Peut-être était-ce là l'antique nom aryen des fleuves sacrés (Ganga) *. Ce qu'il y a de siir, c'est que la scène pacifique racontée par les Actes^ et qui marqua le premier établissement du christianisme en Macédoine, eut lieu à l'endroit même où, il y avait un siècle, s'était décidé le sort du monde'. Le Gangitès marqua, dans la grande bataille de Tan 42 avant Jésus-Christ, le front de bandière de Brutus et de Gassius.
Dans les villes où il n'y avait pas de synagogue, les réunions des affiliés au judaïsme se faisaient
4. Appien, Guerres civ., IV, 106-107; Dion Gassius, XLVII, 47. Aujourd'hui rivière de Bounarbachi. Voir le plan de Philippes de M. Heuzey, elle texte, p. 97, 106, 120. Hérodote (VII, 113) parle d'une rivière Angitès {yAngista actuel), qui, dit-il, se jette dans le Strymon à l'occident du Pangée. C'est peut-être le même nom que Gangitès; la rivière de Bounarbachi est, en effet, le plus fort affluent du marais central de la plaine de Philippes, lequel se décharge dans l'Angista, puis dans le Strymon. Voir la carte de Turquie de Kiepert, et Gousinéry, Foy. dans la Macécl.j II, p. 45 et suiv.
2. Cette masse d'eau provenant d'une seule source, comme le Loiret , devait en effet inspirer aux anciens des idées religieuses.
3. L'arc appelé Kiémer, situé vers l'endroit mentionné par les Actes, peut avoir été élevé en souvenir de la bataille. Heuzey, p. 118-120.
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dans de petites constructions hypètlires, ou souvent simplement en plein air dans des espaces à, peine clos, qu'on appelait proseuchœ \ On aimait à établir ces oratoires près de la mer ou des rivières, afin d'avoir des facilités pour les ablutions*. Les apôtres se rendirent à l'endroit indiqué. Plusieurs femmes y vinrent, en effet, pour faire leurs dévotions. Les apôtres leur parlèrent et leur annoncèrent le mystère de Jésus. Ils furent bien écoutés. Une femme surtout fut touchée : « Le Seigneur, dit le narrateur des Actes, ouvrit son cœur. » On l'appelait Lydia ou « la Lydienne », parce qu'elle était de Thyatires^; elle faisait le commerce d'un des principaux produits de l'industrie lydienne*, la pourpre. C'était une personne
i. Inscr. dans les Antiquités du Bosphore cùmnérien, n° 22; Mél. çréco-rom. del'Acad. de Saint-Pétersb., II, p. 200 et suiv.; Épiph., Contra hœr.j hœr. lxxx, 4. Comp. Juvénal, m, 296.
2. Jos., Aiit., XIV, X, 23 ; Pscudo-Aristeas, p. 67 (cdit. Moriz Schmidl); Philon, In Flaccum, § 14; TertuUien, Dejej., 16.
3. Comparez comme analogue Kcpivôîa, Corp. inscr. gr., r\° 3847 w; Le Bas, III, n° 1022; Miss, de Phen.j inscr. de Sidon.
4. Pline, //. A^, VII, 57 ; Maxime de Tyr, xl, 2 ; Valerius Flaccus, IV, 368-369; Claudien, Rapt. Proserp., I, 276; Élien, A7iim., IV, 45; Strabon,XIII, iv, 14. Comp.Cor;)MSi. g., ':i°*3496, 3497, 3498, 3924, 3938; Le Bas, III, 1687; Wagener, dans la Revue de Vinstr. publ. en Belgique, 1868, p. 1 et suiv. Les juifs paraissent avoir été particulièrement adonnés à cette industrie (Wagener, l. c).
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pieuse, de l'ordre de celles qu'on appelait « craignant Dieu )) , c'est-à-dire païenne de naissance, mais observant les préceptes dits « de Noé * >» . Elle se fit baptiser avec toute sa maison , et n'eut de cesse que quand elle eut obtenu, à force d'instances, des quatre missionnaires qu'ils demeurassent chez elle. Ils y restèrent quelques semaines, enseignant chaque samedi à la place des prières, sur le bord du Gangilèo.
Une petite Eglise, presque toute composée de femmes^ se forma, très-pieuse, très -obéissante, trèsdévouée à PauP. Outre Lydie, cette Église comptait dans son sein Evhodie et Syntyché *, qui combattirent vaillamment avec l'apôtre pour l'Évangile, mais qui se disputaient quelquefois à propos de leur ministère de diaconesses^; Épaphrodite, homme courageux, que Paul traite de frère, de collaborateur, de compagnon d'armes^; Clément et d'autres encore que Paul appelle « ses collaborateurs, et dont les noms,
«. Voir Lévy, Epigr. Beilràge, p. 312-313.