‹ Saint PaulChapitre 133 sur 417 · Pline, Epist., X · texte numérisé non relu

Pline, Epist., X

2. Plutarque, De defeclu orac, 9; ITesychius au mot nûôtov, Scoliaste d'Aristophane, ad Vesp., v. 1019.

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coup d'argent de cette ignoble exploitation. La pauvre fille, soit qu'elle eût vraiment l'esprit exalté, soit qu'elle fût lasse de son infime métier, n'eut pas plus tôt aperçu les missionnaires qu'elle se mit à les suivre avec de grands cris. Les fidèles prétendaient qu'elle rendait hommage à la foi nouvelle et à ceux qui la prêchaient. Cela se renouvela plusieurs fois. Un jour enfia, Paul l'exorcisa; la fille, calmée, prétendit être délivrée de l'esprit qui l'obsédait. Mais le dépit de ses maîtres fut extrême ; par la guérison de la fille, ils perdaient leur gagne-pain. Ils intentèrent un procès à Paul, auteur de l'exorcisme, et à Silas, comme son complice*, et les amenèrent à l'a^/oî-a^ devant les duumvirs".

Il eût été difficile de fonder une demande d'indemnité sur une raison aussi singulière. Les plaignants relevèrent surtout le fait de trouble causé dans la cité et de prédication illicite : « Ils prêchent des coutumes, disaient-ils, qu'il ne nous est pas permis de suivre, puiscfue nous sommes Romains. » La ville, en el'Fet, était de droit italique, et la liberté des cultes devenait d'autant moindre que les personnes tenaient

h. Timolhée et Luc n'étaient sans cloute pas présents à l'acte de l'exorcisme.

2. C'était le nom qu'on donnait aux premiers magistrats des colonies.

1Ô2 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 52]

de plus près à la cité romaine. La populace superstitieuse, excitée par les maîtres de la pythonisse, faisait en même temps une manifestation hostile aux apôtres. Ces sortes de petites émeutes étaient fréquentes dans les villes antiques; les nouvellistes, îcs désœuvrés, les « piliers de V agora », comme les appelait déjà Démosthènes, en vivaient^ Les duumvirs, croyant qu'il s'agissait de juifs ordinaires, sans information ni enquête sur la qualité des personnes *, condamnèrent Paul et Silas à recevoir la bastonnade. Les licteurs arrachèrent aux apôtres leurs vêtements et les frappèrent cruellement devant le public*. On les trahia ensuite en prison*; on les mit dans un des

i. Voir les dictionnaires grecs au mot à-fcpaîoç. L Act., XVI, 37.

3. Act., XVI, 22-23, 37; I Thess., ii, 2; Il Cor., i, 25, Phil., I, 30.

4. Le récit du témoin oculaire, tout à l'heure si net, s'embrouille ici par le désir qu'il a de trouver partout des miracles et des canversions de pécheurs ou de gens de profession infime s'opérant subitement par des coups de la grâce. Quoi de surprenant qu'un disciple de Paul crût que son maître faisait des miracles , quand Paul lui-même déclare en avoir fait? Porphyre n'attribue-t-il pas des miracles à Plotin, son maître, avec lequel il avait vécu des années? Les délivrances miraculeuses de prison étaient un des thèmes les plus ordinaires des miracles apostoliques : Acl.j v, XII. La préoccupation du geôlier se trouve même dans le récit du ch. xii, qui, du reste, comme celui que nous discutons en ce moment, vient presque d'un témoin oculaire.

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cachots les plus reculés et on engagea leurs pieds dans les ceps.

Soit que la parole ne leur eût pas été accordée pour se défendre*, soit qu'à dessein ils eussent recherché la gloire de souffrir des humiliations pour leur maître-, ni Paul ni Silas ne s'étaient prévalus de leur titre de citoyens devant le tribunaP, Ce fut pendant la nuit, dans la prison, qu'ils déclarèrent leur qualité. Le geôlier fut fort ému; jusque-là, il avait traité les deux juifs avec dureté; maintenant, il se trouvait en présence de deux Romains, Paulus et Silvanus, indûment condamnés. 11 lava leurs plaies et leur donna à manger. Il est probable que les duumvirs furent prévenus en même temps, car de grand matin ils envoyèrent les licteurs donner ordre au geôlier de relâcher les captifs. La loi Valeiia et la loi Porcia étaient formelles; l'application de la bastonnade à un citoyen romain constituait pour le magistrat un délit grave*. Paul, profitant de ses avantages, refusa de sortir ainsi en cachette; il exigea, dit-on, que les duumvirs vinssent eux-mêmes

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