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Édil de Justinien

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tocralie des penseurs se souciait peu des besoins sociaux qui se faisaient jour sous le couvert de tant de cultes grossiers. Un tel divorce est toujours puni. Quand la philosophie déclare qu'elle ne s'occupe pas de religion, la religion lui répond en l'étouffant, et c'est justice, car la philosophie n'est quelque chose que si elle montre à l'humanité sa voie, si elle prend au sérieux le problème infini qui est le même pour tous. L'esprit libéral qui régnait à Athènes assurait à Paul une pleine sécurité. Ni juifs ni païens ne tentèrent rien contre lui; mais cette tolérance même était pire que la colère. iVilleurs, la doctrine nouvelle produisait une vive réaction, au moins dans la société juive ; ici , elle ne trouvait que des auditeurs curieux et blasés. Il paraît qu'un jour les auditeurs de Paul, voulant obtenir de lui une exposition en quelque sorte officielle de sa doctrine, le conduisirent à l'Aréopage, et, là, le sommèrent de dire quelle religion il prêchait. Certes, il est possible que ce soit ici une légende, et que la célébrité de l'Aréopage ait porté le narrateur des ActeSj, qui n'avait pas été témoin oculaire, à choisir cet auditoire illustre pour y faire prononcer à son héros un discours d'apparat, une harangue philosophique ^ Cependant, celte hypothèse

i. Voir ci-dessous, p. 526, o45.

192 ORIGINES DU CHIIISTIANISMK. [An 53]

n'est pas nécessaire. L'Aréopage avait conservé sous les Romains son ancienne organisation ^ Il avait même vu ses attributions s'accroître par suite de la politique qui porta les conquérants à supprimer en Grèce les anciennes institutions démocratiques et à les remplacer par des conseils de notables. L'Aréopage avait toujours été le corps aristocratique d'Athènes; il gagna ce que perdit la démocratie. Ajoutons qu'on était à une époque de dilettantisme littéraire et que ce tribunal, par sa célébrité classique , exerçait un grand prestige. Son autorité morale était reconnue du monde entier *. L'Aréopage redevint ainsi, sous la domination romaine, ce qu'il avait été à diverses reprises dans l'histoire de la république athénienne, un corps politique, presque dégagé de fonctions judiciaires, le vrai sénat d'Athènes, n'intervenant qu'en certains cas et constituant une noblesse conservatrice de fonctionnaires retraités \ A partir du i" siècle de notre ère, l'Aréopage figure dans les inscriptions en tête des pou-

1. Val. Max., Il, vi, 3; Tacite, A/m., II, 53; Aulu-Gello, XII, 7; Ammien Marcellin, XXIX, ii, 19.

2. Val. Max.,Vm, i, amb., 2; Aulu-Gelle, Xlf, 7; Cic, Pro Qalho, 12; .Elius Aristide, PamUhen., p 314 (Dindorf).

3. Gicéron, De nal. deorum, II, 29; Pausanias, I, xxviii, 5-8; PluLaniue, An seni sit ger. resp., 20; Corp. inscr. gr., n"» 480. 3831.

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voirs d'Athènes , supérieur au conseil des Six-Cents et au peuple. Les érections de statues, en particulier, se font par lui ou du moins avec son autorisation*. Dans les années mêmes où nous sommes, il venait de décerner une statue à la reine Bérénice, fille d' Agrippa P"", avec lequel nous verrons bientôt Paul en rapports II semble que l'Aréopage exerçait aussi une certaine intendance sur l'enseignement'. C'était un haut conseil de censure religieuse et morale, auquel ressortissait tout ce qui concernait les lois, les mœurs, la médecine, le luxe, l'édililé, les

\. è PouXï) ■>) èÇ ApEtou Tîâpti, Ti P&'jXy) twv éçax.oaîwv, s ^Tip-o;. Voir Corp. inscr. gr., n"' 263, 313, 315, 316, 318, 320, 361, 370, 372, 377,378, 379, 380, 381, 397, 400, 402, 406, 413, 416, 417, 420, 421, 422, 426, 427, 433, 438, 444, 445, 446, 480, 3831 ; les n<" 8i, 104,146,149, 333,363,726 et 729 (cf. 727 et 728), 1008, 1010, de Pittakis, dans rÈtpriiAspl; àsxatoAo-^txin d'Athènes, 1838, 1839, 1840, 1841, 1842. Le n''726 est antérieur à l'ère chrétienne ; l'Aréopage seul y érige la statue. Les n"' 333 et 726 sont antérieurs à la domination romaine , et prouvent que l'Aréopage , dès une époque ancienne, eut le droit d'élever des statues. Voir aussi Rangabé, Antiquités helléniques, II, n° 1178; Ross, Demen, inscr. n"H41, 163, 165; Berichte der sàchs. Gesellschaft der Wiss.;, philol. Ci., XII, p. 218; *tX(oTO)p, t. Iir, p. 60, 363, 364, 463, 564, 565; t. IV, p. 83, 171; Ann. de l'insl. arch., t. XXXIV, p. 139, sans parler d'une ou deux inscriptions inédites.

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