Papias, dans Eusèbe, H. E., I!I, 39. 2, Rom., XVI
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plus personnel qu'il y ait jamais eu. La langue y est, si j'ose le dire, broyée; pas une phrase suivie. Il est impossible de violer plus audacieusement, je ne dis pas le génie de la langue grecque, mais la logique du langage humain ; on dirait une rapide conversation sténographiée et reproduite sans corrections. Timothée se forma vite à remplir auprès de son maître les fonctions de secrétaire, et, comme sa langue devait un peu ressembler à celle de Paul, il le vemplaça fréc|uemment. Il est probable que dans les Ëpîtres et peut-être dans les Actes nous avons plus d'une page de Timothée : telle était la modestie de cet homme rare que nous n'avons aucun signe certain pour les retrouver. •
Même quand Paul correspondait directement , il n'écrivait pas de sa propre main; il dictait \ Quelquefois, quand la lettre était finie, il la relisait; son âme impétueuse l'emportait alors ; il y faisait des additions marginales, au risque de briser le contexte et de produire des phrases suspendues ou enchevêtrées". Il envoyait la lettre ainsi raturée,
^. Rom., XVI, 22. Les passages Philénion, 49, et Gai., vi, 41, n'impliqifent pas que ces deux lettres fussent entièrement autographes; ce seraient là, en tout cas, des exceptions.
2. Par exemple, Rom., ii, 44-15; I Cor., viii, 1-3; Gai., ii, 6-7; VI, 1. Cf. Cic, Ad AU., V, 1. Pour se représenter l'aspect
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sans se soucier des innombrables répétitions de mots et d'idées qu'elle contenait. Avec sa merveilleuse chaleur d'âme, Paul a une singulière pauvreté d'expression. Un mot l'obsède S î1 le ramène dans une page à tout propos. Ce n'est pas de la stérilité ; c'est de la contention d'esprit et une complète insouciance de la correction du style. Pour éviter les fraudes nombreuses auxquelles donnaient lieu les passions du temps, l'autorité de l'apôtre et les conditions matérielles de l'épistolographie antique % Paul avait Coutume d'envoyer aux Églises un spécimen de son écriture, qui était facilement reconnaissable ' ; après quoi, il lui suffisait, selon un usage alors général, de mettre à la fin de ses lettres quelques mots de sa main pour en garantir l'authenticilé ''.
d'une Icllio de Piiul, voir l'apyrus grecs du Louvre et de la Bibl. irnp., dans les Notices et extraits, t. XVHI , 2<^ partie, pi. VI et suiv.; ou pi. xvH, ou pi. xxii (pap. 1S bis), ou pi. xlvi,
ou pi. LU.
1. Par exemple, xauxâopiai et ses dérivés, dans les deux épUres aux Corinthiens.
2. II Thess., Il, 2; Denys de Cor., dans Eus., //. E., IV, 23.