‹ Saint PaulChapitre 219 sur 417 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

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analogues h ces « collèges domestiques » dont on trouve vers le même temps des exemples au sein de la société païenne ^ Sans doute, dans les grandes villes qui possédaient plusieurs de ces Églises domestiques, il y avait des Eglises plénières où toutes es Eglises partielles se réunissaient*; mais, en gé- Inéral , l'esprit du temps était porté vers les petites sociétés. Toutes les grandes choses se sont ainsi fondées dans des centres peu considérables, où l'on est étroitement serré l'un contre l'autre, et où les âmes sont échauffées par un puissant amour.

Le bouddhisme seul jusque-là avait élevé l'homme à ce degré d'héroïsme et de pureté. Le triomphe du christianisme est inexplicable, quand on ne l'étudié qu'au IV® siècle. Il arriva pour le christianisme ce qui arrive presque toujours dans les choses humaines : il réussit quand il commençait à décliner moralement; il devint officiel quand il n'était déjà plus qu'un reste

<. Inscriptions dans Mommsen , De coll. el sod. Rom.j p. 78, note 25; 96; dans de Rossi, Roma soit., p. 209 ; Fabretti, Inscr. domest., p. 430 et suiv., p. 146, n" 178; Orelli, 2414, 4938; Gruter, 1117, 7; Amaduzzi, Anecd. litt., I, p. 476, n"» 39, 40; Pline, Epist., VIII, 16.

2. Ainsi Éphèse, qui avait au moins trois Églises particulières (Rom., XVI, 5, 14, 15), n'en constituait pas moins dans son ensemble une seule et même Église. Corinthe n'avait, ce semble* qu'une seule Église particulière (Rom., xvi, 23, texte grec).

m Or.IGINES DU CHRISTIANISME. [An ôi]

de lui-même; il eut de la vogue quand son vrai période d'originalité et de jeunesse était passé. Mais il n'en avait pas moins mérité sa haute récompense : il l'avait méritée par ses trois siècles de vertu, par la somme incomparable de goût pour le bien qu'il avait inspirée. Quand on songe à ce miracle, nulle hyperbole sur l'excellence de Jésus ne paraît illégitime. C'était lui, toujours lui qui était l'inspirateur, le maître, le principe de vie dans son Éghse. Son rôle divin grandissait chaque année, et c'était justice. Ce n'était plus seulement un homme de Dieu, un grand prophète, un homme approuvé et autorisé de Dieu, un homme puissant en œuvres et en paroles ; ces expressions , qui suffisaient à la foi et à l'amour des disciples des premiers jours S passeraient maintenant pour bien faibles. Jésus est le Seigneur, le Christ, un personnage entièrement surhumain, non Dieu encore, mais bien près de l'être. On vit en lui, on meurt en lui, on ressuscite en lui; presque tout ce qu'on dit de Dieu, on le dit de lui. Il est bien déjà une sorte d'hypostase divine, et, quand on voudra l'identifier à Dieu, ce ne sera qu'une affaire de vocabulaire, une simple « communication d'idiomes » , comme disent les théologiens. Nous verrons que Paul

<• AeL, 11, 22

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lui-même y arrivera : les formules les plus avancées que nous trouverons dans l'Epître aux Colossiens existent déjà en germe dans les épîtres plus anciennes. « Nous n'avons qu'un seul Dieu, le Père, d'où tout vient, et par lequel nous sommes; nous n'avons qu'un seul Seigneur, Jésus - Christ , par lequel tout existe \ » Quelques mots de plus, et Jésus sera le logos créateur - ; les formules les plus exagérées des consubstantialistes du iv* siècle peuvent déjà être pressenties.

L'idée de la rédemption chrétienne subissait dans les Églises de Paul une transformation analogue. On connaissait peu les paraboles, les enseignements moraux de Jésus ; les Évangiles n'existaient pas encore. Christ , pour ces Églises , n'est presque pas un personnage réel, ayant vécu; c'est l'image de Dieu ^ un ministre céleste, ayant pris sur lui les péchés du monde*, chargé de réconcilier le monde avec Dieu ; c'est un rénovateur divin, recréant tout à nouveau et abrogeant le passé ^ Il est mort pour tous; tous sont morts par lui au monde et ne doivent plus vivre que

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