‹ Saint PaulChapitre 245 sur 417 · Plaisanterie. Voir Phil., m, 2 et suiv · texte numérisé non relu

Plaisanterie. Voir Phil., m, 2 et suiv

322 ORIGIISES DU CHRISTIANISME. [An 5î]

duits par l'esprit, vous n'êtes plus sous la Loi. Les œuvres de la chair sont la fornication, Fimpureté, la lasciveté, l'idolâtrie, les maléfices, les haines, les disputes, l'envie, les colères, les altercations, les factions, les hérésies, les jalousies, l'ivresse, les débauches et autres choses semblables... Le fruit de l'esprit , au contraire, est l'amour, la joie, la paix, la patience, l'honnêteté, la bonté, la foi, la douceur, la tempérance. Contre de telles choses, il n'y a pas de Loi. Ceux qui sont acquis à Christ Jésus ont crucifié leur chair avec ses passions et ses désirs... »

Paul dicta cette épître tout entière d'un seul trait, comme rempli d'un feu intérieur. Selon son usage, il écrivit de sa main en post-scriptum :

Remarquez bien ces caractères \ ils sont de vta main.

Il semblait naturel qu'il terminât par la salutation d'usage; mais il était trop animé; son idée fixe l'obsédait. Le sujet épuisé, il y rentre encore par quelques traits vifs :

Des gens qui veulent plaire par la chair* vous forcent à vous faire circoncire,, à seule fin de nélre

1 . Gai., VI, 1 1 . iiyiXî/toiç 7f)a'(;.p.zaiv n'implique pas nécessaireraent l'idée de « grosses lettres ».

2. C'est-à-dire : se relever aux } eux de la société juive par un avantage charnel très-estimé d'elle.

[An 55] SAINT PAUL. 323

pas persécutés au nom de la croix du Christ. Ces circoncis^ en effets n'observent pas la Loi; mais ils veulent que vous soyez circoncis, afin de se glorifier en votre chair ^. Pour moi. Dieu me garde de me glorifier, si ce nest en la croix de Notre -Seigneur Jésus- Christ, par lequel le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde; car en Christ Jésus la circoncision n'est rien, le prépuce n'est rien ; ce qui est tout, c'est d'être créé à nouveau^. Paix et miséricorde sur tous ceux qui observeront cette règle, et sur r Israël de Dieu \ 3Iais qu'à l'avenir personne ne nte suscite plusde tracasseries; car je porte les stigmates de Jésus ^ en mon corps. La grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit, frères. Amen.

Paul expédia la lettre sur-le-champ. S'il eût pris une heure de rénexion , on peut douter qu'il l'eût laissée partir. On ignore à qui elle fut confiée; Paul sans doute la fit porter par un de ses disciples,

\ . G'est-à-dire : so faire valoir auprès des juifs en présentant les nouveaux circoncis comme autant de conquêtes.

2. Il se répète sans s'en apercevoir. Corap. v, 6 ; comp. aussi I Cor., VII, 19.

3. Les chrétiens circoncis sincères, en opposition avec « l'Israël selon la chair », les juifs qui tirent vanité de la circoncision.

4. Les traces des coups de fouet et des coups de bâton qu'il a reçus, ot qui le font ressembler à Jésus cruciflé.

324 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 54]

qu'il chargea d'une tournée en Galatie. L'épître, en effet, n'est pas adressée à une communauté particulière^ ; aucune de ces petites Églises de Derbé, de Lystres , d'Iconium , d'Antioche de Pisidie, n'était assez considérable pour servir de métropole aux autres; l'apôtre, d'un autre côté, ne donne aux destinataires aucune instruction sur la manière de faire circuler sa lettre'. — On ignore aussi l'effet que la lettre produisit sur les Galates. Sans doute elle confirma le parti de Paul ' ; il est probable cependant qu'elle n'éteignit pas entièrement le parti contraire. Presque toutes les Eglises désormais seront divisées en deux camps. Jusqu'à la ruine de Jérusalem (an 70), l'Église de Judée maintiendra ses prétentions. Ce n'est qu'à la fin du premier siècle qu'une réconciliation véritable s'opérera, un peu aux dépens de la gloire de Paul , qui sera durant près de cent ans rejetée dans l'ombre, mais pour le plein triomphe de ses idées fondamentales. Les judéo-chrétiens, à partir de ce moment-là , ne seront plus qu'une secte de vieux entêtés, expirant lentement et obscurément, et ne finissant que vers le v*' siècle * dans des cantons

i. Gai., I, 2.

Page 1