I Cor., XVI
386 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 57
ciple , inconnu du reste , nommé Sosthène , et , par une attention délicate , il voulut que le nom de ce disciple figurât dans la suscription de la lettre, à côté du sien ' .
Il débute par un appel à la concorde, et, sous apparence d'humilité, par une apologie de sa prédication :
«Que m'apprend-on? Que voici les paroles qu'on entend parmi vous : « Moi, je suis du parti de Paul ; — moi, de celui « d'Apollos; — moi, de celui de Céphas; — moi, de celui de « Christ. )) Est-ce que le Christ est divisé ? Est-ce que Paul a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés? Je remercie Dieu de ce que je n'ai baptisé aucun d'entre vous, si ce n'est Crispus et Caïus, pour que l'on ne puisse dire que vous avez été baptisés en mon nom. J'ai baptisé aussi la maison de Stéphanas ; à cela près, je ne sais si j'ai baptisé personne, le Christ ne m'ayant pas envoyé pour baptiser, mais pour prêcher, et pour prêcher sans aucune des habiletés de la science profane, afin de ne pas rendre inutile la croix du Christ. La prédication de la croix, en effet, est folie pour les hommes perdus; pour nous, les sauvés, elle est la puissance de Dieu ; car il est écrit : « Je « perdrai la sagesse des sages, je rendrai vaine la prudence « des prudents^. » Où est le sage? où est le scribe? où est le disputeur mondain ? Dieu n'a-t-il pas rendu folle la sagesse
<. I Cor., I, 1. Comp. xvi, 21 2. Is., XXIX, 14.
(An 57] SAINT PAUL, 387
du monde? Le monde, en effet, n'ayant pas su par la philosophie connaître Dieu en la sagesse de ses œuvres, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles ^ ; les Grecs veulent de la philosophie ; pour nous, nous prêchons Christ crucifié, scandale pour les juifs, folie pour les gentils, mais pour les appelés, soit juifs, soit gentils, Christ, puissance de Dieu, sagesse de Dieu; car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. Considérez en effet votre vocation, frères: il n'y a pas parmi vous beaucoup de sages selon la chair, beaucoup de puissants, beaucoup de nobles; Dieu a choisi ce qui est fou selon le monde pour confondre les forts, ce qui est ignoble et méprisé selon le monde, disons mieux, ce qui n'est pas pour anéantir ce qui est, afin qu'aucune chair ne se glorifie en sa présence...
« Pour moi, frères, quand je vins à vous, je ne vins pas vous porter le témoignage de Dieu avec le prestige de l'éloquence ni de la philosophie. Tandis que j'ai été parmi vous, je n'ai jugé savoir qu'une seule chose, Jésus-Christ, et Jésus- Christ crucifié. Tout ce temps, je l'ai passé dans la faiblesse, la crainte, le tremblement; mes discours, ma prédication ne puisaient pas leur force dans les arguments de la philosophie, ils la puisaient dans les démonstrations vives de l'Esprit et de la puissance divine*, afin que votre foi ne reposât pas sur la sagesse des hommes, mais sur la force de Dieu.
(( Nous avons bien notre sagesse, mais nous ne l'exposons