‹ Saint PaulChapitre 31 sur 417 · Cimiiero degli anlichi Ebrei, p · texte numérisé non relu

Cimiiero degli anlichi Ebrei, p

INTllODUGTION. i.xix

adressés à l'Eglise de Rome, ils ont été adressés à l'Église d'Éphèse. Les versets 17-20 ne peuvent davantage avoir été adressés aux Romains. Saint Paul y reprend le mot qui lui est habituel, quand il donne un ordre à ses disciples (Trapr/.a'Xôj) ; il s'exprime avec une extrême aigreur sur les divisions semées par ses adversaires ; on sent qu'il est Là en famille ; il sait l'état de l'Eglise à laquelle il s'adresse ; il se fait gloire de la bonne réputation de cette Eglise ; il se réjouit d'elle comme un maître de ses élèves (39' ûaiv //.ipto) . Ces versets n'ont pas de sens, si on les suppose adressés par l'apôtre à une Eglise qui lui aurait été étrangère; chaque mot prouve qu'il avait prêché ceux à qui il écrit, et qu'ils étaient sollicités par ses ennemis. Ces versets ne peuvent avoir été adressés qu'aux Corinthiens ou aux Éphésiens. L'épîlre à la fin de laquelle ils se trouvent fut écrite de Gorinthe ; ces versets, qui constituent une finale de lettre, ont donc été adressés à Éphèse. Comme nous avons montré que les versets 3-16 ont été également adressés aux fidèles d'Éphèse, nous obtenons ainsi un long fragment (xvi, 3-20) qui a dû faire partie d'une lettre aux Éphésiens. Dès lors, il devient plus naturel de rattacher à ces versets 3-20 les versets 1-2 du même chapitre, versets qui pourraient être considérés comme un post-scriptum après VAmen, mais qu'il

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vaut mieux rapporter à ce qiii suit. Le voyage de Phœbé est ainsi plus vraisemblable. Enfin, les recommandations assez impératives de xvi , 2 , et le motif dont Paul les appuie , se comprennent mieux , adressés aux Éphésiens, qui avaient tant d'obligations à l'apôtre, qu'aux Romains, qui ne lui devaient rien.

Les versets 21-24 du chapitre xvi ' n'ont pu, mieux que ce qui précède, faire partie d'une cpîtrc aux Romains. Pourquoi toutes ces personnes, qui n'avaient jamais été à Rome, qui n'étaient pas connues des fidèles de Rome, salucraicnt-clles ces derniers ? Que pouvaient dire à l'Eglise de Rome ces noms d'inconnus ? Une remarque bien importante, c'est que ce sont tous des noms de Macédoniens ou de gens qui pouvaient connaître les Eglises de Macédoine. Le verset 24 est une finale de lettre. Les versets xvi, 21-24, peuvent donc être une fin de lettre adressée aux Thcssalonicicns.

Les versets 25-27 nous olTrcnt une nouvelle finale, qui n'a rien de topique, et qui, comme nous l'avons déjà dit, se trouve dans plusieurs manuscrits, à la fin du chapitre xiv. Dans d'autres manu-

4. Sur l'incertitude des manuscrits à propos de la place du verset 24, voir Griesbach, iXov. Test., II, p. 222.

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scrits, en particulier dans le Bœrnerianus et VAugiensis (partie grecque), cette finale manque*. Sûrement, ce morceau n'a pas fait partie de l'épUre ûux Romains, terminée au verset xv, 33, ni de l'cpître aux Éphcsiens , terminée au verset xvi, 20, ni de l'cpître aux Eglises de Macédoine, qui finit par le verset xvi, 2/i. Nous arrivons donc à ce singulier résultat que l'épître finit quatre fois, et dans le Codex Alexandrinus cinq fois. Cela est absolument contraire aux habitudes de Paul , et même au bon sens. Il y a donc ici un trouble, provenant de quelque accident particulier. Faut-il, avec Marcion» et avec Baur, déclarer apocryphes les deux derniers chapitres de l'épître aux Romains? On est surpris qu'un critique aussi habile que Baur se soit contenté d'une solution aussi grossière. Pourquoi un faussaire aurait-il inventé de si insignifiants détails? Pourquoi aurait -il ajouté à l'ouvrage sacré une liste de noms

1. Voir les éditions de ces Codices données par MattliaGi (Meis- €cn , 1791) et par Scrivener (Cambridge, 1839), ou Griesbach, Nov. Tesl.j II, p. 212. Dans le Bœrnerianus, un espace blanc est laissé à la fin du ch. xiv. Dans le Claromonlanus, le pnssage se trouve à la lin du cli. xvi, mais on sent que les correcteurs l'ont tenu pour suspect. (Tiscliendorf, Codex Clarom,, p. ooO.)

2. Voir Origcne, Co?nment. sur l'Épîlre aux Iio?n.j livre X, 43, il rsl évidenlqu'ici Marcion n'était conduit par aucune vue dogma- ■iique.

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propres? Au premier et au second siècle, les auteurs d'apocryphes avaient presque tous un intérêt dogmatique; on interpolait les écrits apostoliques en vue d'une doctrine ou d'une discipline à établir. Nous croyons pouvoir proposer une hypothèse plus satisfaisante que celle de Baur. Selon nous , l'épître dile aux Romains, i" n'a pas été adressée tout entière aux Romains, 2° n'a pas été adressée aux seuls Romains.

Saint Paul, en avançant dans sa carrière, avait pri's le goût des épîtres encycliques \ destinées à être lues dans plusieurs Églises ^ Nous supposons que le fond de l'épître aux Romains fut une encyclique de ce genre. Saint Paul, au moment de sa pleine maturité, l'adresse à ses plus importantes Eglises, au moins à trois d'entre elles, et, par exception ^ il l'adresse aussi à l'Église de Rome. Les quatre finales tombant aux versets xv, 33; xvi, liO; xvi , 2/i; XVI, 27, sont les finales des divers exemplaires expé-

1. Voir Col , IV, -16, et ci-dessus, p. xx et suiv. 11 est remarquable que l'auteur de la/" Peh^i, lequel fait usage des épîtres de Paul, se sert principalement de l'épître aux Romains et de l'épître aux Éphésiens, c'est-à-dire des deux épîtres qui sont des traités généraux, des catéchèses.

2. Nous verrons les éj)îlres dites « catholiques » sorlir d'unt habitude analogue.

INTRODUCTION. lxxiii

diés. Quand on fit l'édition des épîtres, on prit pour base l'exemplaire adressé à l'Église de Rome'; mais, afin de ne rien perdre , on mit à la suite du texte ainsi constitué les parties variantes et notamment les diverses finales des exemplaires qu'on abandonnait *. Par là s'expliquent tant de singularités : i° le double emploi que fait le passage xv, 1-13, avec les chapitres XII, XIII, XIV, chapitres qui, ne convenant qu'à des Églises fondées par l'apôtre, ne devaient pas se trouver dans l'exemplaire envoyé aux Romains, tandis que le passage xv, 1-13, ne peut convenir à des disciples de Paul et convient au contraire parfaite-

1. Peut-être l'édition des lettres de Paul se fit-elle à Rome.

2. Voici comment on pourrait supposer construits les quatre exemplaires :

1° Exemplaire de l'Église de Rome : les onze premiers ciiapitres, -f le chapitre xv entier;

2" Exemplaire de l'Église d'Éphèse : les quatorze premiers chapitres (avec des modifications dans la première moitié du premier chapitre], + xvi, 1-20;

3» Exemplaire de l'Église de Thessalonique : les quatorze premiers chapitres (avec des modifications dans la première moitié du premier chapitre), + xvi, 21-24;

4° Exemplaire adressé à une Église inconnue : les quatorze premiers chapitres (avec des modifications dans la première moitié du premier chapitre), + xvi, 25-27, versets qui, comme nous l'avons déjà dit, font, dans beaucoup de manuscrits, suite immédiale aux derniers mois du chapitre xiv.

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ment aux Romains; 2° certains traits de l'épître qui ne s'adaptent que médiocrement aux fidèles de Rome et iraient même jusqu'à l'indiscrétion , s'ils étaient adressés uniquement à ces derniers * ; 3" les hésitations des meilleurs critiques sur la question de savoir si l'épître a été adressée à des païens convertis, ou à des judéo-chrétiens', hésitations toutes simples en notre hypothèse, puisque les parties principales de l'épître auraient été composées pour servir à plusieurs Églises à la fois; 4° ce qu'il y a de surprenant à ce que Paul compose un morceau si capital uniquement en vue d'une Eglise qu'il ne connaissait pas et sur laquelle il n'avait que des droits contestables ; 5° enfin les particularités bizarres des chapitres XV et XVI, ces salutations à contre -sens, ces quatre finales dont trois ne se trouvaient certainement pas dans l'exemplaire envoyé à Rome. On verra dans la suite du présent volume combien cette hypothèse s'accorde bien avec toutes les autres nécessités de la vie de saint Paul.

N'omettons pas le témoignage d'un important manuscrit. Le Codex Dœrnerianus omet l'indication de Rome aux versets 7 et 15 du premier cha-

4. Nolez surtout les passages suivants : ii, <6; xi, -13, xvi, 25. 2. Voir ci-dessous, p. 483, note 5.

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pitre \ On ne saurait dire que c'est là une omission faite en vue des lectures dans les églises; le manuscrit Bœrnérien , œuvre des philologues de Saint- Gai! , vers l'an 900, se propose un but purement exégétique et a été copié sur un très- vieux manuscrit. Les notes suffiront pour expliquer au lecteur la nature des autres documents que j'ai employés et l'usage que j'en ai fait. Je ne crois avoir négligé aucun moyen d'information et de contrôle. J'ai vu tous les pays dont il est question dans ce volume, excepté la Galatie. Pour la partie talmudique, j'ai eu la savante collaboration de M. Joseph Derenbourg et de M. Neubauer. Pour la géographie, j'ai conféré des points difficiles avec MM. Perrot, Heuzey, Ernest Desjardins, et surtout avec M. Kiepert, qui a bien voulu dresser la carte jointe à ce volume. Pour la partie grecque et latine, notamment pour l'épigraphie, trois confrères dont l'amitié a pour moi un prix infini, MM. Léon Renier, Egger, Waddington, m'ont permis de recourir sans cesse à leur critique exercée et à leur profond savoir. M. Waddington , en particulier, connaît si parfaitement la Syrie et l'Asie Mineure , que , dans les questions relatives h

4. Au vers. 7, on lit : toT; ouoiv èv à-yâ;Ty; Oecù; au v. 45 : û(*w •ùaTnfîXidocaaat. Voir l'édition de Matihœi (Meissen, 1791).

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ces pays , je ne sens jamais ma conscience en repos si je n'ai réussi à me mettre d'accord avec ce sagace et judicieux explorateur.

J'ai regretté de ne pouvoir donner place en ce livre au récit des derniers temps de la vie de saint Paul; mais il eût fallu pour cela grossir démesurément le volume. De plus, le troisième livre aurait ainsi perdu quelque chose de la solidité historique qui le caractérise. Depuis l'arrivée de Paul à Rome, en effet, on cesse de poser sur le terrain des textes incontestés ; on recommence à se débattre dans la nuit des légendes et des documents apocryphes. Le prochain volume (quatrième livre de l'Histoire des origines du christianisme) présentera la fin de la vie de Paul, les événements de la Judée, la venue de Pierre à Rome (je la tiens pour probable) , la persécution de Néron, la mort des apôtres, l'Apocalypse, la prise de Jérusalem, la rédaction des Évangiles synoptiques. Puis, un cinquième et dernier volume comprendra la rédaction des écrits moins anciens du Nouveau Testament, les mouvements intérieurs des Églises d'Asie Mineure , les progrès de la hiérarchie et de la discipline, la naissance des sectes gnostiques, la constitution définitive d'une orthodoxie dogmatique et de l'épiscopat. Une fois le dernier écrit du Nouveau Testament rédigé, une fois

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Tautorité de l'Église constituée et armée d'une sorte de pierre de touche pour discerner l'erreur de la vérité, une fois que les petites confréries démocratiques du premier âge apostolique ont abdiqué leurs pouvoirs entre les mains de l'évêque, le christianisme est complet. L'enfant grandira encore; mais il a tous ses membres; ce n'est plus un embryon; il n'acquerra plus d'organe essentiel. Vers le même temps, d'ailleurs , les derniers liens qui attachaient l'Église chrétienne à sa mère, la synagogue juive, sont coupés ; l'Église existe comme un être indépendant; elle n'a plus pour sa mère que de l'aversion. L'histoire des origines du christianisme finit à ce moment. J'espère qu'il me sera donné avant cinq ans d'achever cette œuvre , à laquelle j'ai voulu réserver les plus mûres années de ma vie. Elle m'aura coûté bien des sacrifices, surtout en m'excluant de l'enseignement du Collège de France, second but que je m'étais proposé. Mais il ne faut pas être trop exigeant; peutêtre celui à qui, sur deux desseins, il a été donné d*en réaliser un, ne doit-il pas accuser le sort, surtout s'il a compris ces desseins comme des devoirs.

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