‹ Saint PaulChapitre 317 sur 417 · I Cor., XVI · texte numérisé non relu

I Cor., XVI

[An 57] SAINT PAUL. 419

d'autorité. L'apôtre recommanda de la manière la plus instante qu'on traitât Timothée comme lui-même, et exprima le désir qu'on le lui renvoyât le plus tô^ possible. 11 ne voulait pas quitter Éphèse sans ce précieux compagnon , doat la présence était devenue pour lui une sorte de besoin.

Paul pressa fortement Apollos de se joindre à Stéphanas et de retourner à Corinthe; mais Apollos aima mieux ajourner son départe A partir de ce moment, on le perd de vue. La tradition, cependant, continue de le regarder comme un disciple de Paul ". Il est probable, en effet, qu'il continua sa carrière apostolique, mettant au service de la doctrine chrétienne son érudition juive et sa parole élégante.

Paul, cependant, roulait des projets sans bornes', où il croyait, selon sa constante habitude, voir des dictées de l'Esprit. Il arrivait à Paul ce qui arriye

i. 1 Cor., XVI, 12.

2. Tit., m, 13. Cette épître est apocryphe et témoigne seulement de l'opinion qu'on se formait sur l'entourage de Paul, à l'époque oii elle fut écrite.

3. Ceux qui maintiennent l'authenticité des ép«res à Timothée et à Tito placent ici un voyage de Paul non mentionné par les Actes, et dont l'itinéraire aurait été: Éphèse, la Crète, Corinthe, Nicopolis d'Épire, la Macédoine, Éphèse. Nous avons exposé dans l'introduction (p. xxx et suiv., xxxix et suiv.} les raisons qui BOUS empi^ichent d'admettre cette hypothèse.

420 ORIGINES DU CHRISTIA^'lSME. [An 57)

souvent aux personnes habituées à un genre d'activité : il ne pouvait plus se passer de ce qui avait fait l'occupation de sa vie. Les voyages étaient devenus pour lui un besoin, il en cherchait les occasions. Il voulait revoir la Macédoine, l'Achaïe, puis visiter de nouveau Jérusalem, puis repartir pour tenter de nouvelles missions en des pays plus éloignés et jusque-là non atteints par la foi, tels que l'Italie, l'Espagne ^ L'idée d'aller à Rome le tourmentait* : « Il faut que je voie Rome, » disait-il souvent ^ Il devinait que le centre du christianisme serait un jour là, ou du moins que des événements décisifs se passeraient là. Le voyage de Jérusalem se rattachait pour lui à un autre projet qui le préoccupait beaucoup depuis un an.

Pour calmer les susceptibilités jalouses de l'Église de Jérusalem , et répondre à une des conditions de la paix qui fut signée lors de l'entrevue de l'an 51*, Paul avait préparé une grande collecte dans les Eglises d'Asie Mineure et de Grèce. Nous avons déjà vu qu'un des liens qui marquaient la dépendance des Églises provinciales à l'égard de celles de Judée,

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