‹ Saint PaulChapitre 371 sur 417 · Le Talmud est l'expression de ces scrupules sans fin · texte numérisé non relu

Le Talmud est l'expression de ces scrupules sans fin

2. Voir Vie de Jésus j p. SSO-Sol ; ci-dessus, p. 465 et suiv . ci-dessous, t. IV, quand il sera question de l'Épître aux Colossiena. Comp. Pseudo-Heraclite, vu" lettre, lignes 87-89 (Bernays)

488 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 58]

prévenir les offenses, puisque nul ne viole un précepte par lequel il ne se croit pas obligé.

Le grand tourment des âmes délicates est le scrupule ; qui les en soulage est sur elles tout-puissant. Une des habitudes les plus ordinaires de la dévotion des sectes piétistes en Angleterre est de concevoir Jésus comme celui qui décharge la conscience, rassure le coupable, calme l'âme pécheresse, déhvre de la pensée du maP. Accablé sous le sentiment du péché et de la condamnation , Paul de même ne trouve la paix qu'en Jésus. Tous sont pécheurs, tous jusqu'au dernier, tous le sont à cause de leur descendance d'Adam *. Le judaïsme, par ses sacrifices pour le péché, avait établi l'idée de comptes en quelque sorte ouverts entre l'homme et Dieu, de rémission et de dettes; idée assez fausse, car le péché ne se remet pas, il se répare; un crime commis durera jusqu'à la fin des temps; seulement, la conscience qui l'a commis peut se redresser et produire des actes tout contraires. Le pouvoir de remettre les péchés était un de ceux qu'on croyait avoir été conférés par Jésus à ses disciples. L'Église n'en eut pas de plus précieux. Avoir commis un

4. Elisabeth Welherell. Cf. Maltli.,xi, 28. 2. Voir l'expression juive du même sentiment dans le IV* livre d'Esdras, ni, 21-22; iv, 30; vu, 46 et suiv.; viii, 35 et suvv.

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crime, avoir la conscience bourrelée, fut un motif pour se faire chrétien. « Voici une loi qui va vous délivrer de péchés dont vous n'avez pu être justifiés par la loi de Moïse*, » quoi de plus tentant pour le juif? Une des raisons qui fixèrent, dit-on, Constantin dans le christianisme fut la croyance que les chrétiens seuls avaient des expiations pour tranquilliser l'âme d'un père qui avait tué son fils\ Le miséricordieux Jésus, pardonnant à tous, accordant même une sorte de préférence à ceux qui ont péché, apparut dans ce monde troublé comme le grand pacificateur des âmes^ On se prit à se dire qu'il était bon d'avoir péché, que toute rémission était gratuite, que la foi seule justifiait \

Une particularité des langues sémitiques explique un tel malentendu et excuse cette psychologie morale incomplète. La forme hiphil signifie à la fois l'effectif et le déclaratif , si bien que hasdik veut dire également « rendre juste » et « déclarer

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