‹ Saint PaulChapitre 377 sur 417 · Rom., XV · texte numérisé non relu

Rom., XV

3. L'assertion contraire est une supposition gratuite ou ne repose que sur des docun>ents apocryphes. Voir Jost, Geschichte der Israelilen, V, 12 et suiv.; Amudor de los Rios, Esludios sobre los Judios de Espaîia (Madrid, 1848), c. i.

{An 58] SAliNï PAUL. 495

jusqu'aux confins de la terre et que la prédication de l'Évangile est pleinement accomplie \

Nous verrons que des circonstances indépendantes de sa volonté empêchèrent Paul de réaliser la seconde partie du plan grandiose qu'il s'était proposé. Il avait de quarante - cinq à quarante -huit ans; il eût certes trouvé encore le temps et la force de faire dans le monde latin une ou deux de ces missions qu'il avait conduites dans le monde grec avec tant de bonheur ; mais le fatal voyage de Jérusalem renversa tous ses desseins. Paul sentait les périls de ce voyage; tout le monde les sentait autour de lui. Il ne pouvait, néanmoins, renoncer à un projet auquel il attachait beaucoup d'importance. Jérusalem devait perdre Paul. C'était pour le christianisme naissant une condition des plus défavorables d'avoir sa capitale dans un foyer de fanatisme aussi exalté. L'événement qui, dans dix ans, détruira de fond en comble l'Église de Jérusalem rendra au christianisme le plus grand service qu'il ait jamais reçu dans le cours de sa longue histoire. La question de vie ou de mort était de savoir si la secte naissante se dégagerait ou non du judaïsme. Or, si les saints de Jérusalem, groupés

1. Clem. Rom., Episl. ad Cor. I,o\ II Cor., x, 13-16; Rom, XV, 19, 23-24; xvi, 26; Il Tim., iv, 17. Cf. Epist. Clem. adJac (en tète des Homélies), § 1.

406 ORIGINES DU CHRISTIANISME. (An 58J

autour du temple, fussent toujours restés l'aristocratie, et, pour ainsi dire, « la cour de Rome >» du christianisme, cette grande rupture ne se fût pas faite; la secte de Jésus, comme celle de Jean, se fût éteinte obscurément, et les chrétiens seraient perdus parmi les sectaires juifs du premier et du second siècle

GHAPITKE XVIII.

BETOCB DE PACL A JÉBl'SALEM.

Paul et les députés des Églises partirent donc de Kenchrées, ayant avec eux les cotisations des fidèles pour les pauvres de Jérusalem , et se dirigèrent vers la Macédoine ^ C'était ici en quelque sorte le premier pèlerinage de terre sainte, le premier voyage d'une troupe de pieux convertis au berceau de leur foi. Il semble que le navire, pendant une partie du voyage % fut nolisé à leurs frais et qu'il obéissait à leurs ordres; mais ce devait être une simple barque pontée. On faisait quinze ou vingt lieues par jour ; chaque soir, on s'arrêtait pour passer la nuit dans les îles ou les ports dont la côte est

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