Aujourd'hui Kastro de Métélin
2. Sans doute à la capitale de l'île, aujourd'hui Port Tigani, près du village de Cora.
3. Strabon, XIV, i, 12, 13, i4; Pline, V, 31 ; Ptolémée, V, ii, 8. Voir les cartes de l'amirauté anglaise, n"" 1530 et 1555.
4. Strabon, XIV, i, 6. Les atterrissements du Méandre oit rejeté Milet (aujourd'hui Palatia) dans les terres (carte de l'amirauté, n" 1555).
502 ORIGINES DU CHRISI'^ANISME. [An 58]
ques lieues d'elle, et pour inviter les anciens ou surveillants à, venir le trouver. Ils vinrent avec empressement, et, quand ils furent réunis, Paul leur adressa un discours touchant, résumé et dernier mot de sa vie apostolique* :
« Depuis le jour où je suis venu en Asie, vous savez ce que j'ai été pour vous. Vous m'avez vu servir Dieu dans l'humilité, les larmes, les épreuves, et employer toutes mes forces à prêcher aux juifs et aux gentils le retour à Dieu et la foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et maintenant, voilà que, lié par l'Esprit, je vais à Jérusalem. Je ne sais ce qui m'y attend; je sais seulement que, de ville en ville, l'Esprit-Saint m'annonce - que des chaînes et des tribulations m'attendent. Mais peu m'importe; je fais volontiers le sacrifice de ma vie, pourvu que j'achève ma course et que j'accomplisse la mission que j'ai reçue du Seigneur Jésus, de rendre témoignage à l'Évangile de la grâce de Dieu. 0 vous tous à qui
i. Le narrateur des Actes fut présent à ce discours; mais il est clair qu'il ne faut pas chercher ici de reproduction littérale. Le narrateur aura, sans s'en douter, modifié le discours selon la disposition d'esprit où il était en écrivant son récit. La prédiction du verset 25 ne s'accorde pas bien avec Phil., ii, 2i, et Philem., 22.
2. Par des songes et des pressentiments, ou par des indices fortuits tenus pour prophétiques, ou par des propliùlcs : comp. Acl., XXI, 4, 10 et suiv.
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j'ai annoncé le royaume, je sais que vous ne verrez plus mon visage ; je proteste donc aujourd'hui que je suis innocent de la perte de ceux qui périront; car je n'ai rien négligé pour vous faire connaître la volonté de Dieu. Veillez sur vous-mêmes et sur tout le troupeau auquel l'Esprit-Saint vous a donnés pour surveillants; soyez les vrais pasteurs de l'Eglise que le Seigneur a acquise par son sang; car je sais qu'après mon départ des loups rapaces tomberont sur vous et n'épargneront pas le troupeau. Et du milieu de vous se lèveront des hommes proférant des discours pervers, pour attirer des disciples après eux ^ Veillez donc, vous souvenant que, durant trois années , je n'ai cessé jour et nuit d'exhorter chacun avec larmes. Et maintenant, je vous recommande à la grâce de Dieu, qui peut vous donner une place parmi les sanctifiés. Je n'ai désiré ni l'argent, ni l'or, ni le vêtement d'aucun de vous. Vous savez que ces mains ont pourvu à mes besoins et à ceux de tous mes compagnons. Je vous ai montré comment on peut par le travail avoir encore de quoi secourir les pauvres et justifier la parole du Seigneur : « Il y a « plus de bonheur à donner qu'à recevoir. »
i . Ici Fauteur des Actes force la nuance et nous offre des idées, non de l'an 58, oii nous sommes, mais de l'an 75 ou 80.
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Tous alors s'agenouillèrent et prièrent. On n'entendait qu'un sanglot étouffé. La parole de Paul : « Vous ne verrez plus mon visage, » leur avait percé le cœur. Chacun à leur tour, les anciens d'Éphèse s'approchèrent de l'apôtre, appuyèrent leur tête sur son cou et l'enfibrassèrent. Ils le conduisirent ensuite au port et ne quittèrent le rivage que quand le navire appareilla, entraînant l'apôtre loin de cette mer Egée qui avait été comme le champ clos de ses luttes et le théâtre de sa prodigieuse activité.
Un bon vent arrière porta la troupe apostolique du port de Milet à Cos. Le lendemain, elle atteignit Rhodes*, et, le troisième jour, Patare-, sur la côte de Lycie. Là, ils trouvèrent un navire qui chargeait pour Tyr. Le petit cabotage qu'ils avaient fait jusque-là au long des côtes d'Asie les eût fort attardés, s'il eût dû se continuer au long des côtes de Pamphylie, de Cilicie, de Syrie et de Phénicie. Ils préférèrent couper court , et , laissant là leur premier navire, ils montèrent sur celui qui faisait voile pour la Phénicie. La côte occidentale de Chypre était juste sur leur chemin. Paul put voir de loin cette Néa- Paphos, qu'il avait visitée treize ans auparavant, au
1. Les chefs-lieux des îles de Cos et de Rhodes sont restés au même point que dans l'antiquité.
%. Aujourd'hui ruinée.
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début de sa carrière apostolique. II la laissa sur sa gauche, et, au bout d'une navigation qu'on peut supposer avoir été de six ou sept jours, il arriva à Tyr.
Tyr avait une Église, datant des premières missions qui suivirent la mort d'Etienne». Quoique Paul n'eût été pour rien dans sa fondation, il y était connu ^ et aimé. Dans la querelle qui divisait la secte naissante, dans ce grand déchirement entre le judaïsme et l'enfant étrange auquel le judaïsme donnait le jour, l'Église de Tyr était décidément du parti de l'avenir. Paul y fut très-bien reçu et y passa sept jours. Tous les inspirés de l'endroit le détournèrent fort d'aller à Jérusalem; ils disaient avoir des manifestations de l'Esprit absolument contraires à ce plan. IMais Paul persista, et nolisa une barque pour Ptolémaïde \ Le jour du départ, tous les fidèles avec leui"s femmes et leurs enfants le conduisirent hors de la ville sur le rivage. La pieuse compagnie s'agenouilla sur le sable et pria. Puis on se dit adieu ; Tapôtre et ses compagnons se rembarquèrent et les T^) riens retournèrent tristes chez eux.
Le jour même, on fut à Ptolémaïde. Là aussi, il y avait quelques frères ; on alla les saluer et on de-