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Episi. I ad Cor

(Ad 58] SAINT PAUL. 523

plissait les prescriptions avec les nazirs. « Au secours ! enfants d'Israël, crièrent-ils. Voici l'homnle qui déclame partout contre le peuple juif, contre la Loi, contre ce saint lieu. Voici le profanateur du temple, celui qui a introduit des païens dans le sanctuaire. » Toute la ville fut bientôt en émoi. Une grande foule s'assembla. Les fanatiques s'emparèrent de Paul ; leur volonté arrêtée était de le tuer. Mais verser le sang dans l'intérieur du temple eût été une pollution du lieu saint. On entraîna donc Paul hors du temple, et à peine fut-il sorti que les lévites fermèrent les portes derrière lui. On se mit alors en devoir de l'assommer. C'en était fait de lui , si l'autorité romaine, qui seule maintenait dans ce chaos une ombre d'ordre, ne fût intervenue pour l'arracher d'entre les mains des forcenés.

Le procurateur de Judée, surtout depuis la mort d' A grippa I", résidait habituellement à Césarée \ ville profane, ornée de statues, ennemie des Juifs et l'opposé en tout de Jérusalem - . Le pouvoir romain à Jérusalem était, en l'absence du procurateur, repré-

1. Tacite, Hist.,ll, 79. Déjà Pilate y résida: Jos., Ant., XVIII , m, 1; B. J., II, IX, 2-3, non cependant habituellement : l'hilon, Le g., 38.

2. Jos., Anl.,yiX^ VIII, 7, 9; B. /.^ II, X.UI, 7; xiv, 4 et suiv.; xvni, 1 ; III, IX, 1 ; VII, m, I ; Philon, Leg., 38.

S24 ORIGI^]^:S DU CHRISTIANISME. [An 58]

sente par le tribun de la cohorte, lequel résidait avec toute sa force armée dans la tour Antonia, à l'angle nord-ouest du temple. Le tribun, à ce moment, était un certain Lysias, Grec ou Syrien d'origine, qui, par des protections achetées à prix d'argent, avait obtenu de Claude le titre de citoyen romain, et avait dès lors ajouté à son nom celui de Claudius *. A la nouvelle du tumulte , il accourut, avec quelques centurions et un détachement, par un des escaliers qui mettaient la tour en communication avec les parvis*. Les fanatiques alors cessèrent de frapper Paul. Le tribun le fit saisir et lier de deux chaînes, lui demanda qui il était, ce qu'il faisait; mais le tumulte empêchait d'entendre un mot; les bruits les plus divers se croisaient. C'était quelque chose d'affreux qu'une émeute juive; ces fortes figures crispées, ces gros yeux sortant de leurs orbites, ces grincements de dents, ces vociférations, ces gens jetant de la poussière en l'air, déchirant leurs vêtements ou les tiraillant convulsivement', donnaient l'idée de démons. Quoique la foule fût sans armes, les Romains

1. Comp. Corpus inscr. gr., n" 4528 e; Mission de Phénicie, p. 202.

2. Jos., B. J., V, V, 8; de Vogiié, le Temple de Jérusalem, p. 52, pi. XV et XVI.

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