‹ Saint PaulChapitre 399 sur 417 · Jos., Ant., XX, IX, 2; D. J., II, xvii · texte numérisé non relu

Jos., Ant., XX, IX, 2; D. J., II, xvii

6. Jos., B. J., II, xii, 6. Cf. Derenbourg, op. cit., p. 231, note.

(An 58] SAINT PAUL. 529

discussions. Elles furent extrêmement tumultueuses. Ananie s'eDporta, et, pour un mot qui lui parut blasphématoire, ordonna à ses a,?sesseurs de souffleter Paul sur la bouche : « Dieu te frappera à ton tour, muraille blanchie, répondit Paul. Tu prétends méjuger selon la Loi, et tu ordonnes de me frapper contrairement à la Loi. — Quoi ! tu injuries le grand prêtre de Dieu ! » dirent les assistants. Paul, se ravisant : « Je ne savais pas, frères, que c'était le grand prêtre; si je l'avais su, je n'aurais point parlé de la sorte; car il est écrit : « Tu n'insulteras pas le chef de ton « peuple*. » Cette modération était habilement calculée. Paul avait remarqué, en effet, que l'assemblée était divisée en deux partis, animés à son égard de sentiments fort divers : le haut clergé sadducéen lui était absolument hostile ; mais il pouvait s'entendre jusqu'à un certain point avec la bourgeoisie pharisienne". « Frères, s'écria-t-il , je suis pharisien, fils de pharisien. Savez-vous pourquoi l'on m'accuse? Pour mon espérance en la résurrection des morts. » C'était mettre le doigt sur une plaie vive. Les sadducéens niaient la résurrection, l'existence des anges

4, Exod., XXII, 28.

2. Pour l'anlipathie des pharisiens contre le fils de Nébédée, et en général contre le haut sacerdoce, voir Tahn. de Bab., endroits cites à la page précédente.

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et des esprits; les pharisiens admettaient tout cela*. Le stratagème de Paul réussit à merveille - ; la guerre fut bientôt dans l'assemblée. Pharisiens et sadducéens furent plus attentifs à se combattre qu'à perdre leur ennemi commun. Plusieurs pharisiens prirent même la défense de Paul, et affectèrent de trouver vraisemblable le récit de sa vision. « En somme, disaient-ils, que reproche-t-on à cet homme? Qui sait si un esprit ou un ange ne lui a point parlé? »

Glaudius Lysias assistait bouche béante à ce débat, dénué de sens pour lui. Il vit le moment où, comme la veille, Paul allait être mis en pièces. Alors il donna ordre à une escouade de soldats de descendre dans la salle, d'arracher Paul des mains de l'assistance et de le reconduire à la tour. Lysias était fort embarrassé. Paul, cependant, se réjouissait du glorieux témoignage qu'il venait de rendre au Christ. La nuit suivante, il eut une vision. Jésus lui apparut et lui dit : « Courage ! comme tu m'as confessé à Jérusalem, il faut que tu me confesses aussi à Rome. »

La haine des fanatiques, pendant ce temps, ne restait pas inactive. Un certain nombre de ces zé-

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