‹ Saint PaulChapitre 4 sur 417 · II Thess., II · texte numérisé non relu

II Thess., II

2. II Thess., III, 17; I Cor., xvi, 21; Col., iv, 18; GaJ., VI, 11.

INTRODUCTION. v

rigoureuse les écrits qu'on nous présente comme de lui.

Ces épîtres sont, dans le Nouveau Testament, au nombre de quatorze ; il y faut faire tout d'abord deux catégories. Treize de ces écrits portent en suscription, dans le texte de la lettre, le nom de l'apôtre; en d'autres termes, ces lettres se donnent elles-mêmes comme des ouvrages de Paul ; si bien qu'il n'y a pas de choix entre ces deux hypothèses, ou que Paul en soit réellement l'auteur, ou qu'elles soient l'ouvrage d'un faussaire qui aura voulu faire passer ses compositions pour un ouvrage de Paul. La quatorzième épître, au contraire, celle aux Hébreux, n'a pas de suscription*; l'auteur entre en matière sans se nommer. L'attribution de cette épître à Paul ne se fonde que sur la tradition.

Les treize épîtres qui se donnent elles-mêmes comme étant de Paul peuvent, sous le rapport de l'authenticité, être rangées en cinq classes:

J° Epîtres incontestables et incontestées; ce sont répître aux Galates, les deux épîtres aux Corinthiens, l'épître aux Romains;

1. Dans toute la discussion qui va suivre, j'appelle « suscription» la première phrase, HaùXo;, àsoffToXo;... etc.; j'appelle «titre* l'indication que les manuscrits mettent en tête de chaque épître :

npb; Kjjj.aîouî, llpô; Èëpaîouç, etc.

â** Epîtres certaines quoiqu'on y ait fait quelques objections ; ce sont les deux épîtres aux Thessaloniciens et l'épître aux Philippiens ;

3° Epîtres d'une authenticité probable, quoiqu'on y ait fait de graves objections; c'est l'épître aux Golossiens, qui a pour annexe le billet à Philémon;

4° Epître douteuse ; c'est Tépître dite aux Éphésîens ;

5° Épîtres fausses; ce sont les deux épîtres à Timothée et l'épître à Tite.

Nous n'avons rien à dire ici des épîtres de la première catégorie ; les critiques les plus sévères, tels que Christian Baur, les acceptent sans objection. A peine insisterons-nous même sur les épîtres de la deuxième classe. Les difficultés que certains modernes ont soulevées contre elles sont de ces soupçons légers que le devoir de la critique est d'exprimer librement , mais sans s'y arrêter, quand de plus fortes raisons l'entraînent. Or, ces trois épîtres ont un caractère d'authenticité qui l'emporte sur toute autre considération. La seule difficulté sérieuse qu'on ait élevée contre les épîtres aux Thessaloniciens se tire de la théorie de l'Antéchrist exposée au deuxième chapitre de la seconde aux Thessaloniciens , théorie qui semble identique à celle de l'Apocalypse, et qui supposerait par conséquent que Néron était mort

INTRODUCTION. Vli

quand le morceau fut écrit. Mais cette objection se laisse résoudre, comme nous le verrons dans le cours du présent volume. L'auteur de l'Apocalypse ne fit qu'appliquer à son temps un ensemble d'idées dont une partie remontait aux origines mêmes de la croyance chrétienne, et dont l'autre s'y était introduite vers le temps de Caligula.

L'épître aux Colossiens a subi le feu d'objections bien plus graves. Il est sûr que les expressions employées dans cette épître pour exprimer le rôle de Jésus au sein de la Divinité, comme créateur et prototype de toute création \ tranchent fortement sur le langage des épîtres certaines, et semblent se rapprocher du style des écrits attribués à Jean. En lisant de tels passages, on se croit en plein gnosticisme^ La langue de l'épître aux Colossiens s'éloigne de celle des épîtres certaines; le dictionnaire est un peu différent '; le style a plus d'emphase et de

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