Jos., Ant.j XX, VII, 3; Ju vénal, vi, '156 etsuiv
544 ORIGINES DU CEIRISTIANISME. [An 60]
cun des crimes que je m'attendais à voir établir. Il ne s'agit en toute cette affaire que de subtilités relatives à leurs superstitions et d'un certain Jésus, qui est mort et que Paul dit être vivant. — Justement, dit Agrippa, il y a longtemps que je voulais entendre cet homme. — Tu l'entendras demain, » répondit Festus.
Le lendemain, en effet. Agrippa et Bérénice vinrent au tribunal avec une suite brillante. Tous les officiers de l'armée et les principaux de la ville étaient là. Aucune procédure officielle ne pouvait avoir lieu depuis l'appel à l'empereur, mais Festus déclara que, selon ses principes, l'envoi d'un prisonnier à Rome devait être accompagné d'un rapport; il feignit de vouloir s'éclairer pour le rapport qu'il avait à faire en cette circonstance, allégua son ignorance des choses juives, et déclara vouloir suivre sur cette affaire l'avis du roi Agrippa. Agrippa invita Paul à parler. Paul alors fit, avec une certaine complaisance oratoire, un de ces discours qu'il avait cent fois répétés. 11 s'estima heureux d'avoir à plaider sa cause devant un juge aussi au courant des questions juives que l'était Agrippa. Il se retrancha plus que jamais dans son système ordinaire de défense, prétendit ne rien dire qui ne fut dans la Loi et les Prophètes, soutint qu on le poursuivait uniquement h.
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cause de la foi en la résurrecLion, foi qui est celle de tous les Israélites, qui donne un mobile à leur piété, un fondement à leurs espérances. Il expliqua par des citations empruntées aux Ecritures ses thèses favorites, savoir que le Christ devait souffrir, qu'il devait être le premier ressuscité ^ Festus, étranger à toutes ces spéculations, prit Paul pour un rêveur, savanl liomme en son genre, mais égaré et chimérique. " Tu es fou, Paul, lui dit-il; tes lectures t'ont fait perdre l'esprit. » — Paul invoqua le témoignage d'Agrippa, plus versé dans la théologie juive, connaissant les prophètes, et qu'il supposait instruit des faits relatifs à Jésus. Agrippa répondit d'une manière évasive. Un grain de plaisanterie se mêla, ce semble, à la conversation. « Tu vas, dit Agrippa, me persuader de me faire chrétien... » Paul, avec son esprit ordinaire, se mit au ton de l'assistance, et finit par souhaiter à tous de lui ressembler : u Excepté par ces chaînes, » ajouta-t-il avec une légère ironie. L'effet de cette séance courtoise, si différente des
\. Il n'est pas impossible que l'auteur ûeè Aclcs ait imaginé tout cet épisode pour montrer Paul exposant une fois de plus sa doctrine devant le monde païen. Comparez l'épisode de l'Aréopage (ci-dessus, p. 19! et suiv.) et Aet., xxiv, 24-25. Il est difficile cependant que le récit dont il s'agil ici n'ait pas quelque base. Matth., X, 18-19; Luc, xii, 11, renferment peut-être une allusion à ces apologies prononcées par l'apôtre devant diverses autorités,
audiences où les Juifs figuraient en accusateurs, fut en somme favorable à Paul. Fesius, avec son bon sens romain, déclara que cet homme n'avait rien fait de mal. Agrippa fut d'avis que, s'il n'en avait pas appelé à l'empereur, on eut pu le relâcher. Paul, cjui voulait aller à Rome conduit par les Romains eux-mêmes, ne retira pas son appel. On le mit donc, avec quelques autres prisonniers, en la garde d'un centurion de la cohorte prima Aiigusta Italica\ nommé Julius, lequel devait être Italien. Timothée, Luc et Aristarque de Thessalonique furent les seuls de ses disciples qui prirent passage avec lui *.