‹ Saint PaulChapitre 41 sur 417 · Aujourd'hui, Bapho · texte numérisé non relu

Aujourd'hui, Bapho

3. Strabon, XIV, vi, 3; carte dePeutinger, segm. ix, f; Pline, V, 35; Ptolérnée, V, xiv, ^ ; Pomponius Mêla, II, vu, 5.

4. La province, en effet, était sénatoriale. Strabon, XIV, vi, 6 ; XYII, III, 25; Dion Cassius, LIV, 4; monnaies proconsulaires do Chypre; Corp. inscr. gr., n" 2632.

K Sergius Paulus est inconnu d'ailleurs. Il faut se rappeler que

[An 45] SAINT PAUL. 15

vent aux Romains, s'être laissé amuser aux prestiges et aux croyances superstitieuses du pays où le hasard l'avait porté \ Il avait auprès de lui un juif, nommé Barjésu, qui se faisait passer pour magicien et se donnait un titre qu'on explique par élim ou « sage ^ » . Il se produisit là, dit-on, des scènes analogues à celles qui eurent lieu à Sébaste entre les apôtres et Simon le magicien ^ Barjésu fit une ardente opposition à Paul et à Barnabe. La tradition prétendit plus tard que l'en-

les proconsuls des provinces sénatoriales étaient , sauf de rares exceptions, annuels et que Chypre était la plus petite des provinces romaines. Les textes, les monnaies proconsulaires et les inscriptions de Chypre ne permettent pas de dresser une liste tant soit peu complète des proconsuls de cette île. On peut, sans invraisemblance, identifier le personnage des Actes avec le naturaliste du même nom cité par Pline {index des auteurs en tête du livre II et du livre XVIIT). Lucius Sergius Paulus, consul l'an 168, et sa fille Sergia Paulina, qui donnèrent leur nom à un célèbre collège domestique (Orelli, 2414, 4938; Gruter, 1117,7; Fabretti, Inscr. dom., p. ''46, n° 178; Amaduzzi, Anecd. tilt., I, p. 476, n»' 39, 40; Otto lahn, Spécimen epigraph., p. 79 et suiv.), étaient trèsprobablement des descendants de notre Sergius Paulus. Borghesi, Fastes cotisul. [encore inédits], à l'année 168. 4. Comp. Jos., Ant., XX, vu, 2.

2. Mot arabe dont le pluriel est ouléma. Le mot n'existe ni en nébreu, ni en araméen ; ce qui rend fort douteuse cette étymologie à'Éhj/nas.

3, Le parallélisme des deux récits soulève bien quelques doutes sur la crédibilité de tout l'épisode. Il semble qu'en plusieurs points on a cherché à modeler la légende de Paul sur celle de Pierre.

16 ORIGINES DU CHRISTIANISME. (An 45J

jeu de cette lutte était la conversion du proconsul. On raconta que, dans une discussion publique, Paul, pour réduire son adversaire, fut obligé de le frapper d'une cécité temporaire, et que le proconsul, ému de ce prodige, se convertit.

La conversion d'un Romain de cet ordre , à cette époque, est chose absolument inadmissible *. Paul prit sans doute pour de la foi les marques d'intérêt que lui donna Sergius ; peut-être même prit-il de l'ironie pour de la bonté. Les Orientaux ne comprennent pas l'ironie. Leur maxime , d'ailleurs , est que celui qui n'est pas contre eux est pour eux. La curiosité témoignée par Sergius Paulus aura passé aux yeux des missionnaires pour une disposition favorable ^ Gomme

1. Un proconsul était un personnage très- considérable, et il est probable que, si un tel fait s'était produit, nous le saurions par les historiens romains, comme cela a lieu pour Pomponia Grœciiia, Flavius Ck-mens et Flavia Domitilla. L'auteur des Actes a été ici égaré par son idée de convertir le plus possible de païens, par le plaisir de montrer les magistrats romains favorables au culte nouveau, et par le désir de poser tout d'abord saint Paul en apôtre des gentils. Ailleurs encore, nous verrons percer chez le narrateur des Actes ce naïf sentiment qui rend l'homme du peuple fier d'avoir eu des rapports avec les hommes célèbres ou importants. Il semble qu'il voulût répondre à des adversaire.» qui soutenaient que les chrétiens étaient tous des gens de bas étage, sans accointances et sans aveu.

Page 1