‹ Saint PaulChapitre 412 sur 417 · Cf Marc, XVI · texte numérisé non relu

Cf Marc, XVI

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ter dans le brasier, Paul ramassa en même temps une vipère. On crut qu'elle l'avait mordu à la main. L'idée se répandit que cet homme était un meurtrier, poursuivi par la Némésis, laquelle, n'ayant pu l'atteindre au moyen de la tempête, le poursuivait à terre. Les gens du pays, à ce qu'il paraît, s'attendaient à chaque instant à le voir gonfler et tomber mort. Gomme il n'en fut rien, ils se prirent, dit-on, à le regarder comme un dieu.

Près de la baie où le navire avait fait naufrage étaient les terres d'un certain Publius, princeps du municipe que l'île formait avec Gaulos'. Cet homme vint trouver les naufragés, recueillit dans sa métairie au moins une partie d'entre eux, desquels étaient Paul et ses compagnons, et les y traita pendant trois jours avec beaucoup d'hospitalité. Ici encore arriva un de ces prodiges que les disciples de Paul croyaient voir éclore à chaque instant sous ses pas. L'apôtre guérit, dit-on, par l'imposition des mains le père de Publius, qui souffrait de la fièvre et de la dyssenterie. Sa réputation de thaumaturge se répandit dans l'île, et on

1. à jvpûTo; --À; vioaiu. Comparez Trfrjrc; r,k).'.T5.îa)7, Corpus i)lSCi\ gr., n« 5754, mais nonMIiL. PRIMVS de l'inscription de Ilenzen, n°612'r-, oîi Melilensiuin es', gouverné par ce qui précède, et priii: gouverne ce qui suit, contrairement à ce qu'avait cru Ciantar. Notez les noms latins des deux principes.

558 OniGlNES DU CHRISTIANISME. [An CI]

lui amenait les malades de tous les côtés. Il n'est pas dit cependant qu'il y ait fondé d'Eglise. Ces basses populations africaines ^ ne pouvaient s'élever au-dessus de la superstition et du sensualisme grossier.

L'ancien cabotage de la Méditerranée avait coutume de chômer pendant l'hiver. L'effroyable traversée qu'on venait de faire n'encourageait pas à se remettre en nier. On resta trois mois à Malte, du 15 novembre 60 au j 5 février 61, à peu près. Alors, Julius négocia le passage de ses prisonniers et de ses soldats sur un autre navire alexandrin , le Castor et Pollux, qui avait hiverné dans le port de l'île. On gagna Syracuse, où l'on resta trois jours; puis on cingla vers le détroit, et on toucha à Reggio. Le lendemain, un bon vent du sud s'éleva et porta le navire en deux jours à Pouzzoles.

Pouzzoles, comme nous l'avons déjà dit, était le port d'Italie le plus fréquenté par les Juifs. C'était là aussi d'ordinaire que les navires d'Alexandrie opéraient leur déchargement ^ Il s'y était formé, en même temps qu'à Rome, une petite société chré-

4. La langue vulgaire de l'Ile était toujours le punique. Act., xxviii, 2, 4.

2. Strabon, XVII, i, 7; Pline, XXXVI, 14; Suétone, Ang., 98, Jos., Vila, 3; Philon , Jn Flacc, §5.

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tienne. L'apôtre y fut très-bien accueilli; on le pria de rester sept jours, et, grâce à la complaisance du bon centurion Julius, qui s'était fort attaché à lui, cela fut possible. On se mit ensuite en route pour Rome. Le bruit de l'arrivée de Paul s'était répandu parmi les fidèles de cette ville, pour quelques-uns desquels il était déjà, depuis l'envoi de son épître, un maître connu et respecté. Au relais de poste appelé Forum d'Appius^ à quarante- trois milles de Rome, sur la voie Appienne, une première députation l'atteignit. A dix milles plus loin, au sortir des marais Pontins, près de l'endroit nommé « les Trois Tavernes » , à cause des hôtelleries qui s'y étaient établies '^ , un nouveau groupe vint le rejoindre. La joie de l'apôtre éclata en vives actions de grâces. La troupe sainte fit non sans émotion les onze ou douze lieues qui séparaient les Trois Tavernes de la porte Capène, et, suivant toujours la voie Appienne , par Aiicie et Albano, le prisonnier Paul entra dans Rome, au mois de mars de l'an 61, en la septième année du règne de Néron, sous le consulat de Gsesennius Pa^tus et de Pétronius Turpilien '.

i . Aujourd'lmi San-Donato.

2. Cic, Ad Ait., II, 10, M, 13; Itmer. Anloyi., p. 107, édit. Wesseling. Aujourd'hui Cisterna.

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