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C'est ce que prouvent ses monnaies

6. Strabon, XII, vin, 14; Pline, V, 24; Etienne de Byz., à ce mot; Eckhel, III, p. 18-19; Corp. inscr. gr., n"' 4SS6, 2811 6; Digeste, L, xv, 8. Cf. Ami. de l'Ins'lt. archcol. deRojne, XIX,

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alors très-considérable et changea en partie de caractère. Jusque-là, elle avait été une ville de prêtres, analogue, ce semble, à Gomane. Le temple qui l'avait rendue fameuse, avec ses légions d'hiérodules et ses riches domaines, fut supprimé par les Romains (25 ans avant J.-G. ) *. Mais ce grand établissement religieux , comme il arrive toujours, laissa des traces profondes dans les mœurs de la population. Ce fut sans doute à la suite de la colonie romaine que des juifs avaient été attirés à Antioche de Pisidie.

Selon leur habitude, les deux apôtres se rendirent à la synagogue, le samedi. Après la lecture de la Loi et des Prophètes, les présidents, voyant deux étrangers qui semblaient pieux, envoyèrent leur demander s'ils avaient quelque parole d'exhortation à adresser au peuple. Paul parla , exposa le mystère de Jésus, sa mort, sa résurrection. L'impression fut vive, et on les pria de recommencer leur prédication

p. 1 47. Les inscriptions latines y sont nombreuses (Le Bas et Waddington, Inscr., III, n°» 1189-H91, 1815 et suiv.). Les monnaies sont latines.

1. Strabon, XII, vu, 14 (comp. XII, m, 31); Hamiltoii, /. c. €f. Waddington, Expl. des Inscript, de Le Bas, III, p. 215-216. Les médailles prouvent cependant que le culte propre d'Antioche dura jusqu'au temps de Gordien.

le samedi suivant. Une grande foule de juifs et de prosélytes les suivit au sortir lg la synagogue, et, durant toute la semaine, Paul et Barnabe ne cessèrent d'exercer un ministère actif. La population païenne entendit parler de cet incident et sa curiosité en fut excitée.

Le samedi suivant , toute la ville fut réunie à la synagogue; mais les sentiments du parti orthodoxe étaient bien changés. Il se repentait de la tolérance qu'il avait eue le samedi précédent; ces foules empressées irritaient les notables ; une dispute , mêlée d'injures , commença . Paul et Barnabe soutinrent bravement l'orage; cependant ils ne purent parler dans la synagogue. Ils se retirèrent en protestant : « Nous devions commencer par vous prêcher la parole de Dieu, dirent -ils aux juifs. Mais, puisque vous la repoussez , et que vous vous jugez indignes de la vie éternelle, nous allons nous tourner vers les gentils. » A partir de ce moment, en effet*, Paul se confirma de plus en plus dans l'idée que l'avenir était non pas aux juifs , mais aux gentils ; que la prédication sur ce terrain nouveau porterait de bien meilleurs fruits; que Dieu l'avait spécialement

1. Paul lui-même avait conscience d'avoir changé à cet égard. II Cor., V, 16; Gai., v, 11; Phil., m, 13; Epli., iv, 13-14; I Cor., I entier; m, 1 ; ix, 20.

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choisi afin d'être l'apôtre des nations et d'annoncer la bonne nouvelle jusqu'aux extrémités de la terre» Sa grande âme avait pour caractère particulier de s'élargir et de s'ouvrir sans cesse. Je ne vois que l'âme d'Alexandre qui ait eu ce don de jeunesse sans bornes , cette capacité indéfinie de vouloir et d'embrasser.

Les dispositions de la population païenne se trouvèrent excellentes. Plusieurs se convertirent et se trouvèrent du premier coup parfaits chrétiens. Nous verrons le même fait se passer à Philippes, à Alexandria Troas et en général dans les colonies romaines. L'attrait qu'avaient ces populations bonnes et religieuses pour un culte épuré, attrait qui jusque-là s'était montré par des conversions au judaïsme , se montrera maintenant par des conversions au christianisme. Malgré son culte étrange, et peut-être par une réaction contre ce culte , la population d'Antioche, comme en général celle de Phrygie, avait une sorte de penchant vers le monothéisme * . Le nouveau culte , n'exigeant pas la circoncision et n'obligeant pas à certaines observances mesquines , était bien mieux fait que le judaïsme pour attirer les

1. Corp. inscr. gr., n® 3980. Cette formule est partirulièro à la Phrygie. Comp. ci-dessous, p. 363-365. Comp. aussi, pour le contraste avec la Pisidie, n° 4380 r, s, t. Voir Le Bas, III, n° 1234.

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païens pieux; aussi la faveur se porta-t-elle trèsvite de son côté. Ces provinces écartées , perdues dans les montagnes, peu surveillées de l'autorité, sans célébrité historique ni importance quelconque , étdent un excellent terrain pour la foi. Une Église assez nombreuse s'établit. Antioche de Pisidie devint un centre de propagande, d'où la doctrine rayonna tout alentour.

Le succès de la prédication nouvelle parmi les païens acheva de mettre les juifs en fureur. Une pieuse intrigue se forma contre les missionnaires. Quelques-unes des dames les plus considérables de la ville avaient embrassé le judaïsme ; les juifs orthodoxes les engagèrent à parler à leurs maris pour obtenir l'expulsion de Paul et de Barnabe. Les deux apôtres, en effet, furent bannis par arrêté municipal de la ville et du territoire d'Antioche de Pisidie*.

Suivant l'usage apostolique , ils secouèrent sur la ville la poussière de leurs pieds ^ Puis ils se dirigèrent vers la Lycaonie et atteignirent, au bout d'une marche d'environ cinq jours à travers un pays fertile % la ville d'Iconium. La Lycaonie était, comme

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