Gai., 11,1, 3; Tit., i
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OU sont encore respectables; mais on cesse de leur prêter une vertu intrinsèque. Circoncision, baptême, pâque, azymes, sacrifices, tout cela devient également secondaire. On n'y pense plus. Aucun incirconcis, d'ailleurs, ne se mit nettement avec Jésus, de son vivant ; la question n'eut donc pas l'occasion de se poser. Gomme tous les hommes de génie, Jésus ne se souciait que de l'âme. Les questions pratiques les plus importantes , celles qui paraissent capitales aux esprits inférieurs, celles qui causent le plus de torture aux hommes d'application, n'existaient pas pour lui. A sa mort, le désarroi avait été général. Abandoanés à eux-mêmes, privés de celui qui avait été pour eux toute une vivante théologie, ils revinrent aux pratiques de la piété juive. C'étaient des gens dévots au plus haut degré ; or la dévotion du temps, c'était la dévotion juive. Ils gardèrent leurs habitudes , et retombèrent dans ces petites pratiques que les personnes ordinaires envisageaient comme l'essence du judaïsme. Le peuple les tenait pour de saintes gens; par un singulier revirement, les pharisiens, qui avaient servi de point de mire aux plus fines railleries de Jésus, se réconcilièrent presque avec ses disciples \ Ce furent les saddu-
<. Act., V, 34; XV, 5; xxi, 20; xxiii, 9 et suiv.
00 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 5IJ
céens qui se montrèrent les irréconciliables ennemis du mouvement nouveau ^ L'observation minutieuse de la Loi paraissait la première condition pour être chrétien.
De bonne heure, on rencontra dans cette manière de voir de grandes difficultés. Car, dès que la famille chrétienne commença de s'élargir, ce fut justement chez des gens d'origine non Israélite, chez des adhérents sympathiques du judaïsme, non circoncis, que la foi nouvelle trouva le plus d'accès. Les obliger de se faire circoncire était impossible. Pierre, avec un bon sens pratique admirable, le reconnut bien. D'un autre côté, les esprits timorés, tels que Jacques, frère du Seigneur, voyaient une suprême impiété à admettre des païens dans l'Eglise et à manger avec eux. Pierre ajourna le plus qu'il put toute solution.
Du reste, les juifs, de leur côté, s'étaient trouvés dans la même situation et avaient tenu une conduite analogue. Quand les prosélytes ou les partisans leur arrivèrent de toutes parts, la question s'était présentée à eux. Quelques esprits avancés, bons laïques Bans science, soustraits à l'influence des docteurs, n'insistèrent pas sur la circoncision ; parfois môme