Act., XV, 5: x\i
74 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 51}
impossible ; les deux moitiés de l'Eglise de Jésus n'eussent pu communier l'une avec l'aulre. Au point de vue théologique , la question était plus graw encore : il s'agissait de savoir si l'on était sauvé par les œuvres de la Loi ou par la grâce de Jésus- Christ.
Quelques membres de l'Eglise de Judée, étant venus à Antioche, sans mission, à ce qu'il paraît, du corps apostolique ^ , provoquèrent le débat ^ Ils^ déclarèrent hautement qu'on ne pouvait être sauvé sans la circoncision. Il faut se rappeler que les chrétiens, qui avaient à Antioche un nom et une individualité particulière, n'en avaient pas à Jérusalem; ce qui n'empêchait pas que ce qui venait de Jérusalem n'eût dans toute l'Église beaucoup de force , car le centre de l'autorité était là. On fut fort ému. Paul et Barnabe résistèrent de la façon la plus énergique. Il y eut de longues disputes. Pour y mettre un terme, il fut décidé que Paul et Barnabe iraient à Jérusalem s'entendre avec les apôtres et les anciens sur ce sujet.
L'affaire avait pour Paul une importance personnelle. Son action jusque-là avait été presque abso-
1. Act., XV, 24. Le soin avec lequel on insiste sur ce peint prouve qu'au moins on les soupçonnait fort d'en avoir une.