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était, ce semble, en entière conformité d'idées avec lui \

En résumé, l'Eglise de Jérusalem s'était de plus en plus éloignée de l'esprit de Jésus. Le poids de plomb du judaïsme l'avait entraînée. Jérusalem était pour la foi nouvelle un milieu malsain et qui aurait tini par la perdre. Dans cette capitale du judaïsme, il était fort difficile de cesser d'être juif. Aussi , les hommes nouveaux comme saint Paul évitaient -ils presque systématiquement d'y résider. Forcés maintenant, sous peine de se séparer de l'Eglise primitive , de venir conférer avec leurs anciens , ils se trouvaient dans une position pleine de malaise, et l'œuvre, qui ne pouvait vivre qu'à force de concorde et d'abnégation, courait un immense danger.

L'entrevue, en effet, fut singulièrement tendue et embarrassée ^ On écouta d'abord avec faveur le

^. Jud., 4 et toute l'épître. Cf. Matth., xiii, 55; Marc, vi, 3.

2. L'histoire de cet épisode capital nous est connue par deux récits, Act., xv et Gai., ii. Ces deux récits offrent des divergences très-graves. Naturellement, pour l'exactitude des faits matériels, c'est celui de Paul qui doit être préféré. L'auteur des Actes écrit sous le coup d'une forte préoccupation politique. Il est, pour la doctrine, du parti favorable aux païens; mais, dans les questions de personnes, il est bien plus mou que Paul ; il veut effacer la trace des dissentiments qui ont existé; enfin, il veut donner une base à la théorie qui tendait à prévaloir sur le pouvoir de l'Église assem-

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82 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 51]

récit que Paul et Barnabe firent de leurs missions : car tous, même les plus judaïsants, étaient d'avis que la conversion des gentils était le grand signe du Messie ^ La curiosité de voir l'homme dont on parlait tant, et qui avait engagé la secte dans une voie si nouvelle, fut d'abord très-vive. On glorifiait Dieu d'avoir fait un apôtre avec un persécuteur*. Mais, quand on en vint à la circoncision et à l'obligation de pratiquer la Loi , le dissentiment éclata dans toute sa force. Le parti pharisien éleva ses prétentions de la façon la plus absolue. Le parti de l'émancipation répondait avec une vigueur triomphante. Il citait plusieurs cas où des incirconcis avaient reçu le Saint-Esprit. Si Dieu ne faisait pas la distinction des païens et des juifs, comment avait-on l'audace de la faire pour lui? Gomment tenir pour souillé ce que

blée. 11 prête ainsi à l'entrevue un air de concile qu'elle n'eut pas à ce degré, et à Paul une docilité contre laquelle il proteste luimême (comp. Act.j XV, 41; xvi, 4, à Gai., ch. i et ii). D'un autre côté, Paul est préoccupé de deux idées fixes : d'abord maintenir le droit des Églises païennes hors de contestation; en second lieu, bien établir qu'il n'a rien reçu ni appris des apôtres. Or, le seul fait d'être venu à Jérusalem était une reconnaissance de l'autorité de l'Église de Jérusalem. Les deux récits demandent donc à être combinés, modifiés et conciliés.

-1. Act., XV, 4, 14-18.

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