Act.j XV, 7 et suiv
5, Açt., XV, 12.
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lien supérieur, l'amour que tous avaient pour Jésus, le souvenir dont tous vivaient , fut plus fort que les divisions. Le dissentiment le plus fondamental qui se soit jamais produit au sein de l'Eglise n'amena pas d'anathème. Grande leçon que les siècles suivants ne sauront guère imiter!
Paul comprit que, dans des assemblées nombreuses et passionnées, il ne réussirait jamais , que les esprits étroits y auraient toujours le dessus , que le judaïsme était trop fort à Jérusalem pour qu'on pût espérer de lui une concession de principes. Il alla voir séparément tous les personnages considérables , en particulier Pierre , Jacques et Jean * . Pierre, comme tous les hommes qui vivent surtout d'un sentiment élevé, était indifférent aux questions de parti. Ces disputes l'affligeaient; il eut voulu l'union , la concorde , la paix. Son esprit timide et peu étendu se détachait difficilement du judaïsme ; il eût préféré que les nouveaux convertis eussent accepté la circoncision, mais il voyait l'impossibilité d'une telle solution. Les natures profondément bonnes sont toujours indécises ; parfois même elles sont en-
1. Gai., H, 2 etsuiv. Le récit de Paul n'exclut pas la possibilité d'assemblées; mais il exclut l'idée que l'aiïaiie ait été traitée principalement dans une assemblée et ait été résolue par une assemblée.
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traînées à un peu de dissimulation : elles veulent contenter tout le monde; aucune question de principe ne leur paraissant valoir le bien de la paix, elles se laissent aller avec les différents partis à des paroles et à des engagements contradictoires. Pierre commettait quelquefois cette faute bien légère. Avec Paul , il était pour les incirconcis; avec les juifs sévères, il était partisan de la circoncision. L'âme de Paul était si grande , si ouverte , si pleine du feu nouveau que Jésus était venu apporter sur la terre, que Pierre ne pouvait manquer de sympathiser avec lui. Ils s'aimaient, et, quand ils étaient ensemble, c'était le monde entier que ces souverains de l'avenir se partageaient entre eux.
Ce fut sans doute à la fin d'une de leurs conversations que Paul , avec l'exagération de langage et la verve qui lui étaient habituelles, dit à Pierre : « Nous pouvons nous entendre : à toi l'Evangile de la circoncision, à moi l'Evangile du prépuce. » Paul releva plus tard ce mot comme une sorte de convention régulière et qui aurait été acceptée de tous les apôtres ^ Il est difficile de croire que Pierre et Paul aient osé répéter hors de leur tête-à-tête un mot qui eût blessé au plus haut degré les prétentions de Jac-
4. Gai., 11, 7-9; II Cor., x, 13-16; Rom., xi, 13; xv, 14-16.
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ques et peut-être même de Jean. Mais le mot fut prononcé. Ces horizons larges, qui n'étaient guère ceux de Jérusalem , frappèrent beaucoup l'âme enthousiaste de Pierre. Paul fit sur lui la plus grande impression et le gagna complètement. Jusque-là. Pierre avait peu voyagé; ses visites pastorales ne s'étaient pas étendues , ce semble , hors de la Palestine. Il devait avoir environ cinquante ans. L'ardeur voyageuse de Paul, les récits de ses courses apostoliques, les projets qu'il lui communiquait pour l'avenir allumaient son ardeur. C'est à partir de ce temps qu'on voit Pierre s'absenter de Jérusalem et mener à son tour la vie errante de l'apostolat.
Jacques , avec sa sainteté d'un goût si équivoque, était le coryphée du parti judaïsant*. C'était par lui que s'étaient faites presque toutes les conversions de pharisiens - ; les exigences de ce parti * s'imposaient à lui. Tout porte à croire qu'il ne fit aucune concession sur le principe dogmatique * ; mais une opinion modérée et conciliatrice commença bientôt à se faire