I. Témoins grecs
Papyrus. — Tandis que des fragments de la Première Epître nous sont parvenus sur les quatre papyrus P'^ P^'', P^'-^ (d'Oxyrinchus) et P^*, rien de semblable n'était arrivé pour la seconde, jusqu'à ce que la sensationnelle découverte des codex Chester Beatty du N. T. soit venue nous apporter bien mieux. Ce sont, comme personne ne l'ignore plus, des codex sur papyrus, dont l'un, qui a été découvert en deux fois, nous a rendu un texte de type égyptien, du m" siècle, de la majeure partie des épîtres de saint Paul; parmi les trente feuilles trouvées en dernier lieu (qui sont venues se joindre aux dix déjà publiées par Kenyon), se trouve à peu près un tiers de notre Deuxième Epître aux Corinthiens, en dix pages depuis ix, 7, jusqu'à x, 13 (1). Le codex entier a été nommé P-^^. Le professeur Saiiders, de l'Université de Michigan, l'a édité et étudié [A Third-century papyrus codex of the epistles of Paul, edited by Henry A. Sanpeus, Ann Arbor, University of Michigan Press, 1935), 11 le placerait dans la seconde moitié du m® siècle, tandis que Kenyon, Wilcken et Lietzmann qui y a étudié l'Epître aux Romains (H. Lietzmann, Zur Wurdigufig des Chester-Beatty Papyrus der Paulushriefe, Sitzungsberichte der Berliner Akad., Philol.-hist. Klasse, 1934, xxv), le remontent jusqu'aux premières années du même siècle. En tout cas ce codex est très précieux; à part quelques bévues (comme xaOcoç «otoço Xptaxoç à x, 8, vexooovtsç pour (xerpouvreç à X, 12, une répétition de oux, qui est un non-sens, à xiii, 3), il contient un texte de bonne tenue, du type égyptien classique, et qui, s'il révèle quelques retouches « occidentales », est bien plus conforme dans l'ensemble à B qu'à D; ainsi, à x, 12, il n'omet pas les mots ou auviaatv yijxetç Se, comme le Claromontanus et ses parents. Le P. Lagrange (RB., oct. 1935, pp. 625-suiv.) estime qu'il confirme la bonté du texte du Vaticanus (2).
(1) De I Cor. il ne restait que ii, 4-iii, 5. Remarquer les leçons de ii, 4 : ou>c ev irsiOot; •^opta; sans (XoYotç), et de ii, 8 : tov xupiov Tri; So^yj; au-rwv.
(2) Depuis que ces lignes ont été imprimées, Mr. Giiester Beatty a pu acquérir le reste du manuscrit de saint Paul, auquel il ne manquerait plus que dix-huit pages (« American Jour-
LXII INTRODUCTIOJM.
Ce plus antique de tous nos manuscrits, qui peut-être, d'après de bons critiques, remonterait jusque vers 200, a beau êlre mutilé, il nous apprend du moins, puisqu'il contient encore une partie du chapitre ix, que ce chapitre, et donc les précédents à n'en pas douter, était bien placé à cette époque avant les chapitres x-xiii, et en continuité avec eux.
Citations. — En plus d'un nombre restreint de celles dVrénée, Clément d'Alexandrie^ Orîgène, al., à tournure parfois « occidentale », que nous relèverons à l'occasion, il y a les leçons de l'« Apostolicon » de Marcion qui nous ont été conservées surtout par Tertullien (voir Ha?'nack, « Marcion », pp. 4'i-45, 94*-100*j. Le polémiste africain laisse dans la documentation de grandes lacunes ; il ne discute qu'à propos de quelques versets de chaque chapitre, ne donne aucune citation précise du chapitre vi, et seulement des mots de deux versets du chapitre xi; etc. Aussi ne sait-on pas si l'hérésiarque avait beaucoup supprimé dans notre épître. Voici du moins des variantes à connaître :
I, 3 : 5t«i Ttar/jp omis après o ôeoç; — tendancieux?
II, 15 : Tw Gew omis; — le Dieu de Marcion n'accepte pas de « parfums ». m, 14 : Tou xo<yui.ou au lieu de auTwv; — le dieu créateur était du « cosmos ». IV, 10 : vsxpwdiv TOU ôîou, au lieu de vsxp. Iï](tou; — intention modaliste?
IV, 11 : Sta Ir.aouv omis.
IV, 13 : la citation de l'A. T. omise.
vri, 1 : aiixaToç substitué à itveuij.aToî — car pour Marcion, r« esprit » ne peut être « souillé ».
Au diiïicile verset v, 3, Marcion lisait : eitcêo xai exSucaixsvot ou-;^ eupsôriao- {jLsOa Y^fAvot; — coulant, mais certainement arrangé.
Manuscrits. . — Les majuscules sont d'abord le Papyrus 46, du m" siècle (v. supra).
Puis les « onciaux » ; les plus anciens :
^^-S^-Ol; — B-S'- 03; — A-8''-02, où il y a une longue lacune de iv, 13 à XII, 6; — C-S3-04, où tout manque à partir de x, 8; — l^-a^-OéS (Vatican);
ensuite, à partir du vi" siècle :
le Claroniontanus D^-a 1026-06; et ses parents « occidentaux » : F^-a 1029- 010; (« Augiensis », ix" s,, Cambridge), Qp-a 1028-012 (« Boernerianus », ix" s., Dresde); — puis Hp-m 1022-015 (« Coislinianus », de Paris, fort incomplet, dispersé effectivement en sept bibliothèques, Athos, Leningrad, etc., vi" s,);
— 1-016 (un des codex Freer, fragments, vi" s.); — Rp-el025-O98 (contient XI, 9-19 Grottaferrata, viii° s.) — S''P-a2-049 (Athos, fragments, vin''-ix'' s.);
— W-S«-044 (Athos, viii«-x<^ s.); — K''p-Atcp*-018 (Moscou, venu de l'Athos, IX" s.); — L"P-a«-020j « Angelicus », Rome, ix" s.); — MP-a 1031-0121 (fragments, Londres et Hambourg, ix" s.); — 0-a 1023-081 (contient i, 20-ii, 12, Leningrad, ix*^ s.); — P''P'-«3-025 (« palimpseste porphyrianus », Leningrad, IX" s-); — O^ (19P)-056. (Paris, Coislin, de l'Athos, ix"-x" s,); — a (Kosinitza, X" s.); — 382P-07t^-075 (fragments, Athènes, x" s.); — 55P-a''»-0142 (Munich, x" s.); — 413P-0150 (Patmos, x" s.); — 414-0151 (Patmos, xii" s.).
Parmi les minuscules, qui contiennent en général des textes du type antio-
nal of Philology », 1936, 91-95, notice de Lietzmann dans ZNTW, 1936, 3-4, p. 310). Jusqu'ici (juin 1936) nous n'avons pas d'autres précisions.