‹ Saint Pothin et ses compagnons martyrs: origines de l'église de LyonChapitre 28 sur 33 · HOMÉLIE SUR SAINTE BLANDINE DE LUGDUNUM · texte numérisé non relu

HOMÉLIE SUR SAINTE BLANDINE DE LUGDUNUM

t Adresser des vœux, rendre de pieux hommages à des martyrs étrangers à notre pays, serait agir à notre avantage, bien entendre nos intérêts. Cette confiance de notre part les rendrait nôtres, et, malgré l'éloignement des lieux, nous attirerait les secours que nous en espérerions. Leur assistance, en effet, dépend non des lieux, mais des sentiments de notre cœur. Aussi ces serviteurs de Dieu nous accorderont-ils toujours un appui mesuré sur les hommages que nous leur aurons rendus. Donc nous devons, par un culte religieux, disposer en notre faveur ceux qui n'appartiennent pas à notre terre, et ne pas nous rendre étrangers, par indifférence et froideur, ceux qui sont nôtres; le premier de ces devoirs n'est pas moins important que le second. Reconnaissons ici et la richesse et l'abondance des largesses di-

(1) Celte homéUe, souvent imprimée avec les ouvrages d'Eusèbe d'Emèse, est généralement attribuée à saint Eucher. Il en faut dire autant de l'homélie sur les saints Epipode et Alexandre.

vines à l'égard de noire Eglise. Les reliques d'un seul martyr suffisent pour exciter l'allégresse d'une ville. Pour nous, voici que nous possédons tout un peuple de martyrs. Joie à notre terre, nourricière de célestes combattants, mère féconde d'héroïques vertus ! Non, avec tous les moyens imaginables, jamais l'ennemi de notre foi n'eût pu servir la gloire de cette cité autant qu'il l'a fait par le glaive. S[ l'iniquité abonda contre notre ville, la grâce et la bénédiction surabondent aujourd'hui dans elle; témoin ce jour consacré à la fête présente. Nous lisons qu'au temps où Hérode faisait rechercher le Christ, des milliers d'enfants furent massacrés pour leur bonheur. Làdessus le prophète s'écrie : t Rachel pleure ses enfants et refuse € toute consolation, parce qu'ils ne sont plus (1). » Eh bien ! notre terre, mère fortunée, patrie de soldats vainqueurs, enrichie des mérites de ces héros, gages précieux qu'elle a donnés au ciel, cette terre, on l'a vue privée ici-bas de ses enfants. Toutefois, elle n'a pas besoin de consolation, elle ne leur donne point de larmes. Pourquoi les pleurer, puisqu'elle les retrouva au jour même de son deuil, à l'instant où ils lui furent enlevés? Bethléem, terre de Juda, terre victime de la cruauté d'Hérode par la mort de tes fils, terre jugée digne d'offrir à Dieu une troupe de faibles enfants ayant encore toute la blancheur de l'innocence, c'est avec une légitime confiance que notre cité de Lugdunum ose se mettre en parallèle avec loi, comparer ses richesses spirituelles aux tiennes, t'adresser la parole en ces termes : Bethléem, tu l'emportes par le nombre de tes martyrs, moi, par le mérite des miens. De ton côté, regorgement, mais pas trace de confession; de mon côté, il y a eu lutte et souffrance, la mort des tiens a été une bonne fortune, une occasion de félicité. La richesse des bénédictions, tu la dois au

{l) Jérémie, xxi, 15. — Matlh., xi, 18.

bourreau^ moi, aa courage; tes enfants, tu les as vus périr inondés de leur sang; il ne t'a pas été donné de les contempler au milieu d'un long combat. L'innocence de ces victimes a formé ta couronne; moi, je suis couronnée de la gloire et du triomphe de mes fils. Tes martyrs ont mérité de parvenir au royaume céleste sans avoir conscience du témoignage qu'ils rendaient; quant aux miens, accablés de souffrances, éprouvés dans les tourments, consumés comme des victimes par des flammes dévorantes, ils ont reçu autant de couronnes spirituelles que leur corps a enduré de supplices; avant leur mort, leurs membres ont été consacrés par les blessures reçues et les lenteurs calculées des persécuteurs. Tu as offert des enfants en bas âge, moi, des chrétiens consommés en mérites. De mon côté, la victoire dans les tourments, avec la possibilité de la défaillance dans la foi; de ton côté, une mort bienheureuse qui excluait le péril de la défection. Tu as offert une troupe innocente pour soustraire Je Christ aux recherches d'un roi sacrilège; moi, un grand nombre de chrétiens forts et robustes, dont l'exemple pouvait servir au Christ pour gagner et convertir les ministres cruels des persécuteurs. Enfin, Hérode, s'attachant à la recherche de l'Enfant-Dieu, ne livra que des enfants à une mort pour eux fortunée. Dans ta cause, un seul sexe a mérité, le triomphe, les deux' sexes ont partagé ma victoire; dans mes rangs, les femmes elles-mêmes ont remporté la palme sûr le prince du monde. Comme toi, j'ai vu figurer déjeunes innocents dans le chœurde mes martyrs; le chœur des tiens ne compte pas une femme comme ma Blandine. Cependant la divine Providence permit que le pontife présidât au grand sacrifice de la patrie. On entraine, pour lui faire subir un interrogatoire impie, Focin (Pothin), notre bienheureux père, le chef de cette Eglise. Plein de jours, accablé par l'âge, il est uni à son troupeau, afin de lui donner, croyons-nous, une dernière leçon.

Après le sacrifice du corps du Sauveur, il est conduit au pied d'un tribunal profane, afin qu'il s'immole lui-même pour la gloire du Christ. La faiblesse de son âge ne put soutenir longtemps les injures et les tourments que lui infligeaient des bourreaux furieux : il était évident que Dieu l'avait conservé jusqu'à cette heure pour lui ménager le mérite du martyre. Heureux celui qui, parvenu aux limites de l'âge, meurt pour une cause glorieuse, et non pour obéir aux lois de la nature ! L'exemple de ce père admirable fortifie ses enfants; ils n'attendent pas les tourments qui leur sont préparés^ ils volent au devant. Les supplices variés par le génie de la cruauté, les souffrances inventées contre eux ne peuvent entamer leur invincible fermeté; le poids des maux que l'on fait peser sur eux, ils en triomphent en les méprisant, et, par leur patience dans ces épreuves, ils obtiennent d'y devenir insensibles. On soumet leur corps au feu; mais tout l'effet des flammes est de consacrer leurs membres. On irrite contre eux les bêtes; mais, en face de leur proie, la férocité de ces animaux tombe, ils respectent ceux qu'ils devaient dévorer. Mis en lambeaux par divers genres de tourments, leurs membres sont sanctifiés par un feu qui ne sait les consumer, honorés par des bêtes qui refusent de les déchirer. Où sont-ils les hommes qui prétendent qu'on ne doit aucun honneur aux martyrs? Voici des bêtes féroces dont l'instinct sanguinaire ne connaît pas le sens religieux, et cependant elles défèrent aux corps des martyrs un hommage de vénération ; étrangères aux lumières de la raison, elles sont incapables de discernement, et, pour la condamnation des méchants, elles reconnaissent l'honneur dû aux saints. Chose admirable t ces animaux,. ce feu, qui servent d'instruments aux supplices, rendent témoignage au ipérile des martyrs, et par là condamnent tacitement l'impiété. Alors que notre Eglise était ornée des brillants trophées de la foi, l'iniquité cherchait à se surpasser elle-même par un crime inouï. Les corps des saints,

privés de sépulture, furent livrés aux flammes. Non contents de faire mourir des hommes, les païens s'en prenaient à l'humanité elle-même. L'objet de leur fureur n'était plus, et ils ne savaient pas mettre un terme à leur cruauté. Mais, bon gré mal gré, ils rendaient témoignage à la félicité de leurs victimes en les poursuivant de leur envie après les avoir immolées. Il est donc bien vrai, la sottise s'unit toujours à la méchanceté. Les païens réduisaient en cendres ces ossements vénérables, comme s'ils eussent pu consumer par les flammes les mérites des saints, détruire leurs vertus avec leurs reliques. folie, qui se confond elle-même ! Ils leur avaient ouvert le ciel, et ils leur refusaient la terre. Non, vous n'avez rien fait en poussant l'inhumanité jusqu'à ses dernières limites. Vainement vous ôtes-vous flattés d'éteindre la mémoire des martyrs, vous avez étendu la gloire de leur nom. Vous jetez les cendres des saints dans les flots du Rhône, pour rendre leur résurrection impossible; mais les eaux ne sont pas un obstacle à la résurrection; mais c'est pré' cisément par la vertu de l'eau que l'homme reçoit la grâce qui régénère, principe de la résurrection future. Vous livrez au courant du Rhône ces reliques sacrées; mais un corps se dissout par l'action du temps comme par celle d'un fleuve. Qu'un oiseau de proie emporte quelque chose de notre dépouille mortelle, qu'un animal la dévore, qu'une rivière l'absorbe, bien que cette dépouille ne soit pas enfermée dans une tombe, elle n'en demeure pas moins au sein de la nature. Ce n'est pas la terre qui, par sa propre énergie, doit réparer l'homme dans sa forme première, mais bien la volonté, la puissance du divin Réparateur, c Je suis la résurrection et la vie (1), » nous a dit de sa bouche pleine.de vérité Celui qui vit dans les siècles des siècles. Amen (2). »

(1) Jean, XI, 25.

(2) Voir le texte lalin de celte homélie aux pièces justificatives, n« 2.

Ëpipode et Alexandre. — Leur portrait. — Amitié qai les unit. — Leurs progrès dans les sciences et la vertu. — Leur arrestation et leur martyre. — Traduction de leurs Actes. — Lucie ; le peu que nous savons sur cette veuve chrétienne. — Prodiges qu'elle opère au moyen d'une des chaussures d'Epipode. — Grotte où furent cachés les corps d'Epipode et d'Alexandre. — Ce que devinrent leurs reliques. — Main d'Alexandre conservée dans l'église de Saint-Just. — Homélie attribuée à saint Eucher en l'honneur des deux martyrs. — Etude critique sur les Actes de saint Ëpipode et de saint Alexandre.

Le président de Lugdunum se flattait d'en avoir fini avec les sectateurs du Christ, d'avoir noyé le nom chrétien dans le sang des martyrs. Cette illusion, dans laquelle il aimait à s'entretenir, ne tarda pas à lui être enlevée. II ne fut pas moins surpris qu'irrité lorsqu'une dénonciation, faite par des esclaves, vint le tirer d'une erreur chère à sa vanité. Au mépris des ordres impériaux, deux jeunes gens d'illustre famille, Epipode et Alexandre, persistaient à pratiquer le culte proscrit, et cela en

plein Lugdunum, dans une ville témoin naguère de sanglantes exécutions.

Epipode et Alexandre nous offrent un double type de Tamitié chrétienne. Dans la galerie des quarante-huit martyrs de Lugdunum, l'écolier chrétien pouvait regretter de ne trouver pas à qui emprunter des exemples pour son âge et la direction de ses études. Epipode et Alexandre comblent cette espèce de lacune. Ils semblent avoir été ménagés par la divine Providence pour servir de modèles à la jeunesse des écoles, avoir été détachés de Pothin et de ses compagnons afin de frapper mieux les regards des jeunes gens appelés à se modeler sur eux.

Ils sont beaux à contempler, ces deux adolescents, dans Fépanouissement de leur jeune intelligence, Pinnocence de leur affection mutuelle, le précoce héroïsme de leur courage. Cette candeur du premier âge, cette fleur de pureté qui les caractérisent, exhalent un parfum qui pénètre et embaume. Nobles esprits, cœurs ardents, âmes viriles, leur physionomie, attrayante pour tous, a un charme spécial pour le jeune homme qui se prépare à l'avenir par la culture de l'intelligence et la discipline de la volonté. Dans Epipode et Alexandre, la jeunesse studieuse trouve un autre Basile et un autre Grégoire. Comme lea deux amis d'Athènes , ceux de Lugdunum ne connaissaient guère que deux chemins, l'un qui conduisait à l'oratoire de Pothin, l'autre aux écoles chrétiennes. L'âme ouverte à tout ce qu'il y a de grand, de noble, de généreux, ils rivalisaient d'ardeur à profiter du double enseignement, religieux et littéraire, qu'ils puisaient aux mêmes sources. Cultiver de concert leur esprit par les belles connaissances, leur cœur par la pratique de la vertu ; élever leur vie à la hauteur où les provoquait la perfection évangélique; se prêter un mutuel appui de conseils, d'encouragements et de prières, tel était le but de leur

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commerce, le charme de leurs entretiens, le lien, la consécration de leur amitié. Ces souvenirs, si gracieux de fraîcheur, si édifiants d'innocence, il appartient aux élèves des écoles de Lyon de les recueillir comme un legs précieux, de les raviver, de s'en inspirer dans leurs rapports avec leurs compagnons d'étude.

D'après les Actes de ces deux martyrs, Alexandre était Grec de nation. Un peu plus jeune qu'Alexandre, Epipode avait vu le jour à Lugdunum. Ils étaient tous les deux d'un sang noble, et, ce qui vaut mieux, ils avaient, paraîl-il, sucé la foi avec le lait, trouvé la religion assise au foyer de leur famille. L'amitié qui les unissait, prit naissance de bonne heure. Formée sous les meilleurs auspices, elle leur fut un puissant aiguillon pour s'avancer à la fois dans les lettres et la vertu. Aussi bien doués du côté de l'esprit que du côté du cœur, ils firent dans l'une et l'autre carrière des progrès dont leur humilité rapportait toute la gloire à Dieu.

Epipode et Alexandre doivent être rangés parmi les enfants spirituels de Pothin; ils appartiennent à cette forte race, à cette génération énergique, dont le premier évéque de Lugdunum fut le père. Assidus aux réunions des fidèles, ils recevaient l'enseignement chrétien de la bouche de. leur évéque ; de sa main sacrée, le pain mystique, le corps du Ghrisf. Ils entendirent aussi le prêtre Zacharie ; ils vécurent dans la société de Vettius Epagathus, d'Atlale, d'Alexandre le médecin et des autres, surtout dans celle de Ponticus et de Maturus, adolescents comme eux. Nul doute qu'ils ne fissent servir l'influence de leur talent et de leur naissance à répandre l'Evangile parmi les jeunes gens de leur âge.

La persécution ayant éclaté à Lugdunum, Epipode et Alexandre ne crurent pas devoir abandonner cette ville. Tout en prenant les précautions suggérées par la prudence, ils partagèrent

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les émotions de la crise religieuse, ils en suivirent les différentes péripéties. En Tannée 177, la tempête passa sur leur tête sans les atteindre. Cependant, animés d'une noble ambition, ils aspiraient aux honneurs du martyre. Afin d'appuyer devant Dieu leur candidature, ils pratiquaient la tempérance, la chasteté, les œuvres de miséricorde. Leurs vœux ne tardèrent pas à être exaucés; le Seigneur les élut à la gloire du grand témoignage, moins d'un an après la mort de saint Pothin et de ses compagnons.

Après l'horrible boucherie qui avait marqué les fêtes augustales, le président de Lugdunum s'imaginait avoir purgé la ville de tous les adorateurs du Christ; il crut donc pouvoir laisser reposer le glaive. Comme les autres chrétiens qui avaient survécu, Epipode et Alexandre profitèrent de ce répit pour respirer après l'orage. Le calme ne devait pas être de longue durée. Moins d'un an après, la persécution se ralluma aussi violente que jamais. Les esclaves attachés au service des deux amis se trouvaient naturellement dans le secret de la religion pratiquée par leurs maîtres. Ces derniers, qui ne s'étaient pas mis suffisamment en garde de ce côté, furent victimes d'une indigne trahison. Fanatisme païen, ou bien espoir d'une riche récompense, leurs esclaves les dénoncèrent comme chrétiens. Dans la situation d'esprit où se trouvait le président, il est aisé de concevoir l'impression produite sur ce magistrat par une pareille dénonciation. Aussitôt il fait appel à ses agents, il lance des soldats à la poursuite des chrétiens dénoncés, et ordonne aux bourreaux de préparer les supplices. Pour ces deux jeunes geqs, la position n'était plus tenable à Lugdunum. Avertis à temps, ils purent, à la faveur des ténèbres, se glisser hors des murs et se réfugier à Pierre-Scise.

Dans ce faubourg, vivait une veuve chrétienne,* nommée Lucie, échappée, comme plusieurs autres fidèles, au dernier mas-

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sacre. Epipode et Alexandre, qui la connaissaient pour Pavoir rencontrée souvent aux réunions présidées par le bienheureux Pothin, vont frapper à sa porte et lui demander un asile. La courageuse Lucie n'hésite pas à leur donner une hospitalité qu'elle peut payer elle-même de la vie. Dans la modeste demeure de cette veuve, ils échappèrent quelque temps aux recherches dirigées contre eux. A la fin, les soldats du président furent mis sur leurs traces et découvrirent leur retraite. Comme ils essayaient de s'évader par une petite porte, Epipode, dans la précipitation de la fuite, perdit une de ses chaussures. Lucie la recueillit précieusement et la conserva comme un trésor. En récompense de sa foi aussi bien que de sa généreuse hospitalité, le Seigneur lui accorda le pouvoir d'opérer des prodiges au moyen de cette relique.

Saisis et chargés de chaînes, Epipode et Alexandre furent jetés en prison, avant même d'avoir été interrogés. Comme ils étaient reconnus pour chrétiens, ce nom, qui impliquait aux yeux des magistrats la preuve des plus grands crimes, fit passer par dessus les régies ordinaires de la procédure. Bientôt ils furent traduits séparément au pied du tribunal. Le président voulait ainsi les priver de l'excitation que leur courage pouvait recevoir de leurs encouragements mutuels, de leur exemple réciproque. Mais, séparas de corps, ils ne laissèrent pas de s'accorder dans la fermeté d'une môme confession; ils repoussèrent avec une égale énergie les efforts tentés pour séduire leur foi, pour abattre leur constance. De guerre lasse, le président condamna Epipode à être égorgé, Alexandre à mourir sur une croix. Epipode fut immolé avant son noble ami ; il le précéda de deux jours seulement au séjour où se cueillent les palmes immortelles. Inséparables pendant la vie, la mort les réunit tous les deux dans la gloire d'un même triomphe.

Ces détails nous sont fournis par les Actes de leur martyre.

Nous allons donner la traduction de ces Actes, nous réservant d'y revenir pour en signaler le caractère et la valeur historique.

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