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Où 8*en fait la consommation.
On peut assurer qne toutes ces toiles se déb^ tent et se transportent dans les quatre parties do monde. Gomme cette manufacture est unique, il n*est pas étonnant qu'elle fournisse I toute la terre.
Les flottes d'Espagne en cbarsent une grande quantité de molennes pour l'Amériqae. Les Tores en enlèvent poor leors turbans, les Anglais les Hollandais, les Italiens, les Portugais, consomment beaocoop de fines, snrtoot les Anglais; enfin tons les pays connus font grand cas de ces marcbandises.
0 n'y a qo'en France
1 la consommation en est entièrement diminoée depnis qo'on a jogé k propos d'y sobstitoer les mousselines poor enrichir les Indes-Ortenuies; ~ rosam qo'on faisait aotrttm de cette marchandise éUit très-modique, anjoord'boi on s'en sert poor les chemises et les wrplis des eeelésiasU ques.
Qoelle différence il peot ji avoir de la situation présente de cette fabrique k celle où elle éuit avant 1719.
Avant 1719, la Compagnie des Indes n'avoit encore apporté que peu de mousselines en France, mais depuis 10 ans on peut dire que tout le royaume en est inondé, et que si la manufactore de Saint-Onentin se soutient, elle n'en aura l'obligation qu'aux pavs étrangers.
Il n'en éuit pas de même autrefois; c'était en France qoe se faisait la plus grande consommation de ces marchandises.
Ce qoe Ton poomit faire poor l'augmenter et la rendre plus parfaite.
Sopprimer la Compagnie des Indes qui ruine les manufactures de France et en particulier celle des toiles, et qui, d'ailleurs, épuise le royaume d'or et d'argent.
Les attentions que les magistrats auront i faire suivre exactement les règlements et les arrêts, rendront cette mannfarture parfaite de plus en plus.
PREMIÂRB PARTIE. — CHAPITRE III
Prohibition de Texportation des fils.
Note de la page 225.
Archives de T Aisne, c. 761 .
A Amiens, le 19 janvier 1773.
Monseigneur,
Nous avons reçu, avec la lettre que vous nous avez fait Thonneur de nous écrire, le mémoire des négociants de Saintr-Quentin tendant à faire prohiber l'exportation des fils propres à leur manufacture, et à en empêcher Tusage par celles de Ljon, de Nismes et de Tours.
Nous estimons que sur la première partie de leur demande il ne doit point y avoir de difficulté. Il est de la politique de toutes les nations d'ordonner ces sortes de prohibitions pour conserver chez elles les matières premières. L'Angleterre eu fournit l'exemple dans ses laines, l'Espagne dans les soyes et la plupart des états d'Italie dans leurs huilles. Il suffit d'ailleurs de rappeler le conseil à sa propre conduite. C'est sur les mêmes principes et dans les mêmes vues que l'exportation des vieux linges et chiflfons servant aux papeteries a été prohibée pour ne point alimenter les papeteries étrangères au préjudice des nationales.
Le même motif milite en faveur de la manufacture de Saintr-Quentin et avec beaucoup plus de force, puisque l'objet en lui-même est beaucoup plus important et qu'il entraine l'état d'une plus grande quantité d'artisans.
Quant à la seconde partie de la demande, c'est-à-dire la défense aux manufactures de Lyon, Nismes et Tours d'employer de ces mêmes fils, elle paroitra sans doute beaucoup plus délicate au conseil, car depuis quelques
années on a admis la liberté de fabriquer avec toutes sortes de matières, surtout pour ce qui concerne les étoffes de nouvelle invention.
Nous ne voions pas en effet comment on pourroit se déterminer à b'arrer l'industrie d'un fabricant qui, pour satisfaire au goût ou aux facultés du consommateur, auroit imaginé une sorte d'étoffe en fil et soje destinée à des usages qui exigeroient ce mélange, et d'aprez cette considération il ne paroîtroit pas plus juste d'interdire aux fabricants de Lyon, de Nismes et de Tours, l'usage des fils de Picardie que de deffendre aux autres fabriques du royaume d'emploier la soye, parce que la communication réciproque d'une province à une autre ne doit point avoir de bornes. Mais comme le mélange de ces fils pourroit s'étendre abusivementjusqu'aux étoffes de soye dans lesquelles il a été prohibé par les règlements, ce seroit seulement le cas d'observer icy la nécessité de renouveller cette prohibition relativement aux anciennes étoffes.
Nous sommes avec respect, Monsieur, vos très-humbles et très-obéissants serviteurs.
Les président et syndics de la chambre du commerce de Picardie.
Signé Galand, Cannot, Durieux de Beaurepaire, F. Boucher, Allard, Jourdain DE Thieulay, Deshbry, F. Delhraye; Leleu, secrétaire.