ARRIVÉE BB SAINT SÉVERIN EN NORIQUE
de quelle famille il sort? D'autant qu'eu gardant le silence sur ce sujet il lui est plus facile d*éviter Forgueil. Ainsi, suivant le précepte du Christ, sa gauche ignore ce que fait sa droite et il méritera d'être inscrit parmi les justes au nombre des citoyens de la patrie céleste. Si tu penses que, quoique indigne, j'aspire sincèrement à celle-ci, en quoi peut-il te servir de connaître ma patrie terrestre? Sache seulement que le même Dieu qui t'a fait la grâce d'être prêtre, m*a ordonné de venir au secours de ces peuples infortunés. » Primenius se contenta de cette réponse, et personne depuis n'interrogea Séverin sur ce sujet*.
vrait un esclave fugitif de le garder moyennant indemnité payée au légitime propriétaire.
I. Eug. Ad Pascli,^ §§ 7 et suiv. — Le petit martyrologe romain (vi* siècle), le martyrologe d'Adon (ix* s.) et d'autres font allusion à un saint Séverin et à son frère Victorinus, évêque de Naples, également honoré comme un saint, célébrés au 6 janvier. Mais on ne connaît pas d*évêque de Naples de ce nom. Le Martyr, Germanie. aggrave la confusion en faisant de ce Séverin Tapôtre du Norique et en donnant à Victorinus la qualité de martyr. (V. jicta Sanct,, jan., p. 457» 498, 499.) Double erreur. Ce n*est pas à Naples, mais à Septempeda (S. Severino), dans le Picenum, que se rapporte la fête mentionnée. Un Séverin fut évéque de Septempeda. Son frère, Victorinus, n*a pas le titre de martyr, mais de confesseur. Victorinus martyr fut un des compagnons des ss. Nérée et Achille. On a supposé que cette erreur provient d'un passage de la Vie même de saint Séverin par Eugippius (XLVI, 2) où il est fait mention de Tévéque de Naples Victor qui
Avant d'exposer l'œuvre de celui qu'on a appelé . Tapôtre du Norique, nous devons nous poser une question : saint Séverin fut-il prêtre ? Bollandus lui donne ce titre, mais il nous a été impossible de découvrir sur quelle autorité il s'appuie. Ni Eugippius, ni les Martyrologes, ni aucun écrivain ^ ecclésiastique ne mentionnent cette qualité. Or, il serait bien surprenant qu'Eugippius tout au moins, ordinairement exact à l'indiquer chez des personnages de bien moindre importance eût négligé de le faire quand il s'agit du saint même dont il raconte l'histoire.
Nous voyons, il est vrai, saint Séverin prendre la parole dans les églises, et en principe l'évèque et les prêtres seuls avaient droit de le faire, mais des temps si troublés devaient souffrir des infrac-
transféra le corps du saint à Liicullanum (Mommseii, Eug. Vita Sep.j p. x). Quoi qu*ii en soit, il nVst pas douteux qu^il n'y ait confusion avec les Actes des ss. Séverin et Victorinus de Septempeda (jéct, Sanct,^ loc. cit.). Tout ce que nous savons de saint Séverin, à un détail près, tout ce que les écrivains anciens nous en disent, provient d'une, source unique, comme nous Tavons dit, d'Eugippius, qui écrivit la biographie du saint après un séjour de plusieurs années dans la Haute Italie puis à Naples. Comment aurait-il pu n'y pas mentionner l'existence d'un frère de son maître et père spirituel, surtout si ce frère devint lui-même un saint, évéque de Naples, et comment en ce cas le voile qui couvrait la personnalité de Séverin n'eût-il pas été soulevé? Quelle qu'en soit la source, l'erreur est hors de toute contestation.
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lions à la règle et nous savons d^ailleurs que presque dès les origines de la vie monastique les évéques firent souvent appel aux moines pour seconder le clergé dans Tinstruction du peuple. On voulut le faire évêque. Mais ceci encore n'implique pas qu'il fût déjà prêtre, car lorsque, soit par Tacclamation populaire, malgré les instructions formelles et réitérées des papes, soit par le choix d'autres évêques, des moines étaient appelés à Tépiscopat, ils recevaient tout à la fois le sacerdoce simple et sa plénitude. D'autre part dans la réponse à Primenius qu'Eugippius prête à Séverin et que nous avons rapportée, on peut remarquer qu'il ne dit pas : < Le même Dieu qui nous a fait la grâce d'être prêtres m'a ordonné de venir au secours de ces peuples malheureux », mais : a Le même Dieu qui t'a fait la grâce d'être prêtre ». Indice léger, assurément. Il semble toutefois que Séverin marque aussi une distinction entre leurs deux vocations.
En une autre circonstance, après que Séverin eût prié dans une église, c'est un prêtre qui conclut l'oraison, ce qui ne s'explique guère si Séverin eût été prêtre lui-même*.
Une autre fois, ayant reçu des reliques, il les