‹ Saint Séverin, apôtre du Norique (453-482): (453-482)Chapitre 18 sur 81 · I. i?«^., IX · texte numérisé non relu

I. i?«^., IX

indigne, non par une téméraire présomption, mais par une religieuse obligation ^ » Apparemment celui qui parlait ainsi était un moine, comme les derniers mots le font présumer. Alors l'envoyé se fit connaître, conduisit l'inconnu vers Séverin, et c'est ainsi que les reliques des saints Gervais et Protais enrichirent la basilique du monastère, où elles furent déposées en grande pompe par le clergé de Favianes*.

Le monastère de cette ville devait rester le principal, mais non pas le seul. Tour à tour Séverin en fonda plusieurs autres, composés seulement de quelques cellules. C'étaient autant de postes d'où son action rayonnait en tous sens. Lui-même y résidait volontiers lorsqu'une affaire le reteujait dans la région ou si les habitants d'une ville voisine lui faisaient appel, comme il arrivait souvent. Nous ignorons d'ailleurs où ils étaient situés, à l'exception d'un seul, celui de Boitro, au confluent

1. Eug,^ IX, 1. Quod (ministerium) hue usque non terneraria prxsumptione sed religiosa necessitate sustinui.

a. Ce trait nous parait un indice que Sëverin avait conservé des relations secrètes avec cet Orient où il avait vécu et d'où venait l'inconnu, porteur de reliques destinées au saint. En effet, cet homme arrive par la rive gauche du Danube, puisque Séverin fait passer le fleuve à son envoyé. Sans doute, Séverin était informé de la date probable de sa venue et n'ignorait pas qui il était, mais il n'éprouva pas le besoin de faire des confidences à celui qu'il envoyait à sa rencontre.

de rinn et du Danube , en face de Passau qui était sur Tautre rive. Cette position, à la limite de la Rfaétie et du Norique, était des plus importantes au point de vue stratégique, et nous montre avec quelle judicieuse intelligence Séverin choisissait l'emplacement de ses monastères. En effet Tembouchure de Tlnn marquait aussi la limite des terres assignées aux Ruges; au delà étaient les Thuringes, et de Tautre côté de Tlnp les Alamans, ' plus puissants que les Ruges et qui n'épargnaient guère plus leur territoire que celui des Romains. Aussi les citoyens de Passau avaient-ils souvent recours aux bons offices du saint qui avait su prendre de Tinfluence sur Tesprit de Gibuld, roi des Alamans.

A Boitro également il y avait une basilique.

Elle était consacrée à saint Jean-Baptiste, mais resta longtemps privée de reliques. Les moines en désiraient avec ardeur \ Un jour qu'ils se faisaient plus pressants auprès du saint pour en obtenir, il leur fit cette réponse mélancolique : « Toutes les œuvres humaines sont périssables. Mais celle-ci entre toutes doit être de peu de durée. Cependant ne prenez aucun souci de chercher les reliques que vous réclamez. Je vois que saint Jean-Baptiste

Page 1