‹ Saint Séverin, apôtre du Norique (453-482): (453-482)Chapitre 39 sur 81 · I. Augi ep. Lxxym · texte numérisé non relu

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des cierges s*étaient d'eux-mêmes allumés, maïs quelques-uns demeuraient éteints. On interroge ceux à qui ils appartiennent. Atterrés, ils avouent leur crime. Et ici éclate dans toute sa splendeur rinassouvible bonté du saint ! Bien loin de les abandonner à la colère de la foule, il les prend sous sa protection, s'adresse à leur cœur avec toute Teffusion dont il était capable. Ils pleurent, ils s'accusent eux-mêmes, et ce ne fut pas un repentir d'un moment, mais une durable conversion, car depuis, Cucullis ne posséda pas de meilleurs chrétiens que ces brebis perdues et retrouvées*. Ce triomphe de la foi et de l'amour resserra encore les liens qui unissaient Séverin aux habitants de Cucullis. Il ne faut donc pas s'étonner si l'on y avait recours à lui dans les circonstances les plus diverses. Ces circonstances, hélas, n'avaient entre elles qu'une, ressemblance. Elles étaient toutes également malheureuses. Cucullis n'était pas une exception ; partout on appelait Séverin. Il était le suprême et on peut dire l'unique espoir des cités. Quelque danger qui menaçât les villes, quelque fléau qui éprouvât les campagnes, aussitôt les regards se tournaient vers lui, on le sup-

I. Euff., XI, 5. Quis credat amplius eos quos sacrilegus error involverat postea claruisse bonis operibuSy quam eos quo' rum cerei fuerant accensi divinitus.

SAINT SÉVERIN ET LES-tW^AÏNÔÎ ^•r<Jl ^

pliait de venir. Il semblait que sa présence suffît à conjurer le péril, et sa parole était considérée comme un oracle*.

Un été donc, longtemps après l'affaire que nous venons de raconter, un fléau d'un nouveau genre^ s'abattit sur l'infortunée Cucullis*. C'était un vol de sauterelles qui ravageait les champs et ne laissait aucun espoir de récolter une moisson péniblement préparée. Se vérin seul, pensa-t-on, pouvait trouver un remède. Une délégation, composée de prêtres et de laïques, fut donc députée vers lui et lui tint ce langage : « Tes prières seules peuvent nous débarrasser de cette calamité. Nous avons éprouvé jadis, lors du miracle des cierges, combien elles ont de puissance sur le cœur de Dieu. » Il les écouta en silence, et quand ils eurent fini : « N'avez-vous pas lu ce que Dieu lui-même prescrivit à un peuple pécheur par la bouche de son prophète : « Convertissez-vous à moi de tout votre € cœur, avec jeûne et avec larmes' » ; et un peu plus loin : « Sanctifiez le jeûne, convoquez l'assem-

I. £ug.<, XI, I. Tarn celeberrima sancti Severini flagrabat opinio ut certatim eum ad se castella singula pro suis munitionibus invitarent, credentes quod ejus preesentia nihil eis eveniret adversi. Quod non sine nutu divini muneris agebatur^ ut omnes ejus monitis quasi ctelestibus terrerentur oraculis exemploque illius bonis operibus armarentur,

a. Eug., XII.

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