I. Ozanam. Études germaniques ^ t. If, p. 4i
On lui amenait des malades. On visitait sa cellule comme un lieu de pèlerinage. Et il n'était pas rare que Ton vît cette merveille : un Barbare, les mains encore teintes du sang des Romains, cédant à Tuniverselle curiosité, approchait le saint, Técoutait, se laissait toucher et, la grâce aidant, abandonnait Tarianisme, et revêtait le froc sous lequel de persécuteur il allait devenir le zélé défenseur de ses anciennes victimes. N'avons-nous pas rencontré sur notre chemin un Ursus, un Bonosus qui, par sa patience à accepter un mal plus insupportable pour un Barbare que pour tout autre, fit pendant quarante ans l'édification de ses frères ? Et parmi ceux qui, sans rester au monastère, emportaient gravée dans leur cœur l'image impérissable du saint, que d'exemples de foi candide, de touchante ferveur! Nous en avons cité quelques-uns, nous pourrions en ajouter plusieurs autres, raconter par exemple l'histoire de ce Téio, qui, venu de fort loin pour chercher la guérison, l'obtint en effet, grâce à la sincérité de ses larmes et à l'ardeur de ses prières*. Car non seulement des Ruges, mais des Barbares de toute origine affluaient au monastère de Favianes.
Ce fut le cas d'un homme, alors totalement