‹ Saint-Simon considéré comme historien de Louis XIV;Chapitre 263 sur 328 · Wd., p. 412-413 et 426-430. — 4. /Wd., t. V, p · texte numérisé non relu

Wd., p. 412-413 et 426-430. — 4. /Wd., t. V, p

5. Lettres de Mme de Maintenon à Mme des UrsinSy 1. 1, p. 180.

6. Voy. fragments d'une Notice sur la vie et le rôle politique de la prinrêsse des Vrsins, par M. Geffroy (Paris, Durand, 1858), p. 29-30.

Simon pour ce quicoticenie le second exil de cette princesse. En apprenant sa disgrâce, Mme de Maintenon lui écrit le la janvier 1 715* : « Je ne sais ce qu'il y a de plus vif en moi de la douleur de votre état ou de Tétonnement de ce qui vous arrive, madame. Il y a longtemps que vous me prépariez à une retraite, et je n'en étais point surprise; mais je vous avoue que je n'aurais jamais cru que vous eussiez quitté l'Espagne comme une criminelle. » Et plus loin ', à la date du âO janvier 1715 : « Oui, certainement, madame, j*aiét6 t»en étonnée du traitement que vous avez reçu, dont il ne faut rien dire de plus, par le respect que nous devons i nos mattres. » Et encore' : « Non, madame, je ne vous fermerai point ma porte, et quoique nous n'ayons à traiter que des matières bien tristes, j'ai une grande impatience de me trouver en liberté avec vous: laissez-vous conduire par votre ami^; il n'y en eut jamais un meilleur; et s'il en était cru, madame, vous seriez sur le pinacle, plus honorée et plus considérée que vous ne l'avez jamais. été. >

Ces passages prouvent que Saint-Simon a été mal informé lorsqu'il soutient que Mme de Maintenon avait préparé la chute de la princesse des Ursins. « La perte de celle-ci, ditil ^, fut conclue entre le roi et Mme de Maintenon , mais d'une manière si secrète devant et depuis, que je n'ai connu personne qui ait pénétré de qui ils se servirent ni ce qu'ils firent pour l'exécuter. > Ou Saint-Simon, quin'allëgue aucune preuve à Tappui de ses assertions , s'est trompé, ou Mme de Maintenon a menti avec audace dans*les lettres citées. Nous aimons mieux croire à une erreur de l'historien qu'à une odieuse hypocrisie de Mme de Maintenon.

Les personnes qui entouraient Mme de Maintenon et entre autres sa nièce Mme de Caylus, dont il nous reste de pi-

1. LeUre de Mme de Mainterum à Mme des Ursins^ t. III, p. 163. —2. /Wd.. p. 165. — 3. Ihid. , p. 170, à la date du 15 février 1715. 4. 11 s'agit iirobablement dans ce passage du maréchal de Villeroi. 3. Mémoires de Saint-Simanj t. XII, p. 3.

quants souvmirs^ n'ont pas échappé à Saint^^imon. Il parle de Mme de Caylus sans prévention, et loue son esprit et ses grftcesy sans dissimuler les fautes de sa jeunesse* : < Jamais un visage si spirituel ^ si touchant, si parlant, jamais une fratcbeur pareille, jamais tant de grâces ni plus d'esprit, jamais tant de gaieté et d'amusement, jamais de créature plus séduisante. Mme de Maintenon l'aimait à ne se pouvoir passer d'elle, au point de fermer les yeux sur une conduite que Mme de Montchevreuil avait autrefois trop éclairée. » Après avoir été quelque temps exilée de la cour*, Mme de Caylus y fut rappelée en 1707'. Sa correspondance avec Mme de Maintenon confirme ce que dit Saint-Simon de l'amitié intime qui unissait la tante et la nièce. Aux nom* breuses lettres déjà publiées j'en ajouterai quelques autres, que je crois inédites. A l'occasion de la nomination de Desmarets comme contrôleur général des finances \ Mme de Maintenon écrivait à Mme de Caylus :

« Marly, le 28 février 1708.

. « Vous savez rendre compte en peu de mots. Bien des gens sont persuadés que le changement qu'on vient de feire fera trouver de l'argent, du moins dans le commencement. Je vous demande vos bons offices auprès de M. «Desmarets. Ne venez pas si vous n'êtes pas bien guérie ; vous n'avez pas assez vos commodités à Versailles pour y être malade, et je ne suis plus assez à moi pour avoir soin de vous. Bonjour, ma chère nièce.* Mme d'Heudicourt' est mieux de sa goutte. Je me porte fort bien; vous savez ce qui me manque. >

1. Mimoirei de SaintSimony t. IV, p. 380. —2. Und, p. 416-418.

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