Mémoires, t. IV, p
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de .^sespoir/ Iitfsqu'il vit arriver Hagnac^ prttne*^ lifiiitemn^gâoéral de cette année, qui accourait s^l au galop arec ,UD aide de camp, après hû. YlUacs ne autant plas qae toat ne fût perdu, lui cria : Eh bien! Magnae^ nous sommes dmc p^Mtsf A aa vote, Magnac pdoasa à i'arbrei et bien étonné tde voir Viliars en cet état : £A, lui dit-il, qut faius-^wmsdane là et où 0n, tte^-vùusf Us sont baitus et tout est à nous. ViOars â rinstant recogne ses larmes, court avec Magnac à Tinfantorie qoi eoœbattftit celle des ennemis, criant tous deux victoire. » Ainsi le glorieux géoérali qui avait transfc«iné son armée, et mérité par sa valeur que ses soldats lui décernassent sur le ebainp de bataille le tilre de maréchal de France, bientôt noafirmé par le roi, a*est plus, dans le récit de Saint- Simoa, qu'un personnage de comédie , vainqueur à son insu et s'approprlant honteusement les succès de ses lieutenants. Il est inutile de s'arrêter à réfuter des anecdotes que Saint- Simon a ramassées, on ne sait dans quelle lettre ou oonversation d'un mécontent. Le seul mérite de pareils écrits est de présenter sous un aspect ridicule le général qui venait de rendre la victoire à la France et qui se préparait à porter ses armées U^iomphantes jusqu'au cœur de rAliemagoe. Après avoir pris. Kdil sur le BJiiio, Yiltars accorda à ses troupes ud peu de repos pour sç préparer aux fatigues d'une guerre lointaine. Aussitôt les courtisans de se déchaîner à Versailles contre Tinaction de Yillars, et Saint-Simon se faisant leur <^oho, écrit sur les marges de ses mémoires et comme som*maire àdévedopper : homeua délais de VUlat^^. Il attribue son retard à la jalousie qu'il avait de sa femme ^. ViUars n'igooraitpai^ les repi'oches que lui adressaient les oisifs de Ver«sailles:; il écrivait au prince de Gonti : «^ Je sais que sur le^ terrasses de VersaUles et de Marly^ moi pauvre dtabie> oti me
2. Il faut lire dans le sommaire de r<5dition Hachette (t. iv, p. 114) : Jaloux de sa femme f refusé de la mener avec Uti. et non tefkue de la mener avec lui. Ce qui e-t un vrai contresens.
DES MÉMOIRES DB S'Amî-SIMON. S&9
ttaîte (TesxtraTagaoty on par l'amour, oa piirravariee, dn par la vanité. ï^i oai dire qu'il n'y a qne ces trois petits points dans mon procès; or c'est bien assez pour faire joger un homme pendable. >
Il se justifiait, en écrivant à Chamillard, de cette prétendue jalousie que lui reproche Saint-Simon : « Ceux qui publient que je ne veux pas joindre M. l'Électeur de Bavière et que j'ai repassé le Rtiïn pour voir Mme de Yillars, qui ne nr'a pourtant pas beaucoup occupé pendant mon siège de Kehl, se songent sans doute pas que j'ai dû me conserver de la s^ubshtance pour repasser le Rhin ; qu'il y a un esprit de prévoyance dans la guerre de campagne pour ménager un pays qui doit nous servir dans les nécessités urgentes, et que de ces ménagements dépend quelquefois le succès d'une campagne. »
Lorsqu'enfin Tillars a repassé le Rhin et s'est engagé dans les défilés de la Forèt-Noire, les difficultés et les périls l'erîvironnent. < Si les ennemis, dit-il dans ses mémoires*, eussent eu seulement l'idée de se rassembler sur les hauteuts, il y a nombre d'endroits où il ne leur aurait fallu que des pierres t)our nous détruire, entre autres les deux lieues de^ f^uis Hornbei^ jusqo^au haut de la montagne. Le chemin est toujours dans le fond d'un précipice, où cinquante arbres abattus arrêteraient une armée, ou bien il rampe le long du penchant d'une montagne escarpée : il n'en faudrait qu'égrà'» tigner les terres pour qu'on ne pût plus passer qu*en faisant des êchafeudâ. Je ne puis m'empécher de le dire : il n'y a que l'opinion de l'impossible qui a rendu possible ce que noti^ avons fait. » Saint-Simon n'indique aucune de ces dtfHcnft'é^, et il semble, d'après son récit *, que la jonction de Tillars H de rÉiecteur de Bavière s'acodmpllt sans rencontrer d\)b^ stades.
I. Mémoires de ViUarSf même éditiou, p. 11 (, 2* cul. 3. Mémoires de Saint-Simon, t. IV; p. nî»-llC.
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Les relations du général français avec l'Électeur ne furent ));ls Ibngliemps amicales, et Saint-Simon en rejette toute la faute fetirViUars. 11 prétend • que tourmenté parla jalousie, et n'ayant pu obtenir que sa femme vint le rejoindre, Villars ne songea plus qu'à forcer l'Électeur à se séparer de lui et à iolliclter son rappel d'Allemagne. C'était le. bruit de Versailles/avant même que les Français n'eussent rejoint les Bavarois, et Saint-Simon n'a fait que répéter ces commérages. Villars, qui ne les ignorait pas, écrivait ii Louis XIV * : «c Je ne suis pas trop en peine de l'impression que fera sur Votre Majesté l'opinion que plusieuris de ses courtisans veulent avoir que je ne me conduirai pas bien avec l'Électeur de Bà^ère. Cependant Votre Majesté me permettra de lui dire que je ne me suis pas encore bien armé contre la malignité de ces gens-là; je ne commence qu'à connaître leur injustice k leur noirceur. Mais ne voudrait-elle, point leur donner la mortification .de voir qu'un homme sans appui, sans cabale, utliquèment occupé de l'envie de la bien servir, s'élève malgré eux? Je né songe au monde qu'à mortifier les ennemis de Votre Majesté; qu*eïle ait la bonté de mortifier un peu les miens. » . ,
* Vilïârs aurait voulu, après sa jonction avec l'Électeur, porter la' guerre au cœur même de l'Autriche en s'empaxant de Passai! ou de Lintz ', et en même temps donner la niain à l'armée d'Italie en s'emparant du Tyrol *. Ce projet prouve le génie militaire de Villars. Le général Bonaparte le reprit en iî97, lorsqu'après son immortelle campagne d'Italie, il flranchit les Alpes tyroliennes et concertant ses mouvements avec ceux de l'ar^née du Rbini alla dicter la paix à l'^Aulriche au cœur même de ses États. Saint-Simon, qui parle de ce plan hardi ei habile, le traite d'Insepsé ' : < La difficulté du pas-,
' l! Mémûiret àe Saint-Simon , t. IV, p. 140.