SAINT-SIMONISME. — PÉRIODE TRANSITOIRE
Saint-Simon, en moaranl, laissait après lui quelques amis, mais noa nne école. Parmi ceux qui étaient alors réunis autour de lai, la plupart, sanf OUade Rodrigues , ne firent pas partie du groupe saint-siiûonien, et la plupart aassi de ceux qui plus tard composèrent ce groupe n'avaient pas connu Saint-Simon. Ainsi s'expliquent les différences notables qui séparent te fondateur et l'école. Celle-ci se développa avec une originalité pro{H'e, et ent une vie individaelle. Deax hommes surtout , l'un et l'autre brillamment doués, l'ont constituée : Bazard et Ëniantin, le premier pendant la première période, le
^Gc
16 L'ÉCOLE SAINT-SIMONIBNNIÎ
second pendant la seconde; te premier, déjà connu comme l'un des oi^anisateurs da carbonarisme en France, et doué en même temps d'une certaine puissance de synthèse philosophique ; le second , vrai chef d'église, absolument dénué de force logique et de précision scientifique , à la fois enthousiaste et tortueux, connaissant les chemins du cœur et la conduite des volontés, politique et prophète, d'une ambition effrénée, prétendant, comme l'a dil un de ses disciples, cumuler le rôle de saint Paul et celui de Grégoire VU. C'est lui qui, en forçant les ressorts, en soulevant des problèmes inutiles et dangereux , en poussant à la mysticité sensuelle et à une sorte de convulsionnarisme, contribua le plus à la dissolution de l'église qu'il prétendait fonder. Une école scientifique, même demi-religieuse, comme le fut plus tard le positivisme, eût pu durer et se faire une place imporUnte dans l'arène politique et philosophique du temps ; mais, en s' adressant presque exclusivement à la sensibilité et à l'enthousiasme , Enfantin conduisait fatalement à une crise qui, une fois passée, laissa chacun les yeux dessillés, peu disposé à reprendre le joug, et cherchant de côté et d'autre à sauver sa personnalité. La plupart trouvèrent moyen