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Saint-Sulpice et les missions catholiques

On annonçait, pour septembre 1930, une Exposition-missionnaire à Montréal. On priait la Compagnie de Saint-Sulpice d’y prendre part et de faire connaître au public ce qu’elle avait fait pour les missions, au cours de son histoire.

Or, nous savions que, dans les archives de Notre-Dame, reposait un manuscrit de M. Pierre Rousseau, P.S.S., traitant précisément de ce sujet. Nous avons cru qu’il était temps de le publier.

M. Pierre-Joseph Rousseau, né à Nantes, en 1827, est venu au Canada en 1853. Tour à tour vicaire à Notre-Dame (1853-54, 1856-64, 1895- 1912) et professeur de belles-lettres et de rhétorique au Collège de Montréal (1854-56, 1864-99), il a toujours été bibliothécaire ou archiviste dans les deux maisons où il a vécu. Membre de la Société Historique de Montréal et professeur d’Histoire

Universelle à l’Université, il a rédigé de nombreuses études, dont l’une a paru sous son nom: la vie de M. de Maisonneuve, et d’autres, sans nom d’auteur: les biographies de M. Dominique Gra- „et et de M. Pierre Billandèle, deux supérieurs de Saint-Sulpice de Montréal. On lui attribue aussi des notes sur Eulalie Petit et une Vie de saint

Georges.

M. Rousseau avait été à même de se documenter sur l’histoire de Saint-Sulpice au Canada et il en avait profité. Il a laissé, dans nos archives, quantité d’études manuscrites. Malheureusement il rédigeait hâtivement et sans indiquer ses sources. De plus, il se laissait souvent aller à des digressions qui étaient de véritables hors-d’oeuvre.

Cependant son travail sur Saint-Sulpice et les missions catholiques nous a paru digne de voir le jour. Nous nous sommes permis de supprimer certains passages, même un chapitre tout entier, qui avaient trop peu de relation avec le sujet. Nous avons fait quelques corrections et ajouté quelques notes, pour mettre l’ouvrage un peu plus au point. Ce livre est donc, dans sa presque totalité, de M. Pierre Rousseau, et nous sommes heureux de lui en laisser tout le mérite.

Olivier MAURA.ULT, p.s.s.

ET

Le titre de ce travail peut paraître étrange à toute personne connaissant le genre de vie des Messieurs de Saint-Sulpice; nulle vie ne semble plus calme, plus tranquille, plus sédentaire que cette vie de silence, d’oraison, d’étude et d’enseignement, menée par Messieurs les Sulpiciens. Elle ne ressemble en rien à cette vie mouvementée, agitée, du missionnaire traversant les mers, abordant à des plages inconnues, s’enfonçant dans les forêts, remontant les fleuves, les rapides et les portages, frachissant les chaînes de montagnes, n’ayant souvent d’autre lit que la terre nue, d’autre abri que la voûte du ciel, d’autre nourriture que le «pemican» des tribus indiennes; toujours à la recherche des âmes errantes dans les ténèbres de l’erreur ou de l’infidélité, et n’ayant d’autres consolations que celles de réunir dans le bercail du

Pasteur Eternel les âmes étrangères à sa sainte épouse, à la Sainte Eglise Catholique, Apostolique et Romaine.

Tel est l’effet du premier coup d’oeil sur la vie du prêtre sulpicien. Faut-il dire qu il est vrai? —Oui, en partie. — Non, dans l’ensemble, si l’on considère le Sulpicien dans le monde entier, dans le cours des siècles, et dans toutes ses oeuvres. Au risque de troubler le repos sacré de nos vénérables Pères, j’oserai dire que la Maison de Saint- Sulpice a été une “Maison Apostolique” comme celle de M. Vincent et je vais essayer de montrer que, de coeur et de fait, le Sulpicien a été un véritable missionnaire dans les deux mondes. Pourquoi ne le dirais-je pas, puisque MM. Olier, de Bretonvilliers, Tronson, Leschassier, Le Peltier, Cousturier et Emery ont fondé des missions et qu’il s’en fonde encore de nos jours? C’est de l’histoire, et sans faire de théorie je ne raconte que de l’histoire.

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